La barbarie fait rage au Soudan
Soudan : un nouveau rapport documente l’ampleur des violences sexuelles utilisées comme arme de terreur au Darfour
Médecins Sans Frontières (MSF) publie un rapport qui documente l'impact et l’ampleur des violences sexuelles, ciblant principalement les femmes et les filles, au Darfour, au Soudan. Les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre. Ces violences sont organisées et planifiées, parfois même ordonnées. Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme à part entière : elles sont une arme d'humiliation, de terreur et de destruction, un outil de torture et d'emprise.
Par Karim Maloum
Publié le 31 mars 2026

Viols en masse et esclavage sexuel au Soudan.
Le corps des femmes transformé en champs de bataille. Au Soudan, les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre. La guerre s’enlise au Darfour, l’ONG Médecins sans frontières (MSF), révèle une explosion de violences sexuelles ciblant principalement les femmes et les filles, souvent passées sous silence dans les bilans officiels.
« Si je le raconte à quelqu’un, il me tuera » : la réalité des violences sexuelles au Darfour. Dans un nouveau rapport MSF documente l’ampleur et la gravité des violences sexuelles au Darfour. Les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) et leurs milices alliées multiplient « délibérément » les violences sexuelles dans la région soudanaise du Darfour, afin d’« humilier et de terroriser » la population, dénonce l’ONG mardi 31 mars.
À découvrir
L’ONG Médecins sans frontières (MSF) s’appuie sur des témoignages de survivantes et des données issues des programmes médicaux de son organisation, indiquant que les soldats des Forces de soutien rapide (FSR) et les milices qui leur sont alliées sont responsables de violences sexuelles généralisées et systématiques contre les femmes.
« Les violences sexuelles sont un élément central de ce conflit — elles ne se limitent pas aux lignes de front, mais touchent l’ensemble des communautés », explique Ruth Kauffman, responsable des urgences sanitaires de MSF.
« Cette guerre se mène sur les corps des femmes et des filles. Les déplacements forcés, l’effondrement des mécanismes de soutien communautaire, l’accès limité aux soins et les inégalités de genre profondément ancrées favorisent la poursuite de ces abus à travers le Soudan », insiste l’ONG.
« Aujourd’hui, le viol et d’autres formes de violences sexuelles sont redevenus une caractéristique définissant le conflit brutal au Darfour », région de l’ouest du Soudan, où un précédent conflit opposant notamment les milices janjawids – dont sont issues les FSR – à des mouvements rebelles locaux, a fait plus de 300 000 tués de 2003 à 2020 et fut également marqué par des violences sexuelles à grande échelle, rappelle MSF.
Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme de guerre
Les violences sexuelles, les enlèvements, la traite, les détentions arbitraires sont devenus des pratiques répandues, voire systématiques au Soudan et ailleurs à travers le monde par des paramilitaires, par des djihadistes, par les terroristes islamistes du Hamas en Israël, au Nigéria par Boko Haram, en Algérie par le GIA, en Syrie, en Irak et aujourd’hui au Soudan. Les femmes sont toujours les premières victimes des islamistes et de leurs alliés.
En l’espace d’un mois, entre décembre 2025 et janvier 2026, MSF a identifié 732 autres femmes et filles victimes d’agressions dans des camps de déplacés autour de Tawila. Les femmes ont rapporté des agressions survenues pendant leurs déplacements et au sein même des camps.
En novembre 2025, MSF a pris en charge plus de 140 victimes qui avaient fui la capitale du Darfour du Nord, El Fasher, vers Tawila à la suite de sa prise par les FSR le 26 octobre. Parmi elles, 94 % ont été agressées par des hommes armés, souvent le long des routes empruntées pour fuir. « Les violences étaient généralisées, souvent commises par plusieurs agresseurs devant les familles des victimes, pour humilier et terroriser les communautés non arabes, délibérement visées, rappelant des atrocités antérieures telles que l’attaque meurtrière du camp de Zamzam en février 2025 », insiste l’ONG.
Alors que la guerre civile qui sévit depuis avril 2023 a fait plus de 150 000 morts et 13 millions de déplacés, les violences sexuelles sont utilisées comme arme de guerre. Le nombre de civils tués dans la guerre qui ravage le Soudan a presque triplé en 2025, avec environ 11 300 morts recensés, a annoncé, jeudi 26 février, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk.
L’année 2025 a connu « une augmentation de plus de deux fois et demie du nombre de civils tués comparée à l’année précédente », sans compter les disparus et les corps non identifiés, a déclaré M. Türk devant le Conseil des droits de l’homme, réuni à Genève.
Les violences sexuelles sont utilisées comme une arme à part entière : elles sont une arme d’humiliation, de terreur et de destruction, un outil de torture et d’emprise. Elles doivent être nommées, comprises, combattues et jugées comme telles.
Depuis le début de la guerre en avril 2023, la situation s’est considérablement aggravée, avec près de 13 millions de personnes déplacées de force – soit près d’un tiers de la population – et un système de santé quasiment anéanti.
La rédaction vous conseille
- «Les islamistes radicaux sont responsables de ce massacre de masse» déclare Donald Trump
- Les généraux qui s’affrontent au Soudan sont issus du régime islamiste
- La barbarie fait rage au Soudan
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.