Il fait l'objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis par l'Algérie
Craignant d’être arrêté, Kamel Daoud annule un voyage en Italie
Kamel Daoud a annulé un voyage en Italie de crainte d'être arrêté et extradé en Algérie. L'information a été donnée, ce lundi 2 juin, par le journal italien Corriere della Sera. Deux écrivains, tous deux membres du Comité de soutien à Boualem Sansal, Kamel Bencheikh et Arnaud Benedetti, ont vivement réagi à cette information, s'indignant de la position italienne.
Par Karim Maloum
Publié le 2 juin 2025

L'information a été donnée par le journal italien Corriere della Sera.
« L’intellectuel franco-algérien Kamel Daoud pourrait ne pas venir en Italie par crainte d’être arrêté, selon des informations recueillies par le Corriere della Sera. Un danger concret parce que dans les terminaux de la police italienne est enregistré un mandat d’arrêt à son nom émis par l’Algérie, et au moment où il devait toucher le sol national – aux arrivées de Linate après un vol de Paris, par exemple – il pourrait être arrêté et conduit devant un juge. » C’est ce qu’a écrit, ce lundi 2 juin, le journal italien Corriere della Sera.
Kamel Daoud a été invité à la Milanesiana, l’un des plus importants festivals culturels d’Italie, et il devait se rendre par avion vers Milan. Il a annulé le voyage de crainte de se faire arrêter à son arrivée à l’aéroport, d’être présenté à un juge et d’être extradé en Algérie.
Deux écrivains, tous deux membres du Comité de soutien à Boualem Sansal, Kamel Bencheikh et Arnaud Benedetti, ont vivement réagi à cette information sur le réseau X.
« L’Italie se compromet, se courbe, se vend, écrit Kamel Bencheikh. Elle troquerait un homme libre, Kamel Daoud, contre des barils de pétrole. Elle livrerait un écrivain à ses bourreaux pour un peu de gaz dans ses tuyaux. Quelle indignité ! Où sont passés l’honneur, la souveraineté, la conscience ? »
Arnaud Benedetti s’indigne que « la justice italienne autoriserait l’extradition » de Kamal Daoud « vers l’Algérie si celui-ci se rendait en Italie ». Et de s’interroger : « Où va l’Europe qui ne protège pas les écrivains persécutés ? »
L’Italie se compromet, se courbe, se vend. Elle troquerait un homme libre, Kamel Daoud, contre des barils de pétrole. Elle livrerait un écrivain à ses bourreaux pour un peu de gaz dans ses tuyaux. Quelle indignité ! Où sont passés l’honneur, la souveraineté, la conscience ? https://t.co/Z4fmwI9mzr
— Bencheikh Kamel (@KmelBencheikh) June 2, 2025
L’écrivain franco-algérien fait l’objet de deux mandats d’arrêts internationaux émis engagés par une juridiction algérienne. Le premier mandat a été émis en mars par Interpol Algérie et l’autre lui a été envoyé au début du mois de mai.
Ces procédures judiciaires concernent son roman Houris avec lequel il est le lauréat du prix Goncourt 2024. Suite à la publication de ce livre, des plaintes ont été déposées auprès du tribunal d’Oran, la première dès novembre 2024 par Saada Arbane, victime d’un acte terroriste islamiste en Algérie, dans les années 90 et dont elle a gardé des séquelles visibles au niveau de la gorge et qui l’empêchent de parler correctement. Elle accuse Kamel Daoud d’avoir « volé » son histoire et d’avoir porté atteinte à sa vie privée.
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