Deuxième partie
Offensive de l’Arcom contre Cnews : de l’anesthésie à Anastasie
Cnews est dans le viseur de l’Arcom… Qu’est-ce qui est reproché à la chaîne de télévision par une institution dont la neutralité politique est de plus en plus sujette à caution ? Doit-on craindre le retour de la censure et une remise en cause de la liberté d’expression ? Décryptage.
Par Marc Hellebroeck
Publié le 30 juin 2026

L’autorité de régulation de l’audiovisuel, censée être politiquement neutre, devient dans les faits le chien de garde idéologique d’un exécutif.
Dans sa mise en demeure du 12 juin dernier (1), l’Arcom fait grief à Cnews d’avoir déploré « des aides pécuniaires accordées à l’Ukraine au motif qu’il existerait des problèmes plus importants tels que la sécurité, l’immigration, l’islamisme ou la situation économique de la France ». Ce reproche doit s’interpréter dans le contexte géopolitique belligène soigneusement entretenu par les dirigeants de l’Europe communautaire depuis le début du conflit russo-ukrainien. Ainsi, dès mars 2025, la Kaiserin Ursula Von der Layen avait lancé un « Si l’Europe veut éviter la guerre, elle doit se préparer à la guerre »,paraphrase du fameux « La guerre c’est la paix » de Georges Orwell dans sa dystopie « 1984 » (2).
En novembre 2025, le chef d’état-major des Armées françaises, s’exprimant sous couvert d’un président de la République qui n’a pas d’enfants, avait quant à lui averti les français qu’ils devraient « accepter de perdre » les leurs dans une guerre contre la Russie (3). Juste après, Emmanuel Macron, vassal le plus servile de la Commission Européenne, avait surenchéri en désignant la Russie comme une « menace » contre la France et l’Europe, une « menace » qui, entre autres perfidies, « attaque nos hôpitaux » (4).
Le chef de l’État avait d’ailleurs tout à fait raison : indiscutablement, nos hôpitaux sont attaqués et même violemment attaqués, si l’on en juge par les milliers de lits d’hospitalisation supprimés depuis 2017, y compris pendant la période Covid (5). Pour autant, est-on bien certain que Poutine est l’instigateur de cette « attaque » destructrice et « en même temps » implacable sur l’hôpital public français ?
Union Europe et haines : si vis bellum, para bellum !
Pour en revenir à l’Ukraine, l’Arcom s’aligne simplement sur le narratif officiel maastrichtien/manichéen qui nous tease un conflit russo-européen à l’horizon 2030. En effet, l’Union Européenne (devenue la position de repli et le bastion des mondialistes depuis l’élection de Trump) a besoin d’une guerre pour accélérer son agenda fédéraliste aujourd’hui en berne. Et peu importe les conséquences ! On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs ! En revanche, ce que les technocrates bruxellois, dont la connaissance du fait militaire s’arrête à « Warcraft », ne saisissent pas, c’est que des hommelettes comme eux ne font pas la guerre sans se faire casser en deux…
En attendant le carnage tant espéré, il s’agit donc, pour tous les relais médiatiques et institutionnels de ladite technocratie bruxelloise (relais dont l’Arcom fait partie), de sanctuariser la position belliciste et de marginaliser, voire de criminaliser, la position pacifiste. En effet, quand on prépare la guerre, l’information doit s’effacer au profit de la propagande. Le temps n’est peut-être plus loin où les partisans de la paix seront traités de « fachos » par d’anciens (ou d’actuels) socialistes ralliés à l’Europe maastrichtienne… Jaurès, reviens, ils sont devenus fous !
Si l’on s’en tient donc au narratif officiel, les chars russes sont quasiment dans le jardin et un Poutine au regard torve se tient (ou se tiendra bientôt) éructant derrière la porte , avec un grand couteau (tel Jack Nicholson dans « Shining »). Par conséquent, non seulement l’Ukraine constitue, selon l’Arcom, le sujet qui exige d’être traité en priorité par les médias français ; mais de plus, tous les autres « problèmes » (« la sécurité, l’immigration, l’islamisme ou la situation économique de la France ») se doivent d’être minorés. Et d’autant plus minorés qu’il s’agit de 4 domaines dans lesquels les gouvernements successifs d’Emmanuel Macron ont totalement, indubitablement et lamentablement échoué.
En matière de gouvernance, il n’y a en effet rien de plus classique pour un exécutif incompétent que de désigner un ennemi extérieur afin de masquer son incapacité à résoudre les « problèmes » et à affronter les ennemis intérieurs. Grotesque et pathétique est notre gouvernement qui défie la Russie, alors qu’il plie face à quelques bandes d’ados encore acnéiques qui ravagent Paris un soir de foot.
