Juifs, femmes libres : toujours les mêmes cibles

Par Kamel Bencheikh

Publié le 30 décembre 2025

Juifs, femmes libres : toujours les mêmes cibles

Les Juifs et les femmes libres ont ceci en commun : ils échappent. Ils refusent la fusion, la disparition tranquille, l’effacement discret.

On nous parle sans cesse de contextes différents, de situations incomparables, de faits isolés. C’est faux. On change de pays, on change de langue, on change de décor, mais la haine, elle, ne change pas de cible. Partout où une idéologie totalitaire s’installe, certaines figures sont immédiatement désignées. Les Juifs d’abord, toujours. Parce qu’ils incarnent la mémoire, la transmission, l’irréductible singularité. Parce qu’ils résistent à l’effacement, à la dissolution, à la soumission.

Puis viennent les femmes libres. Celles qui marchent seules, qui parlent haut, qui choisissent leur corps, leur désir, leur destin. Celles qui refusent de disparaître. À chaque fois, le mécanisme est identique : on commence par les présenter comme des provocations, puis comme des problèmes, ensuite comme des obstacles, et enfin comme des coupables. Rien n’est jamais nommé pour ce que c’est. La haine se déguise en réaction, en réponse à une prétendue offense, à une domination fantasmée, à une injustice invoquée comme alibi.

Mais c’est un mensonge. Ce qui est visé n’est pas un comportement, encore moins une opinion. Ce qui est visé, c’est une liberté. Une liberté qui ne se négocie pas, qui ne s’excuse pas, qui, par sa seule existence, contredit l’ordre idéologique que certains veulent imposer. Les Juifs et les femmes libres ont ceci en commun : ils échappent. Ils refusent la fusion, la disparition tranquille, l’effacement discret.

C’est pour cela qu’ils sont attaqués. C’est pour cela qu’ils sont menacés. C’est pour cela qu’on leur demande, partout, d’être discrets, prudents, invisibles. Et c’est là que commence la lâcheté collective : lorsqu’on explique aux victimes qu’elles devraient faire attention, lorsqu’on demande aux femmes de se couvrir, aux Juifs de ne pas afficher, lorsqu’on transforme la prudence en vertu et la soumission en sagesse.

On prétend ainsi préserver la paix. En réalité, on prépare le terrain de la violence. Car une société qui apprend à certains qu’ils doivent disparaître pour survivre abdique toujours quelque chose d’essentiel. Ce combat n’est pas communautaire, il est universel. Il ne s’agit pas de défendre des identités, mais des libertés ; pas des appartenances, mais des principes. Et tant que les mêmes cibles seront désignées, encore et encore, dans l’indifférence polie de ceux qui prétendent ne pas voir, aucune paix véritable ne sera possible.

K. B.

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