Guerre au Moyen-Orient : des frappes israéliennes font plus de 200 morts au Liban malgré le cessez-le-feu

L’armée israélienne a annoncé ce mercredi avoir mené sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis fin février. Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé des attaques « barbares » et un « nouveau massacre ». L’État hébreu explique que son voisin n’est pas concerné par le texte discuté par Washington et Téhéran. Emmanuel Macron déclare vouloir inclure le Liban dans la trêve.

Par Karim Maloum

Publié le 8 avril 2026

Guerre au Moyen-Orient : des frappes israéliennes font plus de 200 morts au Liban malgré le cessez-le-feu

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, indique que Donald Trump va continuer à discuter du Liban avec le Premier ministre israélien.

Après l’accord de cessez-le-feu entre Téhéran et Washington, un déluge de bombes s’est abattu, et le bilan s’est alourdi d’heure en heure. L’armée israélienne, qui soutient que la trêve ne s’applique pas au Liban, a affirmé ce mercredi 8 avril avoir mené sa «plus grande frappe coordonnée» contre le Hezbollah depuis fin février.

Israël a mené, ce mercredi, une série de raids aériens meurtriers sur l’ensemble du territoire libanais. Selon les autorités, plus 200 personnes sont mortes et 1.165 blessées. «Tsahal a mené une attaque surprise contre des centaines de terroristes du Hezbollah dans des centres de commandement à travers le Liban», a déclaré Israël Katz dans un message vidéo diffusé par son bureau. Le ministre israélien de la Défense a assuré qu’il s’agissait «du coup le plus dur […] encaissé» par le mouvement pro iranien depuis l’opération des bipeurs.

Si Washington et Téhéran se sont mis d’accord sur un cessez-le-feu de deux semaines en échange d’une réouverture du détroit d’Ormuz mardi 7 avril, la trêve « n’inclut pas le Liban », dit Israël, pour qui « la bataille continue ».

Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, indique que Donald Trump va continuer à discuter du Liban avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Elle assure qu’à ce stade, le Liban « n’est pas concerné par l’accord de cessez-le-feu ».

Ces frappes massives israéliennes au Liban menacent le fragile cessez-le-feu conclu entre l’Iran et les États-Unis. Les Gardiens de la Révolution ont menacé de riposter si l’État hébreu ne cessait pas ses attaques au Liban. 

« Les conditions du cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis sont claires et explicites : les États-Unis doivent choisir, soit le cessez-le-feu, soit la poursuite de la guerre via Israël ; il est impossible de combiner les deux », a écrit le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Aragtchi, sur Telegram.

« Le monde observe les massacres au Liban. La balle est maintenant dans le camp des États-Unis, et l’opinion publique mondiale regarde pour voir si ce pays tiendra ses engagements ou non », a-t-il ajouté.

Liban: l’armée annonce la fermeture d’un pont stratégique après une menace israélienne

L’Agence nationale d’information au Liban annonce qu’une nouvelle frappe israélienne a visé un quartier résidentiel de Beyrouth en début de soirée. La frappe a visé un immeuble du quartier de Tallet el-Khayat, dont un pan s’est écroulé. Les secours sont sur place. L’armée israélienne dit avoir visé un commandant du Hezbollah dans cette dernière frappe.

L’armée libanaise a annoncé mercredi qu’elle fermait un pont stratégique dans le sud du Liban, après avoir reçu une « menace israélienne de le prendre pour cible ». Il s’agit du dernier pont reliant le nord et le sud du fleuve Litani dans la région de Tyr, où des milliers de familles sont restées malgré les avertissements d’évacuation lancés par Israël.

Depuis le début de la guerre avec le Hezbollah le 2 mars, les frappes aériennes israéliennes ont détruit six ponts sur le Litani, qui divise le sud du Liban en deux parties.

Une divergence qui met en évidence les zones d’ombre qui continuent d’entourer la trêve

Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, en effet, affirmé mercredi 8 avril que l’accord de cessez-le-feu « n’inclut pas le Liban », où Israël mène une invasion dans le sud. Israël « soutient (toutefois) la décision du président Trump de suspendre les frappes » en échange de la réouverture « immédiate des détroits ».

Cette position contredit les déclarations faites quelques heures plus tôt par Shehbaz Sharif. Le Premier ministre pakistanais, qui joue un rôle de médiateur entre les États-Unis et l’Iran, avait affirmé que la trêve devait s’appliquer « partout, y compris au Liban ».
Une divergence qui met en évidence les zones d’ombre qui continuent d’entourer la trêve.

Le président français, Emmanuel Macron, a qualifié de « très bonne chose » l’annonce d’un cessez-le-feu en Iran, en appelant à son plein respect « dans les jours et semaines à venir » afin d’engager des négociations avec l’Iran sur tous les enjeux de sécurité en suspens et en demandant qu’il inclue « pleinement » le Liban.

« Nous attendons, pour les jours et les semaines qui viennent, qu’il puisse être pleinement respecté dans toute la région et permettre que des négociations se tiennent qui, comme d’ailleurs la France le défend depuis 2018, permettent de régler de manière durable les questions nucléaires, balistiques, régionales qui ont trait à l’Iran », a-t-il dit.

K. M.

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