Jérôme Guedj ciblé par une partie de la gauche pour son soutien au projet de loi Yadan
Un appel au rassemblement devant la permanence du député socialiste Jérôme Guedj a ravivé les tensions au sein de la gauche française, à la veille de l’examen par l’Assemblée nationale de la proposition de loi controversée sur les « formes renouvelées de l’antisémitisme », portée par la députée Caroline Yadan.
Publié le 16 avril 2026

Le député a rappelé des incidents antérieurs, dont le taggage de sa permanence en mars 2026 avec une croix gammée et une moustache hitlérienne.
Les Jeunes Communistes de l’Essonne ont diffusé sur les réseaux sociaux un visuel au slogan explicite : « Dégageons la loi Yadan et les sionistes ». Ils invitent à se rassembler ce jeudi devant la permanence du député socialiste Jérôme Guedj à qui ils reprochent le soutien au projet de loi Yadan.
L’appel, relayé par plusieurs organisations de gauche dont La France insoumise, les Écologistes, Génération.s et la CGT, s’inscrit dans une mobilisation plus large contre une proposition de loi jugée liberticide par ses opposants.
Un texte qui divise profondément
Déposée en novembre 2024 par Caroline Yadan, la proposition de loi n° 575 vise à renforcer la répression des provocations et apologies du terrorisme, ainsi que les appels à la destruction d’un État reconnu par la France. Elle s’appuie notamment sur la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) et compte plus de 130 signataires, dont Jérôme Guedj et François Hollande, seuls élus socialistes à l’avoir cosignée. Le débat est prévu pour aujourd’hui et demain, 16-17 avril, à l’Assemblée nationale.
Ses détracteurs dénoncent un amalgame entre critique de la politique israélienne et antisémitisme, ainsi qu’une atteinte à la liberté d’expression. Une pétition contre le texte a recueilli près de 700 000 signatures. Le groupe socialiste a annoncé qu’il voterait contre, tandis que le Modem a exprimé des réserves. Mercredi 15 avril, la commission des lois a par ailleurs décidé de classer sans suite l’examen de cette pétition.
Jérôme Guedj dénonce une « banalisation » du terme « sioniste »
Interrogé, ce mercredi 15 avril, sur Sud Radio, Jérôme Guedj a qualifié l’initiative d’un rassemblement devant sa permanence de « dégoûtante ». « J’en ai marre de cette banalisation du mot “sioniste” », a-t-il déclaré, estimant que l’expression « dégage le sioniste » sert souvent de substitut à des insultes antisémites. Il a relevé que, parmi les plus de 130 signataires, seule sa permanence fait l’objet d’un tel appel. Le député a rappelé des incidents antérieurs, dont le taggage de sa permanence en mars 2026 avec une croix gammée et une moustache hitlérienne.
Des responsables socialistes ont apporté leur soutien à Jérôme Guedj : Carole Delga a condamné « des dérives qui nourrissent l’antisémitisme », tandis que Laurence Rossignol a critiqué ceux qui « confondent le soutien à la cause des Palestiniens avec la vindicte antisémite ».
Les organisateurs défendent un droit à la contestation
Les Jeunes Communistes et les organisations associées maintiennent que le rassemblement porte exclusivement sur l’opposition au projet de loi Yadan, perçue comme une menace pour la liberté d’expression concernant le conflit israélo-palestinien. Ils rejettent les accusations d’antisémitisme et insistent sur le caractère politique du débat.
Cette affaire met en lumière les fractures persistantes au sein de la gauche sur les questions d’antisémitisme, d’antisionisme et du Proche-Orient, alors que la proposition de loi s’apprête à être examinée dans un climat particulièrement tendu.
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