Charles de Gaulle et Emmanuel Macron : l’homme qui a dit « non » et l’homme qui dit « oui »
De Gaulle c’est la France, de Gaulle sait la France, de Gaulle est la France ; Macron c’est l’a-France, Macron cède la France, Macron hait la France…
Par Marc Hellebroeck
Publié le 18 juin 2026

1940, de Gaulle surgit quand l’ennemi extérieur envahit le pays ; 2026, Macron ne réagit pas quand les ennemis intérieurs envahissent la capitale.
Quand Karim Maloum, le directeur de la publication de Rupture Mag, m’a sollicité pour rédiger un texte en hommage à Charles de Gaulle à l’approche de la commémoration du 18 juin, ma première réaction a été de refuser. En effet, pétrifié par la stature historique et politique cyclopéenne du Général, je ne me sentais pas digne d’écrire ne serait-ce qu’une seule ligne à la mesure de la geste du héros qui, par son appel à la Résistance du 18 juin 1940, avait ressuscité la France assassinée la veille par la demande d’armistice de Pétain ! Et puis m’est venue l’idée d’établir un parallèle entre celui qui fut aussi le Père de la Vème République et le président actuel : il fallait bien le plus calamiteux chef d’État qu’ait jamais connu la France pour tempérer un peu la gloire aveuglante et intimidante du plus grand français de tous les temps.
Et puisqu’il est question de temps… Au (re)commencement de la France était le verbe, le verbe gaullien de « l’Appel du 18 juin » ; à la fin de la France est l’adverbe macronien « en même temps » (1).
1940-2026 : de l’épopée gaullienne à l’effondrement macronien
Paris, le 23 juin 1940 : Hitler paradait dans la ville occupée, s’exhibant de la Tour Eiffel aux Invalides en passant par le Trocadéro. Le Führer alors triomphant l’ignorait encore, mais il était déjà vaincu. Il était déjà vaincu car quelques jours plus tôt, à Londres, un homme – dont il n’avait probablement jamais entendu parler, mais qu’il allait bientôt apprendre à considérer comme un sérieux adversaire – avait simplement dit « Non ! ».
Paris, toujours, mais dans la nuit du 30 au 31 mai 2026, après un match de foot : des hordes de jeunes barbares paradent dans la ville qu’ils occupent ; pillant des boutiques, jetant des mortiers d’artifice sur les forces de l’ordre et brûlant une auto au Trocadéro, en toute impunité. Ils l’ignorent peut-être encore, mais ils ont déjà vaincu. Ils ont déjà vaincu car, à l’Élysée, un homme – qui n’a ni le courage, ni la volonté de devenir leur adversaire – ne sait rien dire d’autre que « oui »…
1940, de Gaulle surgit quand l’ennemi extérieur envahit le pays ; 2026, Macron ne réagit pas quand les ennemis intérieurs envahissent la capitale. Le premier, militaire de carrière, connaissait la Marseillaise et savait qu’en certaines circonstances, il n’y a pas d’autre choix que de chanter « Aux armes citoyens ! ». Le second, banquier et xénocrate, ne connaît que l’hymne européen, une musique allemande sans paroles…
Celui qui croyait à « une certaine idée de la France » et celui qui n’y croyait pas
En disant fermement « non » à l’AMGOT (comme il avait déjà dit « non » au Reich) et en s’imposant à la table des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale – ce qui était loin d’être une évidence après le régime de Vichy et la Collaboration – Charles de Gaulle a réussi le prodige de faire revenir la France dans l’Histoire.
En disant systématiquement « oui » à la Commission Européenne de la Kaiserin Ursula – dernier avatar en date d’un impérialisme germanique qui s’est largement construit sur la francophobie – Emmanuel Macron a fait sortir, peut-être définitivement, la France de l’Histoire.
De Gaulle, c’est le rebelle qui a dit « non » au couvre-feu imposé par l’occupant allemand pendant l’occupation ; Macron c’est l’homme qui a dit « oui » au couvre-feu (rebaptisé pudiquement « confinement ») pendant la période Covid, balayant ainsi la liberté, premier des Droits de l’Homme et premier mot de la devise républicaine.
De Gaulle, c’est aussi le président qui a dit « non » à la tentation du pouvoir autoritaire avec son fameux « Pourquoi voulez-vous qu’à soixante-sept ans je commence une carrière de dictateur ? » ; Macron c’est le président qui, pendant la crise sociale des Gilets Jaunes, a dit « oui » à la répression sanglante contre des travailleurs qui manifestaient pour leur dignité et dont certains ont été éborgnés (par les Lanceurs de Balles de Défenses « LBD40 ») et d’autres amputés (par les grenades « GLI-F4 »).
De Gaulle, c’est encore le président qui a dit « non » à l’ingérence de la finance dans les affaires de l’État (« la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ») ; Macron, c’est l’homme qui vient de la finance et qui a dit « oui » à la vente des fleurons industriels français au profit des grands groupes américains (cf la branche énergie de Alstom bradée à General Electric en 2014, par celui qui n’était encore que ministre de l’économie).
