Amnesty accuse l’Iran de «crimes contre l’humanité» lors de la répression des manifestations de 2022
Amnesty International accuse les autorités iraniennes d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » lors de la répression des manifestations de 2022 Femme, Vie, Liberté de 2022. Cette répression barbare des mollahs a fait des centaines de morts, dans un rapport publié mercredi à l’occasion du quatrième anniversaire du plus grand mouvement féministe de l'histoire, « Femme, vie, liberté ».
Par Karim Maloum
Publié le 16 septembre 2026

Ces femmes iraniennes ne sont pas des victimes passives ; elles sont les architectes du changement.
Amnesty International accuse les autorités iraniennes d’avoir commis des « crimes contre l’humanité » lors de la répression des manifestations de 2022, qui a fait des centaines de morts, dans un rapport publié mercredi 16 septembre à l’occasion du quatrième anniversaire du mouvement « Femme, vie, liberté ».
L’ONG pointe notamment des meurtres, des actes de torture, des viols et des disparitions forcées, tout en soulignant que la répression du dernier mouvement de contestation populaire début 2026 a suivi le même schéma mais avec une ampleur « encore plus meurtrière et vertigineuse ».
L’ONG parle notamment de meurtres, actes de torture, viols et disparitions forcées, tout en soulignant que la répression du dernier mouvement de contestation populaire début 2026 a suivi le même schéma, mais avec une ampleur « encore plus meurtrière et vertigineuse ».
Dans ce document de plus de 1 000 pages, Amnesty pointe la responsabilité de 87 officiels iraniens dans cette répression, et a identifié au moins 377 victimes. Amnesty International rappelle ainsi que « les forces de sécurité déployées par les autorités ont tué illégalement des centaines de manifestants et de passants, dont des dizaines d’enfants ». L’ONG dénonce aussi les arrestations arbitraires de « milliers d’autres personnes », des « disparitions forcées, de la torture et (…) d’autres mauvais traitements ».
Elle recense 16 cas de viol, concernant six femmes, sept hommes, une fille de 14 ans et deux garçons de 16 et 17 ans, ainsi que 29 autres cas de violences sexuelles. Des faits qui s’apparentent à des crimes contre l’humanité, affirme l’organisation.
Suite à la mort tragique de Mahsa (Jina) Amini en septembre 2022, arrêtée par la police des mœurs iranienne en raison de la façon dont elle portait son foulard et décédée en détention, un mouvement révolutionnaire a émergé en Iran sous le slogan puissant “Femme, Vie, Liberté”. Ce cri de ralliement, né de la douleur mais porté par l’espoir, a uni des millions d’Iraniens et Iraniennes dans une quête de liberté et d’égalité.
« Les massacres perpétrés lors des manifestations de janvier 2026 présentent les mêmes caractéristiques que les crimes contre l’humanité présentés dans ce rapport »
Malgré une répression sévère avec des centaines de morts et des milliers d’arrestations lors des manifestations initiales les femmes iraniennes n’ont pas fléchi. Au contraire, elles ont transformé leur résistance en un acte quotidien de défiance positive. D’une ampleur inédite depuis 2022 et le mouvement Femme, Vie, Liberté, les contestations posent à la République islamique, proclamée en 1979, l’un de ses plus grands défis.
87 personnes sont mentionnées dans le rapport comme responsables de la répression, dont 62 officiers des Gardiens de la Révolution et de la police, ainsi que 25 employés du ministère de l’Intérieur, qui devraient être soumis à une enquête pénale. L’ancien Guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américaine en 2026, et l’ancien chef d’état-major des armées figurent dans cette liste. Les auteurs expliquent que les violences étaient organisées par le gouvernement.
L’ONG dénonce « une attaque généralisée et systématique contre la population civile, conformément à une politique d’État visant à étouffer les manifestations, à réduire au silence et punir les civils (…) et à instaurer un climat de terreur pour dissuader toute manifestation future ».
Selon Amnesty, « les massacres perpétrés lors des manifestations de janvier 2026 présentent les mêmes caractéristiques que les crimes contre l’humanité présentés dans ce rapport, mais à une échelle encore plus meurtrière et vertigineuse », avec des « dizaines de milliers de manifestants tués en seulement 48 heures » via un « recours illégal, systématique et généralisé à la force meurtrière » et « le déploiement coordonné des forces de sécurité dans le cadre d’une chaîne de commandement unifiée ».
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