Nonobstant, l’escalade guerrière continue ! Ainsi, le 14 juillet prochain, 37 États de la Coalition des volontaires (sorte d’alliance semi-informelle soutenant l’Ukraine et dirigée contre la Russie) seront représentés ou invités à participer au défilé militaire sur les Champs-Élysées (6). A la fin et avant la Marseillaise, sera interprété l’hymne européen (7) : lors de la célébration officielle de la fête nationale, une musique étrangère (en l’occurrence allemande) aura donc la préséance sur l’hymne national français… Y-a-t-il une institution compétente pour adresser une mise en demeure à celui qui est censé être le garant des symboles républicains ?
Le problème, c’est que l’Arcom n’est pas d’accord avec Cnews sur les problèmes !
Admettons toutefois, dans une vision arcomo-compatible, que « la sécurité et l’immigration » sont des « problèmes » moins « importants » que l’Ukraine… Cela signifie-t-il que les agressions mortelles dont ont été victimes Lola, Thomas, Mathis, Philippine et Elias comptent moins que zéro victime française des soldats russes ?
Admettons également que « l’islamisme » est un « problème » moins « important » que l’Ukraine… Est-ce à dire que les 271 morts et les 1200 blessés des attentats islamistes en France depuis 2012 pèsent moins que zéro victime française des soldats russes depuis la même date (8) ?
Admettons enfin que la « situation économique de la France » est un « problème » moins « important » que l’Ukraine… Cela suppose-t-il que les plus de 3500 milliards de dettes publique, les 2,6 millions de chômeurs et les presque 10 millions de français vivant sous le seuil de pauvreté sont moins inquiétants que zéro victime française des soldats russes ?
Doit-on déduire de la mise en demeure de l’Arcom à l’égard de Cnews que l’ensemble des médias devrait continuer à soutenir le financement par les impôts des français d’un régime ukrainien corrompu, où il n’y a plus d’élections et qui vient, de surcroît, de glorifier un ancien collaborateur des nazis (9) ? Dans quel but exactement ? Celui de prolonger une guerre qui ne nous concerne pas et où nous n’avons strictement rien à gagner, mais tout à perdre (10) ?
Association de Recyclage Contemporain des Opérations Machiavéliques
L’Arcom pointe également la présentation par Cnews des « déclarations de l’exécutif en matière de politique internationale comme indûment alarmistes et de nature à instrumentaliser un sentiment de peur au sein de la population française ». C’est le moment de rappeler cette phrase attribuée à Machiavel et qui dit : « Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes ». En effet, du « nous sommes en guerre » (contre un virus) du chef de l’État le 16 mars 2020 jusqu’à l’actuel et implicite « nous serons bientôt en guerre » (contre les vies russes), c’est le même procédé d’ingénierie sociale qui a été utilisé par les différents gouvernements macroniens ces dernières années : inventer un ennemi existentiel – le pangolin mutant hier, le russe Poutine aujourd’hui – afin de maintenir la population dans un état permanent d’angoisse et de sidération ; un état peu propice à la contestation sociale et politique, mais en revanche très favorable à l’obéissance et à la soumission.
A cet égard, l’épidémie de la covid a été magistralement instrumentalisée par l’exécutif pour susciter ce « sentiment de peur au sein de la population française », offrant audit exécutif l’opportunité d’incarcérer à domicile toute la population française, « en même temps » que la possibilité de briser définitivement la révolte populaire de ceux qui, parmi les Gilets Jaunes, n’avaient pas encore été mutilés par la répression policière.
Une population terrifiée par un danger prétendument létal est par nature apathique, ductile et malléable : elle gobe par conséquent tout ce que psalmodie un média de service public ou une quelconque institution relais du régime. Préoccupée essentiellement par sa survie à court terme, ladite population relègue alors ses inquiétudes économiques, sociales, identitaires et culturelles au second plan. C’est alors le moment idéal pour mettre en place une société de surveillance et rétablir progressivement la censure d’État. La sauvegarde pourtant essentielle de la liberté d’expression apparaît en effet dérisoire quand il s’agit de survivre à un virus transmis par une chauve-souris aux yeux rouges, puis d’échapper à une charge de cosaques hirsutes et sanguinaires ; tout en attendant l’inéluctable attaque d’un Trump-garou au profil idéal pour devenir la prochaine menace existentielle des français et même de tout l’univers connu.
En matière d’ingénierie sociale, l’anesthésie par la peur précède toujours l’Anastasie du censeur…
Le vrai problème…
Puisqu’il est question d’Anastasie, la mise en demeure de l’Arcom – dont il convient de rappeler qu’elle fut créée en 2021 sous la présidence d’Emmanuel Macron – évoque cette lettre de Napoléon 1er , lettre adressée le 22 avril 1805 à Fouché, son ministre de la Police et exécuteur des basses œuvres : « Réprimez un peu plus les journaux ; faites-y mettre de bons articles. Faites comprendre aux rédacteurs du Journal des Débats et du Publiciste que le temps n’est pas éloigné où, m’apercevant qu’ils ne sont pas utiles, je les supprimerai avec tous les autres et n’en conserverai qu’un seul (…) Mon intention est donc que vous fassiez appeler les rédacteurs (…) pour leur déclarer que s’ils continuent (…) à alarmer sans cesse l’opinion (…) leur durée ne sera pas longue ; que le temps de la Révolution est fini et qu’il n’y a plus en France qu’un parti ; que je ne souffrirai jamais que les journaux disent ni fassent rien contre mes intérêts ; qu’ils pourront faire quelques petits articles où ils pourront montrer un peu de venin, mais qu’un beau matin on leur fermera la bouche ».
