Affaire Charles Sapin à France Inter : trois cents signatures contre deux minutes d’antenne
Charles Sapin n’est pas un agitateur improvisé. C’est un journaliste politique de métier. Passé par L’Opinion, Le Parisien, Le Figaro puis Le Point, il couvre depuis dix ans les droites françaises et européennes, leurs réseaux, leurs stratégies, leurs contradictions. Il a coécrit Macron-Le Pen : le tango des fossoyeurs. Il a publié Les moissons de la colère sur la vague nationaliste en Europe. Ses pairs le tiennent pour un reporter précis, documenté, peu enclin aux effets de manche. Céline Pigalle l’a d’ailleurs choisi alors qu’il était encore au Point, pour un édito du dimanche dans un panel d’éditorialistes de sensibilités différentes.
Publié le 14 septembre 2026

On fait grève, on pétitionne, on parle de choc, alors que l’intéressé n’a donné que quelques chroniques de deux minutes.
C’est cet homme-là que trois cents personnalités veulent chasser de France Inter. Pas après avoir réfuté une chronique. Pas après avoir démontré une faute professionnelle mais parce qu’il a accepté, entre-temps, le poste de directeur adjoint de Valeurs actuelles. Le geste est ubuesque. On ne juge plus le propos. On juge l’enseigne. Un éditorial de deux minutes, le dimanche à 7h 42, vaudrait association de la radio publique à « l’extrême droite », trahison des missions du service public, banalisation d’idées hors « arc républicain ».
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