Politique étrangère, sécurité, immigration : de la mission à la soumission
Il y a huit décennies, le général de Gaulle en mission croisait et toisait les géants et les monstres – la différence est parfois ténue entre les deux – de l’Histoire du XXème siècle. Aujourd’hui, le président Macron se soumet à toutes les mortifications et repentances mémorielles imposées par son homologue Abdelmadjid Tebboune, sans pour autant avoir pu obtenir la libération de l’écrivain Boualem Sansal (qu’on doit à l’intervention du président allemand) et alors que le journaliste Christophe Gleizes est toujours otage de la junte algérienne.
Pendant les mandats du président de Gaulle, L’Etat-Léviathan (au sens de Hobbes) jouait encore son rôle de protecteur du peuple en contenant la délinquance et la criminalité. Les années-Macron, c’est l’explosion des violences et de l’insécurité, une insécurité qu’un ex-garde qui nous prend pour des sots a osé qualifier, dans un grand moment orwellien, de « sentiment ».
La France se transforme en narco-État, les fusillades en pleine rue se banalisent et les narcotrafiquants contrôlent déjà des pans entiers du territoire, des pans entiers du territoire qui se superposent avec ce que l’historien Georges Bensoussan appelait dès 2002 « Les Territoires perdus de la République ». Il arrive même que les revenus du trafic de stupéfiants financent le jihad. Où quand « l’opium du peuple » s’hybride avec le peuple de l’opium pour saper physiquement et moralement la jeunesse française…
Quant à la politique anti-drogues des différents gouvernements Macron, on peut, au vu de son absence de résultats, la qualifier de « poudre de perlimpinpin » et il ne reste plus au président en exercice qu’à lancer un appel du 18 joints…
Concernant l’immigration, la doctrine de Charles de Gaulle est simple : pour lui, « la France est une personne » (la formule est empruntée à l’historien Michelet). Afin de maintenir la cohésion de la nation et selon des propos rapportés par Alain Peyrefitte, « On peut intégrer des individus (…) On n’intègre pas des peuples, avec leur passé, leurs traditions, leurs souvenirs communs de batailles gagnées ou perdues, leurs héros ». Le Général ajoute : « Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? ». Puis, il conclut : «Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! ». Il n’y a là, bien évidemment, absolument rien de xénophobe de la part d’un homme qui a au préalable déclaré : « C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle ».
Là où Charles de Gaulle, auteur des « Mémoires de guerre », défendait l’universalisme républicain et l’unité nationale, Emmanuel Macron laisse prospérer un communautarisme propice à la guerre des mémoires, un communautarisme où s’épanouissent les revendications identitaires et antirépublicaines des suprémacistes musulmans…
Où sont nos grands traîtres d’antan ?
Le temps des félons magnifiques et flamboyants est révolu… Autrefois, il y avait Louis II de Bourbon-Condé, alias le Grand Condé, vainqueur des espagnols à Rocroi à seulement 21 ans, puis chef de file de la Fronde contre le pouvoir de son jeune cousin Louis XIV quelques années après, avant de terminer sa carrière de grand capitaine à nouveau au service de la couronne de France ! Et que dire de Talleyrand, funambule du changement d’allégeance, artiste de la duplicité et du revirement, auquel Napoléon Ier, exaspéré, déclara un jour qu’il n’était que « de la merde dans un bas de soie » ?
Aujourd’hui, nous n’avons plus que de médiocres et ternes bureaucrates de la trahison, des traîtres de série B (B comme Bruxelles) et de seconde zone (Schengen) qu’on pourrait trouver en bas de chez soi : Giscard et son regroupement familial, Mitterrand avec le traité de Maastricht, Chirac et le passage à l’Euro, Sarkozy avec le coup d’État du traité de Lisbonne (pour lequel il n’a pas trouvé d’alibye). J’ai oublié Hollande ? Mais qu’en dire ? Face au néant, on ne peut qu’être étreint par un incoercible sentiment de vertige…
Nous en sommes au stade terminal des abandons de souveraineté. Dans un pseudo-État qui n’a plus ni frontières, ni monnaie, ni justice ; Emmanuel Macron s’emploie désormais, avec toute la haine anti-nationale qui le caractérise, à accomplir l’ultime forfaiture : abdiquer notre souveraineté militaire en donnant une dimension européenne à la force de dissuasion nucléaire française, soit le premier pas vers le transfert de ladite dissuasion nucléaire au profit d’une Allemagne qui réarme massivement et qui a réactivé le vieux rêve pangermanique d’étendre son « espace vital » vers l’Est.
La protection de la France commence par la protection de l’enfance
De Gaulle, c’est le chef d’état qui a dit « non » au laxisme judiciaire à l’égard des pédophiles. En 1964, Raymond Anama était exécuté pour avoir violé, mutilé et assassiné une fillette de 8 ans. En 1967, Günther Voltz était exécuté pour le viol et l’assassinat d’une petite fille de 9 ans. En 1968, Jean-Laurent Olivier était exécuté pour l’assassinat d’un frère et d’une sœur âgés respectivement de 10 et 11 ans (la pré-adolescente avait été violée). Dans les trois cas, de Gaulle président avait refusé d’accorder la grâce présidentielle à ces monstres.