Le « beau matin », on y est presque, l’Arcom y travaille.
Et Napoléon aussi voulut envahir la Russie. Avec le résultat que l’on sait.
Et si Cnews se trompait ? Et si la sécurité, l’immigration, l’islamisme et la situation économique n’étaient pas les problèmes les plus importants de la France ? Et si, finalement, le problème le plus important en France, c’était cette dérive autoritariste du président de la République ?
La République est en danger. Les signes sont là. Il y a d’abord eu les violences étatiques exercées sur les Gilets Jaunes (restriction de la liberté de réunion). Puis, il y a eu le confinement pendant l’épidémie de la Covid 19 (restriction de la liberté de circulation). Enfin, il y a désormais une offensive contre une chaîne de télévision privée parce que celle-ci propose une information alternative au narratif officiel des médias « mainstream » ou de service public (restriction de la liberté d’expression)…
L’autorité de régulation de l’audiovisuel, censée être politiquement neutre, devient dans les faits le chien de garde idéologique d’un exécutif lui-même inféodé au totalitarisme technocratique, sans-frontiériste et germano-belliciste qui se met en place à Bruxelles. Le travail d’interprétation et de commentaires des politiques gouvernementales et européennes par les journalistes de Cnews est remis en question par l’Arcom, ce qui constitue une menace directe sur la Loi du 29 juillet 1881, loi dite « sur la liberté de la presse » qui est un des fondements de notre démocratie.
« Ainsi ils ne seront plus jamais libres pour toute leur vie » (Adolf Hitler, discours de Reichenberg, 2 décembre 1938)
Dans toute l’Europe communautaire et en France particulièrement, on constate un tour de vis sans précédent sur la liberté d’expression. Ainsi, est actuellement débattue au Parlement une « Proposition de loi visant à protéger les mineurs des risques auxquels les expose l’utilisation des réseaux sociaux » (11). Son objectif est notamment d’interdire l’accès des jeunes de moins de 15 ans aux réseaux sociaux ; louable intention au premier abord…s’il s’agissait d’une volonté sincère et désintéressée de protéger les enfants des prédateurs sexuels qui pullulent sur Internet ! Mais à qui fera-t-on croire qu’un pouvoir politique qui tolère dans les rues la libre-circulation des pédophiles multirécidivistes et autres assassins d’enfants (dont certains n’ont rien à faire sur le territoire français) se préoccupe le moins du monde du bien-être et de la sécurité de nos gosses ?
C’est, comme on pouvait s’y attendre, « l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) qui sera compétente pour veiller au respect de l’encadrement de l’accès des mineurs de moins de 15 ans aux réseaux sociaux, dans les conditions prévues par le droit européen » (11). Ce « droit européen », c’est le « Digital Services Act » (DSA), lequel, sous prétexte de lutter contre les contenus illicites, la haine en ligne ou le cyberharcèlement, installe peu à peu les éléments d’un carcan administratif et légal pour réduire la liberté d’expression et favoriser la diffusion des idées europhiles, au sens maastrichtien du terme (12) (13). Parce qu’après les enfants, ce sera inévitablement au tour des adultes d’être « protégés » par une loi, d’être protégés du libre accès aux médias d’opinion comme Cnews et d’être protégés de la possibilité de penser autrement que conformément au narratif officiel.
Quand on vous fait croire que « la guerre, c’est la paix », il est si facile de vous faire croire ensuite que « la censure, c’est la protection ».
Que ceux qui acceptent aujourd’hui la censure d’un média privé ne viennent pas se plaindre demain quand ils seront privés de médias.
(5) Nombre de lits et places dans les établissements hospitaliers publics – France | Insee
(7) 14 Juillet : la France au cœur du réveil stratégique de l’Europe | Ministère des Armées et des
(8) Mobilisation de l’État face au terrorisme : dispositifs et actions | info.gouv.fr
Notons au passage que, pour RFI, avoir collaboré avec les nazis fait juste d’Andriy Melnyk une figure « controversée », sans que cela ne suscite d’ailleurs de mise en demeure de la part de l’Arcom. On espère que Pétain ne sera jamais évoqué sur une chaîne de service public comme une « grande figure nationaliste controversée ».
(10) Nous avons déjà perdu un approvisionnement en gaz russe bien meilleur marché et au bilan carbone bien moins important que le gaz de schiste américain importé par méthanier…
(11) Protéger les mineurs Risques des réseaux sociaux – Proposition de loi | Vie publique
(12) DSA : le règlement sur les services numériques ou Digital services act | Vie publique(13) La Commission inflige à X une amende de 120 millions d’euros au titre du règlement sur les services numériques
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