10 mai 1997 : deux enseignants, Djaffar Ouahioune et Kamel Aït Hamouda, assassinés par des islamistes dans leur lycée en Kabylie

Pendant "la décennie noire" en Algérie, des milliers de citoyens ont pris les armes et se sont constitués en Groupes de légitime défense ou Patriotes pour combattre les terroristes islamistes. Leur  rôle d'appoint aux côtés des forces de sécurité a été crucial. Beaucoup d’entre eux ont perdu la vie. Djaffar Ouahioune et Kamel Ait Hamouda en font partie ; ils ont été tués dans l'enceinte du lycée où ils enseignaient.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 16 octobre 2026

Djaffar Ouahioune et Kamel Ait Hamouda ont été tués dans leur lycée à quelques minutes d'intervalle.

Le terrorisme islamiste en Algérie a marqué, une décennie durant, l’histoire contemporaine du pays. Alors que le climat de terreur a provoqué le déplacement interne de plus d’un million de personnes, d’autres ont décidé de braver l’interdit. Ils se sont dressés face aux terroristes islamistes.

Constitués en groupes Groupe de légitimes de défense ou Patriotes, des milliers d’Algériens ont pris les armes pour combattre les terroristes islamistes. Leur rôle d’appoint aux côtés des forces de sécurité sera crucial. Le prix payé sera également trop élevé. Certains d’entre eux ont tués à la fleur d’âge. Djaffar Ouahioune et Kamel Ait Hamouda en font partie.

Les deux compagnons de lutte, tous deux membres du parti RCD (Rassemblement pour la culture la démocratie) et du MCB, (Mouvement pour la culture berbère), exerçaient dans le même lycée, à Ath Yenni, en Kabylie. Ils ont eu à faire plusieurs fois à des groupes armés, jusqu’au 10 mai 1997. Ce jour-là, Djaffar Ouahioune, enseignant de mathématique, était entièrement perdu dans les chiffres et les équations quand, vers 10h30, des terroristes islamistes font irruption dans la salle de classe. Il sera assassiné par balles devant ses élèves. Quelques minutes plus tard, son ami Kamel Aït Hamouda, adjoint éducatif subira le même sort.

Djaffar Ouahioune n’était pas qu’un enseignant. Il était un homme de culture, un penseur engagé, un militant infatigable. Il fut l’initiateur de la revue Tafsut –le Printemps- en 1980, au cœur du Printemps berbère, ce grand éveil identitaire qui continue de nous inspirer. Il était l’un des piliers de ce mouvement. Sa voix comptait. Son regard lucide sur notre société, son engagement profond pour la culture amazighe, son courage à dire ce que d’autres taisaient, faisaient de lui un leader respecté, admiré, écouté.

Y. A. O.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non