L’hommage d’Emmanuel Macron à Alfred Dreyfus : « Le dreyfusisme nous rappelle que l’antisémitisme est l’ennemi de la République »
Le chef de l’État présidait ce dimanche la première journée nationale de commémoration de la reconnaissance de l'innocence d'Alfred Dreyfus. Face à la recrudescence des actes antisémites en France depuis trois ans, il a estimé que la vigilance était "un devoir de tous les instants" et appelle à la vigilance "de tous les instants" face au "retour de l'odieux antisémitisme".
Par Karim Maloum
Publié le 12 juillet 2026

Emmanuel Macron appelle à la vigilance face au "retour de l'odieux antisémitisme"
À l’occasion de la première journée nationale de commémoration de la réhabilitation du capitaine Alfred Dreyfus, officier juif condamné à tort au terme d’un procès retentissant à la fin du 19e siècle, ainsi qu’à tous ceux qui luttèrent pour sa réhabilitation et poursuivent aujourd’hui le combat contre l’antisémitisme.
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Ce dimanche 12 juillet, Emmanuel Macron a appelé à une mobilisation permanente contre l’antisémitisme, lors d’une cérémonie près de la Cour de cassation sur l’île de la Cité, en présence des descendants du capitaine, de représentants de l’État et d’élus.
Depuis la Cour de cassation, où se tenait la cérémonie officielle, le président de la République a ainsi appelé à une « vigilance de tous les instants » face à ce qu’il a qualifié de « retour de l’odieux antisémitisme ». « Nous savons que les vieux démons de l’antisémitisme n’ont jamais totalement disparu de notre pays », a-t-il déclaré.
Il est temps désormais que sur chaque maison, chaque immeuble, chaque lieu où des Juifs furent abrités, hébergés et sauvés soient apposés les noms des Justes qui les sauvèrent de la barbarie nazie », a-t-il ajouté, appelant « toutes les municipalités de France à faire leur cette entreprise ».
« Ce qui va devenir “l’Affaire” commence par une faute commise contre la République. Un bordereau trafiqué et une accusation fondée sur le soupçon et le préjugé antisémite. Un homme est arrêté, dégradé publiquement dans la cour de l’école militaire, déporté sur l’île du Diable pour un crime qu’il n’a pas commis. Douze années durant, la vérité connue de quelques-uns se heurte à un mensonge d’Etat et aux manipulations d’une petite caste dévoyée, refusant de reconnaître la faute initiale », a insisté Emmanuel Macron.
Depuis 25 ans, les actes antisémites « n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années »
Dans son discours, Emmanuel Macron a ainsi lié deux événements qui à quelques décennies de distance ont marqué l’histoire de l’antisémitisme en France. Le capitaine Dreyfus, de confession juive, fut condamné pour haute trahison au profit de l’Allemagne sur la base de fausses preuves et envoyé au bagne à la fin du 19e siècle dans un climat profondément antisémite en France.
« L’affaire Dreyfus n’est pas une page de notre histoire qui se serait fermée en 1906 grâce à la Cour de cassation et la réintégration de Dreyfus dans l’armée », a ajouté Emmanuel Macron.
Une initiative qui intervient alors que les actes antisémites ont fortement augmenté en France depuis les attaques terroristes de l’Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et la guerre qui s’est ensuivie dans la bande de Gaza.
Depuis 25 ans, les actes antisémites « n’ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années », constatait le ministère de l’Intérieur en février dernier, dans un contexte de forte hausse à la suite de l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Entre 2023 et 2024, ces actes avaient été multipliés par quatre.
Au total, les actes antisémites ont compté pour 53% de l’ensemble des faits antireligieux en 2025, alors même que les Français juifs, estimés entre 450.000 et 500.000, représentent moins de 1% de la population.
Une journée symbolique
« Chaque 12 juillet, désormais, nous nous souviendrons de cela. Que la justice et la vérité ont vaincu la haine et le mensonge, et qu’elles doivent chaque jour à nouveau être défendues », à indiqué le président de la République.
Une statue représentant le capitaine dans la cour de l’Ecole militaire, le 5 janvier 1895, le sabre brisé mais toujours au garde-à-vous, est aussi désormais érigée sur la place devant la Cour de cassation.
Autre annonce de cette journée de commémoration : le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a indiqué qu’une place de la capitale baptisée jusqu’à présent du nom de Maurice Barrès serait rebaptisée en hommage à Lucie Dreyfus.
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