Violences du 17 octobre : Nous avons « failli », reconnaît Gérald Darmanin après les violences et pillages

Invité des "4 Vérités" de France 2, lundi 19 octobre, le ministre de la justice Gérald Darmanin a jugé qu’il y avait eu « un défaut dans les renseignements » face aux violences qui ont secoué la France ce week-end. Sur les 2 331 personnes placées en garde à vue ce week-end, 70 % sont majeures, a-t-il indiqué. Pour la deuxième nuit consécutive, Paris a été envahie par des pillards. C’est les fondements de la République qui ont été sapés ce week-end.

Par Karim Maloum

Publié le 19 octobre 2026

Violences du 17 octobre : Nous avons « failli », reconnaît Gérald Darmanin après les violences et pillages

Gérald Darmanin : «Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste (...) mais il ne sait pas lutter correctement contre l'ultragauche»

« Soyez fiers d’être des amateurs ». La petite phrase de Macron, face aux tensions politiques, aux critiques et aux maladresses (ou « couacs ») de certains débuts de mandat ou projets de loi. Paris a été la proie à des pillages et à des affrontements pour la deuxième nuit de suite. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, reconnaît ce lundi 19 octobre que les autorités avaient « failli incontestablement » face aux violences qui ont secoué le pays pendant tout le week-end, jugeant qu’il y avait eu « un défaut dans les renseignements ».

Le gouvernement n’a malheureusement pas le courage de reconnaître que la terreur a été planifiée. Une violence généralisée ne se manifeste pas du jour au lendemain. Il est impossible de justifier les agressions, les pillages et les émeutes de quelque manière que ce soit.

Au sein de tous les mouvements de mobilisations ou émeutes à l’échelle d’un pays, le déroulement est toujours lié à une organisation politique. Il est impossible de prévoir que tout se soit déroulé dans toutes les villes exactement de la même façon, sauf si l’on admet que les choses étaient bien organisées.

La liberté de manifester et l’ordre public ne s’opposent pas. Garantir l’une suppose de faire respecter l’autre. Dans une démocratie, l’État détient le monopole de la violence légitime.

«Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste (…) mais il ne sait pas lutter correctement contre l’ultragauche»

« Nous avons failli incontestablement ce week-end », déclare-t-il sur France 2 au lendemain des scènes de chaos et de pillages dans tout le pays. « Il y a eu un défaut dans les renseignements et on ne fait pas de bonne police sans bon renseignement », a-t-il ajouté, estimant que les services français ne savaient « pas lutter correctement contre l’ultra gauche ».

«Le renseignement français est au top dans la lutte contre le terrorisme islamiste, il est fort contre la criminalité organisée, important contre les ingérences étrangères, mais manifestement il ne sait pas lutter correctement contre l’ultragauche», a jugé le garde des Sceaux.

Face aux pillages et aux casseurs, «j’ai donné des instructions pour que la réponse pénale soit d’une immense fermeté», a déclaré Gérald Darmanin, annonçant que des «dizaines de personnes» avaient été placées en détention provisoire en France à la suite des violences du week-end.

Au sein de tous les mouvements de mobilisations ou émeutes à l’échelle d’un pays, le déroulement est toujours lié à une organisation politique. Il est impossible de prévoir que tout se soit déroulé dans toutes les villes exactement de la même façon, sauf si l’on admet que les choses étaient bien organisées.

Les agressions, les pillages et les émeutes ne peuvent être expliqués par quoi que ce soit. D’une fracture irréconciliable de la communauté nationale et, pour tout dire, d’un effondrement du pays. La liberté de manifester et l’ordre public ne s’opposent pas. Garantir l’une suppose de faire respecter l’autre. Dans une démocratie, l’État détient le monopole de la violence légitime.

«Il y a déjà des dizaines de détentions provisoires»

Gérald Darmanin a également fait part du fait que plusieurs individus ont été placés en détention provisoire. « Il y a eu 2 331 gardes à vue pendant le week-end, 70 % sont des majeurs, très souvent connus des services de police », dont « plus de 80 % » font l’objet de poursuites, et « il y a déjà des dizaines de détentions provisoires, dont treize à Marseille », particulièrement touchée par les violences, a fait savoir le ministre de la justice.

De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a confirmé ce lundi 19 octobre avoir remis sa démission à Emmanuel Macron, qui l’a refusée, reconnaissant une « perte de contrôle dans certaines grandes villes ». « J’ai remis ma démission parce que je suis responsable de tout ce qui se passe, au vu des dégâts qu’il y a eus », a déclaré le ministre de l’Intérieur au micro de France Inter. « Le dispositif que nous avons mis en place s’est trouvé par certains endroits en asymétrie par rapport aux volumes de participants et de manifestants pour les cortèges normaux, mais aussi de casseurs, de pilleurs, et de militants d’ultra gauche qui ont fait dégénérer les cortèges », a admis Laurent Nuñez.

Car si les services de renseignement ont peut-être mal évalué l’étendue et l’intensité des saccages – qui ont entraîné près de 2400 interpellations – et que le dispositif de maintien de l’ordre n’ait pas toujours été adapté pour affronter un tel chaos, le «contexte actuel»impose, selon la présidence, «un commandement continu des forces de l’ordre».

K. M.

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