Visite du pape, la France déploie un dispositif de sécurité hors norme de « 15 000 membres des forces de l’ordre » prévu

Un « dispositif de sécurité exceptionnel » sera mis en place pour la visite du pape Léon XIV fin septembre en France, avec au plus fort de cet événement « 15 000 membres des forces de l’ordre », a annoncé jeudi Laurent Nuñez dans une interview à « La Croix ».

Par Marie Dolores Prost

Publié le 4 septembre 2026

Pour la visite du pape en France, un dispositif de sécurité exceptionnel va mobiliser 15 000 forces de l’ordre.

Du 25 au 28 septembre, Léon XIV effectuera sa première visite d’État en France. Pour accueillir le souverain pontife à Paris, Lourdes puis Metz, le ministère de l’Intérieur a annoncé un dispositif « exceptionnel » jusqu’à 15 000 membres des forces de l’ordre mobilisés au plus fort de l’événement.

Laurent Nuñez l’a détaillé jeudi dans La Croix. Vendredi 25 et samedi 26 septembre, jours où le public sera le plus nombreux à Paris, 15 000 policiers, gendarmes, forces mobiles et militaires de l’opération Sentinelle seront sur le terrain. Environ 14 000 d’entre eux seront déployés dans la capitale. Un millier d’agents prépare déjà Lourdes.

Le ministre a insisté sur la particularité de ce voyage : des cérémonies en plein air, devant des foules considérables. 80 000 personnes sont attendues au Stade de France pour la veillée avec les jeunes. Le lendemain, 500 000 fidèles sont prévus place de la Concorde et sur les Champs-Élysées pour la messe. À Lourdes, 150 000 personnes sont attendues dans le sanctuaire. Plusieurs dizaines de milliers se rassembleront autour de la cathédrale de Metz.

Une bulle autour du pape

Lors des déplacements en papamobile, Léon XIV sera entouré d’une « bulle de protection » de policiers à pied. Leur mission : observer la foule et détecter tout mouvement anormal. Le dispositif combine présence au sol, unités spécialisées, renseignement territorial, surveillance aérienne et coordination permanente entre police, gendarmerie et armée.

Les services de renseignement n’ont, à ce stade, identifié aucune menace terroriste spécifique visant la venue du pape. Ils n’ont pas non plus relevé de projets de subversion violente de l’ultragauche ou de l’ultradroite, ni d’actions programmées pour protester contre les positions du Saint-Siège. Le dispositif n’en reste pas moins dimensionné pour un événement d’ampleur nationale et internationale.

Un voyage dense, une organisation millimétrée

Le programme est serré. Arrivée à Orly le vendredi 25 septembre, rencontre avec le président de la République à l’Élysée, discours à l’Unesco, vêpres à Notre-Dame de Paris, veillée au Stade de France. Le samedi, messe en plein air à Paris puis départ pour Lourdes. Dimanche au sanctuaire marial. Lundi à Metz, avant le retour à Rome.

C’est la première visite officielle d’un pape en France depuis celle de Benoît XVI, en 2008. Dix-huit ans après, l’État assume pleinement sa responsabilité garantir la liberté de culte, protéger le chef de l’Église catholique, les autorités présentes et les centaines de milliers de fidèles attendus.

Les infrastructures se montent déjà place de la Concorde. Les restrictions de circulation sont annoncées. Les volontaires sont formés à l’accueil, à la gestion des flux et aux procédures d’urgence. L’Église de France organise les temps pastoraux, la République assure la sécurité.

Le message est clair. La France sait encore rassembler les moyens, coordonner les services et tenir un événement de cette envergure. Pour quatre jours, le pays mettra en ordre de bataille l’un des plus importants dispositifs de l’année. Non par peur déclarée, mais par exigence, accueillir dignement un hôte de cette importance, et permettre à une foule immense de prier en paix.

M. D. P.

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