Le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dénonce «l’agression continue» d’Israël contre le Liban; des pays mettent en garde contre un «échec du processus de paix»
Les frappes d’Israël au Liban rendent les négociations «dénuées de sens», pour l’Iran. Les frappes israéliennes simultanées mercredi, menées sans avertissement et qui ont visé le cœur de Beyrouth et plusieurs autres régions du Liban, ont fait 203 morts et un millier de blessés, selon un dernier bilan officiel non définitif. L'armée israélienne a de nouveau appelé jeudi les habitants de plusieurs quartiers du sud de Beyrouth à évacuer, avertissant de nouvelles frappes contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran, au lendemain de bombardements meurtriers sur le Liban.
Par Hugo Coursier
Publié le 9 avril 2026

Le Pakistan loue la «retenue» entre Iran et Etats-Unis, mais dénonce «l'agression continue» d'Israël contre le Liban.
Mercredi, les États-Unis et Israël ont déclaré que l’accord ne traite pas des opérations israéliennes contre le Hezbollah pro-iranien, après la conclusion du cessez-le-feu mardi soir. Des bombardements massifs effectués par Tsahal sur le Liban mercredi ont entraîné de nombreux morts.
Le premier ministre libanais, Shehbaz Sharif, a demandé jeudi à son homologue pakistanais de confirmer que la trêve entre l’Iran et les États-Unis incluait le Liban, au lendemain de frappes israéliennes sans précédent qui ont fait plus de 200 morts dans le pays.
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Le premier ministre pakistanais Nawaf Salam a condamné jeudi «l’agression continue d’Israël contre le Liban», à la veille de pourparlers prévus entre les États-Unis et l’Iran à Islamabad. Nawaf Sharif, dont le pays s’est imposé comme médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, avait annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que l’Iran et les États-Unis «ainsi que leurs alliés avaient accepté un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban».
L’armée israélienne a de nouveau appelé les habitants de plusieurs quartiers du sud de Beyrouth à évacuer, avertissant de nouvelles frappes contre le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran, au lendemain de bombardements meurtriers sur le Liban.
« Avertissement urgent aux habitants de la banlieue sud de Beyrouth (…) L’armée israélienne poursuit ses opérations et frappe des infrastructures militaires du Hezbollah dans l’ensemble de la banlieue sud », a déclaré sur X un porte-parole en langue arabe de l’armée, le colonel Avichay Adraee.
Merz met en garde contre un «échec du processus du paix» à cause de l’offensive israélienne au Liban
«Nous voyons avec une préoccupation particulière la situation dans le sud du Liban. La dureté avec laquelle Israël y mène la guerre pourrait faire échouer le processus de paix dans son ensemble, et cela ne doit pas arriver», a dit Friedrich Merz devant la presse, soulignant avoir demandé la veille, comme d’autres dirigeants, au «gouvernement israélien de mettre fin à l’intensification de ses attaques».
Interrogée par CNN, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a déploré une « riposte excessive » de l’armée israélienne au Liban. « Je pense notamment aux civils tués« , a-t-elle pointé. « C’est inadmissible. Si les mesures prises ne couvrent pas encore ces pertes, elles doivent l’être immédiatement. »
De son côté, la Russie estime que l’accord de cessez-le-feu entre Washington et Téhéran doit couvrir le Liban, où Israël continue de mener des frappes. « Moscou part du principe que ces accords (…) ont une dimension régionale et s’étendent en particulier au Liban« , a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué, après un entretien téléphonique entrele ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et son homologue iranien Abbas Araghchi.
L’incertitude règne autour du détroit d’Ormuz. L’Iran a dit mercredi soir fermer ce passage stratégique, ce qui était l’une des lignes rouges de Donald Trump. Après cela, le président américain a déclaré que cette décision était «inacceptable» et a demandé son ouverture «immédiate». Ce jeudi, l’Iran a proposé deux routes alternatives près de ses côtes, suggérant que la route principale est minée.
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