Procès en appel dans l’affaire Samuel Paty : un verdict plus clément qu’en première instance, sauf pour l’islamiste Abdelhakim Sefrioui
En matière d’antiterrorisme, rares sont les procès en appel dont le verdict est plus clément qu’en première instance. La cour d’assises spéciale de Paris a rendu lundi sa décision au procès en appel de quatre personnes impliquées dans l’assassinat du professeur Samuel Paty. Le prédicateur Abdelhakim Sefrioui est à nouveau condamné à 15 ans de prison. Trois des quatre accusés ont vu leurs peines allégées.
Par Karim Maloum
Publié le 3 mars 2026

Moins qu’en première instance. Les faits sont connus. Les responsabilités sont établies. En matière d’antiterrorisme, rares sont les procès en appel dont le verdict est plus clément qu’en première instance. Ce 2 mars, après cinq semaines de débats, la cour d’assises spéciale d’appel de Paris a prononcé des peines allant de six à quinze ans d’emprisonnement contre les quatre individus, déjà reconnus responsables dans la chaîne de faits qui a mené à la décapitation de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, professeur d’histoire au collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine.
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Abdelhakim Sefrioui et Brahim Chnina ont de nouveau été condamnés en appel par la cour d’assises spéciale de Paris, lundi 2 mars. Le premier, prédicateur, écope d’une peine de 15 ans de réclusion criminelle, autant qu’en première instance. Le second, père d’une élève de l’enseignant, voit sa peine réduite à 10 ans, contre 13 ans à l’issue du premier procès, fin 2024.
Deux amis du terroriste Abdoullakh Anzorov, condamnés à 16 ans de prison en première instance, voient leurs peines réduites à 6 et 7 ans. Celle de Brahim Chnina, père d’une collégienne et à l’origine de la campagne de haine qui avait visé le professeur, passe de 13 à 10 ans.
Vendredi, le parquet général avait requis vingt ans de réclusion criminelle. Après l’annonce du verdict, les avocats d’Abdelhakim Sefrioui ont indiqué qu’il allait se pourvoir en cassation.
Le parquet général avait également requis seize ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat contre deux amis du tueur. Naïm Boudaoud, 24 ans et Azim Epsirkhanov, 25 ans, étaient accusés d’avoir véhiculé l’assassin Abdoullakh Anzorov et de l’avoir aidé à se procurer un couteau et un pistolet Airsoft. Ils ont tous les deux été condamnés lundi à six et sept ans d’emprisonnement.
Samuel Paty a été assassiné pour avoir enseigné la liberté d’expression
Vendredi 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, a été décapité parce qu’il a présenté à ses élèves, dans un cours sur la liberté d’expression, des caricatures du prophète Mahomet. Il a été tué de manière effroyable, ce qui a provoqué une onde de choc partout en France.
Le 13 octobre 2023, Dominique Bernard, professeur de français, était poignardé par un islamiste, un ancien élève dans son lycée d’Arras. Samuel Paty, âgé de 47 ans, avait été poignardé puis décapité par Abdoullakh Anzorov, réfugié russe d’origine tchétchène, le 16 octobre 2020, non loin de son établissement à Conflans-Sainte-Honorine. Ils ont perdu la vie dans le cadre de leur travail et pour les valeurs qu’ils ont laissées en héritage.
La passivité du gouvernement face aux atteintes à la laïcité par les islamistes est incompréhensible. Cela s’est déjà produit à plusieurs reprises. De Lionel Jospin à Édouard Geffray, le gouvernement a été incapable de donner des consignes claires aux chefs des établissements scolaires. Les enseignants sont abandonnés à leur sort face aux islamistes. Et les islamistes ne font pas marche arrière.
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