La dette des Etats-Unis passe la barre des 40 000 milliards de dollars
C’est un record historique. La dette du Trésor américain atteint désormais 40.047 milliards de dollars, selon les données publiées ce mercredi 19 août par le ministère des Finances. Cette explosion de la dette américaine intervient alors que la perspective d’une paix au Moyen-Orient entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que le déblocage du détroit d’Ormuz, devient de plus en plus éloignée.
Par Karim Maloum
Publié le 20 août 2026

La dette américaine dépasse le palier historique des 40.000 milliards de dollars.
La dette du gouvernement américain a dépassé pour la première fois la barre des 40.000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi 19 août le département américain du Trésor, alimentant les craintes d’une crise financière à l’horizon alors que le bond des coûts liés aux programmes sociaux et aux versements d’intérêts dépasse de loin les recettes, freinées par les allègements d’impôts.
À découvrir
Selon le dernier rapport du Trésor américain sur les soldes de trésorerie et de dette, l’encours total de la dette publique des Etats-Unis s’élevait mardi à 40 047 milliards de dollars, dont 32 266 milliards de dollars de titres obligataires et 7 782 milliards de dollars de dette intra-gouvernementale.
Depuis que Donald Trump a entamé son deuxième mandat en janvier 2025, la dette américaine a augmenté de 3 800 milliards de dollars.
C’est une hausse plus rapide que prévu, le Bureau du Congrès pour le budget (CBO) anticipant jusqu’ici que l’endettement de l’État fédéral soit de l’ordre de 39.400 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.
Des rendements des bons du Trésor américain à 30 ans qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 2007, à plus de 5,32%. Cela force l’État à dépenser toujours plus pour se refinancer, aggravant par la même occasion son endettement. Le ministère des Finances est intervenu mercredi en annonçant de plus larges rachats d’obligations à long terme à compter de septembre, ce qui a rassuré les investisseurs et détendu les taux.
Donald Trump a promis lors de ses deux mandats de couper dans les dépenses gouvernementales et de réduire le déficit annuel. Le ministre des Finances Scott Bessent avait déclaré que son objectif était de ramener le déficit américain à 3 % du PIB. Celui-ci s’est toutefois creusé ces derniers mois, en raison notamment du remboursement des droits de douane aux entreprises, annulés par la Cour suprême en février.
En outre, Donald Trump a aggravé le phénomène à son retour en 2025. Ses baisses d’impôts réduisent les recettes. Une partie des droits de douane qu’il avait imposés doit désormais être remboursée après une décision de justice. Et la guerre contre l’Iran alourdit encore les dépenses militaires.
La dette du pays a plus que doublé depuis la crise financière de 2008. Elle représente un ratio de près de 125 % du PIB
Cette explosion de la dette américaine intervient alors que les inquiétudes liées à l’inflation, notamment avec le conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix de l’énergie, ont porté les coûts d’emprunt à des niveaux qui n’avaient plus été vus depuis des années.
Cela force l’État à dépenser toujours plus pour se refinancer, aggravant par la même occasion son endettement. Le ministère des Finances est intervenu mercredi en annonçant de plus larges rachats d’obligations à long terme à compter de septembre, ce qui a rassuré les investisseurs et détendu les taux.
« Il est bien connu que l’État fédéral a un rythme de déficit qui n’est pas soutenable », a souligné Jessica Riedl, spécialiste du budget pour le think tank américain de renom Brookings Institution.
La dette du pays a plus que doublé depuis la crise financière de 2008. Elle représente désormais un ratio de près de 125 % du produit intérieur brut (PIB) américain. Alors que des déficits compris entre 3 % et 4 % du PIB avaient autrefois de quoi inquiéter les marchés financiers, Jessica Riedl a souligné que ces niveaux avoisinaient désormais les 6 % à 7 % du PIB, « cela a rendu les marchés plus nerveux ».
«Le président avait promis de rembourser la dette durant son premier mandat. Nous savions tous que c’était un mensonge. Au lieu de ça, il l’a laissée filer à 40.000 milliards de dollars pendant que lui et sa famille engrangeaient des milliards», a dénoncé le sénateur démocrate Mark Kelly sur X. «Le Congrès doit maîtriser les dépenses et ÉQUILIBRER LE BUDGET. Les Américains méritent mieux», a commenté le sénateur républicain Rick Scott, également sur X.
Les économies promises dans l’administration sont très loin de compenser ces montants. Toutefois, Donald Trump n’a pas créé cette dette. Il hérite d’une tendance vieille de plusieurs décennies qu’il ne parvient pas à inverser, voire qu’il accentue.
La rédaction vous conseille
- Dette française : Marine Le Pen et David Lisnard dénoncent le « le bilan implacable de dix ans de macronisme »
- La France emprunte à 10 ans à un taux supérieur à 4%, un taux qui n’a jamais été aussi haut depuis 2009
- La France est étouffée par la mauvaise dette, ce qui l’appauvrit
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.