Le 9 février 2026, Emmanuel Macron a décrété, pour sa part, que l’affaire Epstein concernait « surtout les États-Unis », alors que ledit Epstein possédait pourtant un immense appartement avenue Foch et fréquentait notamment un ancien ministre de la culture (2). « Circulez, y’a rien à voir », disait Coluche.
Le 2 juin dernier et alors qu’une affaire (d’une ampleur sans précédent) de violences sexuelles sur enfants devrait constituer la priorité absolue de l’exécutif (3), le même Emmanuel Macron, souriant et détendu, déjeunait à Clairefontaine avec les joueurs de l’équipe de France. Le président serait-il davantage préoccupé par la coupe du monde de football que par la coupe d’immonde du périscolaire parisien ?
Enfin, alors que la disparition d’un jeune chauffard multirécidiviste avait suscité l’indignation élyséenne (4), la jeune Lyhanna, morte dans des circonstances atroces, a juste eu droit, en guise d’oraison funèbre, à un très sec « On ne répond pas à un drame par des cris ». Alors que la mère du chauffard précédemment évoqué et la sœur du délinquant (également multirécidiviste) Adama Traoré n’ont jamais eu à subir de leçon de morale présidentielle pour leurs cris, la nation entière est priée quant à elle de se taire et de pleurer en silence quand on tue une de ses enfants.
« On ne répond pas à un drame par des cris »… Doit-on répondre à des cris de petite fille violée et assassinée par un manque de cœur et d’âme ?
« Une génération qui ignore l’histoire n’a pas de passé, ni d’avenir » (5)
La France fut une belle aventure et de Gaulle fut le dernier des grands héros français.
En élisant et réélisant Emmanuel Macron, les citoyens français ont montré qu’ils étaient un peuple épuisé ; un peuple épuisé de tant d’épopées guerrières, de Tolbiac à Camerone et Bir Hakeim, en passant par Bouvines et Austerlitz ; un peuple épuisé de tant d’épopées littéraires, de la « Chanson de Roland » aux « Mémoires de guerre », en passant par « Les trois mousquetaires » et « Cyrano de Bergerac ». Notre passé est si glorieux qu’il en semble presque devenu légendaire…
En ce qui concerne les jeunes générations qui n’ont pas connu l’homme des « Mémoires de guerre », elles n’ont plus guère de mémoire, bien aidées en cela par un pédagogisme mortifère qui détruit la transmission des savoirs au sein d’une école devenue usine à fabriquer des hilotes illettrés et ubérisés. Au temps de l’épopée gaullienne, la France faisait l’Histoire du monde ; désormais, elle fait son histoire sous elle.
1, 4 million de Poilus, dont Charles Péguy, sont-ils tombés à Verdun, dans la Somme et au Chemin des Dames, pour qu’en 2026 un bobo parisien à keffieh puisse se rendre en Vélib’ acheter du quinoa bio dans une boutique labellisée « commerce équitable » ? Quand de Gaulle était à l’Élysée, Serge Reggiani chantait « Les loups sont entrés dans Paris », pour évoquer l’Occupation allemande ; avec Anne Hidalgo, ex-maire de la capitale, ce sont les rats qui ont conquis Paris. Chaque époque a les fossoyeurs qu’elle mérite…
« La France ne peut être la France sans la grandeur »
« La France ne peut être la France sans la grandeur » est la phrase qui clôture le premier paragraphe des « Mémoires de guerre ». Si l’on s’en tient à cela, la France d’aujourd’hui, la France de Macron – notre France, diluée dans l’Union Européenne, rongée par l’islamisme et empoisonnée par le narcotrafic – n’est plus la France.
En 1970, à la mort du général de Gaulle, ses « Mémoires d’espoir » étaient inachevés. Nous sommes en 2026 et, au grand désespoir de la mémoire, le président actuel voudrait achever ce qui demeure encore des fondations gaulliennes de la France. Si cette dernière doit disparaître, elle mérite toutefois, eu égard à son passé, d’être achevée proprement, c’est-à-dire pas avec un Emmanuel Macron souriant à son chevet de mourante, pas comme ça, pas aussi sordidement.
Espérons que le prochain président de la République française, qu’il soit le sans-frontiériste Philippe, le sans-frontiériste Bardella, le sans-frontiériste Retailleau, le sans-frontiériste Glucksmann, le sans-frontiériste Mélenchon ou le sans-frontiériste Attal, fera preuve d’assez de miséricorde pour porter rapidement le coup de grâce à « notre cher vieux pays », afin de lui épargner cette interminable et dégoûtante agonie islamo-narco-maastrichtienne.
A moins que la « Flamme de la résistance française » ne soit rallumée…
(1) Plus exactement, la locution adverbiale
(5) « A generation which ignores history has no past — and no future. » (Robert A. Heinlein, « Time enough for love »)
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