« Les enfants perdus de la République » de Sonya Zadig
Un plaidoyer pour la liberté d’exister en tant qu’individu, pour et par soi-même
Le sous-titre donne clairement le ton : « Ils ont décidé de sortir de l’islam au péril de leur vie » ! Nous savons donc dès la couverture que ce livre abordera des sujets difficiles, qu’il demandera parfois au lecteur de prendre un peu de distance avec sa lecture, pour bien s’approprier les idées développées et les extraire de toute réaction baignée de sensibilité et d’affect. Car « Les enfants perdus de la République » est un récit qui touche au plus profond de nous-mêmes. Sonya Zadig nous fait profiter de son expérience de psychologue psychanalyste et base son livre sur de très nombreux témoignages d’hommes et de femmes apostats qui ont décidé de vivre en tant qu’individus. En effet, les parcours de vie racontent tous la même contrainte d’existence en tant que membre d’une communauté, fondée essentiellement sur l’islam mais aussi sur des liens familiaux déséquilibrés, faits de violence et de négation de la liberté d’exister en tant que personne à part entière. Bien sûr cela concerne autant les hommes que les femmes, mais Sonya Zadig décrit très bien, au travers de la première partie consacrée aux femmes apostats, le quotidien extrêmement violent et la force de caractère dont elles doivent faire preuve pour aller au bout de leur recherche de liberté. Des exemples très significatifs laissent un goût amer en songeant bien tristement que ce sont les femmes, bien souvent les mères, qui se chargent de faire perdurer ces contraintes d’une exigence cruelle tant la négation de l’être est portée à son paroxysme. Ainsi ce livre est une bataille intérieure sans cesse renouvelée au gré des témoignages, où les apostats se démènent autant contre leur propre camp familial et communautaire qu’au fond d’eux-mêmes, conditionnés depuis la plus tendre enfance à n’exister qu’en rapport avec le groupe auquel ils se doivent d’appartenir corps et âmes. En ce sens, il est un vrai plaidoyer pour la liberté de conscience et d’être soi-même.
Par Nicolas Bourez
Publié le 2 décembre 2025

Sonya Zadig base son livre sur de très nombreux témoignages d’hommes et de femmes apostats qui ont décidé de vivre en tant qu’individus.
« Il ne faut pas croire que c'est facile de sortir de là, ça a pris beaucoup de temps, tu perds ton identité, moi on m'a appris que j'étais avant tout musulmane, alors vous imaginez le vide que j'ai ressenti quand j'ai claqué la porte. »
S’il y a un mot pour qualifier ce livre, ce serait le verbe « quitter ». Quitter le groupe, quitter l’atmosphère qui y règne et qui contraint la propre pensée intérieure, se quitter soi-même pour abandonner ce que l’on fut et tenter de devenir ce que l’on est. Cette quête de soi-même ne peut pas être simple et exempte de questionnements identitaires, mais ce que décrit l’auteur s’apparente à un vrai parcours du combattant. Car ces apostats de l’islam sortent d’eux-mêmes, quittent la torpeur dans laquelle ils étaient endormis par ce qu’ils pensaient être des vérités établies, et s’aperçoivent au fur et à mesure de leur tentative de comprendre par eux-mêmes le texte sacré, qu’ils ont été endoctrinés par leurs proches, niant leur propre liberté de conscience.
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