Il y a 81 ans, le 10 juin 1944

Oradour-sur-Glane, village martyr 

Aujourd'hui marque le 81e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane commis par la division SS Das Reich le 10 juin 1944, un des plus tragiques de la Seconde Guerre mondiale en France. 642 personnes, dont de très nombreux enfants, trouveront la mort lors de ces événements tragiques. Au lendemain de la guerre, Oradour devient le symbole de la violence de la barbarie nazie en France.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 10 juin 2025

Oradour-sur-Glane, village martyr 

Visite du Général de Gaulle à Oradour-sur-Glane, le 5 mars 1945.

Nous sommes le 10 juin 1944. Le village d’Oradour-sur-Glane est investi par une compagnie de Waffen SS de la division « Das Reich ». En quelques heures, des soldats allemands éliminent la population, pillent et incendient le village, faisant 642 victimes. 6 personnes réussissent à échapper à ce drame, devenant les témoins du plus important massacre de civils français pendant la Seconde Guerre mondiale.

Après le débarquement de Normandie le 6 Juin 1944 la Résistance française intensifie ses actions contre l’occupant allemand. La 2e division blindée SS, plus connue sous le nom Das Reich, en route vers le front normand, est harcelée par des sabotages. En représailles, les nazis ciblent des civils pour terroriser la population et décourager la Résistance.

Le 9 juin, plusieurs de ses unités investissent la ville de Tulle, alors aux mains de la résistance, et pendent 99 habitants. Le lendemain, 10 juin 1944  vers 14 heures, un autre régiment de la Das Reich, environ 150 soldats SS, commandés par le Sturmbannführer Adolf Diekmann, arrive à Oradour-sur-Glane un village paisible, près de Limoges, sans activité résistante notable. Ce village est choisi, peut-être par erreur ou pour servir d’exemple.

Les hommes de la Waffen-SS reviennent de longs mois d’une campagne sanglante sur le front de l’Est, ponctuée par des crimes de guerre. Ils ordonnent à tous les habitants de se rassembler sur la place du village pour une prétendue vérification d’identité. Les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Les hommes sont conduits dans six granges et hangars, où ils sont abattus à la mitrailleuse. Les corps sont ensuite aspergés d’essence et incendiés pour masquer les traces.

Les maisons sont pillées, incendiées, et le village est méthodiquement détruit. 642 personnes, dont 207 enfants et 254 femmes, trouveront la mort lors de ces événements tragiques. Au lendemain de la guerre, Oradour devient le symbole de la violence de la barbarie nazie en France.

Les femmes et les enfants, environ 400 personnes, sont enfermés dans l’église du village. Les SS jettent des grenades et mettent le feu à l’édifice. Ceux qui tentent de s’échapper sont abattus.

Une survivante de l’église

Marguerite Rouffanche, 47 ans survit  miraculeusement en sautant par une fenêtre de l’église, bien que grièvement blessée elle est la seule survivante de l’église où les femmes et les enfants furent enfermés et massacrés. Blessée par balles et brûlée, elle parvint à s’échapper en sautant par une fenêtre de l’église, puis se cacha jusqu’au lendemain. Le témoignage qu’elle donna lors du procès de Bordeaux en 1953, est capital. Elle décrivit avec précision l’horreur dans l’église, y compris l’utilisation de grenades et l’incendie délibéré. Marguerite Rouffanche resta profondément marquée, ayant perdu ses deux filles, son fils, son mari et ses petits-enfants dans le massacre.

Robert Hébras 19 ans est l’un des cinq survivants du groupe d’hommes exécutés dans la grange Laudy. Lors de la fusillade, il fut blessé mais protégé par les corps de ses camarades tombés sur lui. Lorsque les SS incendièrent la grange, il réussit à s’extraire des flammes et à se cacher dans un autre bâtiment, puis dans la campagne. Robert Hébras devint un témoin clé et un porte-parole de la mémoire d’Oradour. Il écrivit un livre, Oradour-sur-Glane, le drame heure par heure, et participa activement à la préservation du souvenir du massacre jusqu’à son décès en 2023.`

Après la guerre et sur décision du général Charles de Gaulle, les ruines d’Oradour-sur-Glane sont laissées intactes, dans le but de devenir un mémorial pour témoigner des horreurs nazies. 

Un procès a lieu en 1953 à Bordeaux pour juger les responsables de ces massacres, sur les 65 accusés, seuls 21 sont présents. Les peines prononcées sont controversées : plusieurs condamnations à mort sont commuées, et une loi d’amnistie pour les Alsaciens incorporés de force dans la SS (les « Malgré-nous ») suscite l’indignation des familles des victimes.

Adolf Diekmann, principal responsable, est tué au combat en Normandie peu après le massacre. D’autres officiers SS impliqués, comme Heinz Lammerding, commandant de la division Das Reich, échappent à une véritable condamnation.

Après la guerre et sur décision du général Charles de Gaulle, les ruines d’Oradour-sur-Glane sont laissées intactes, dans le but de devenir un mémorial pour témoigner des horreurs nazies. 

L’héritage mémoriel du massacre d’Oradour-sur-Glane est un pilier de la mémoire collective française et européenne, symbolisant les atrocités de la Seconde Guerre mondiale et la barbarie nazie.

Après la disparition des survivants directs, la mémoire du village repose désormais sur les descendants, comme Agathe Hébras, petite-fille de Robert Hébras, qui a repris le « flambeau de la mémoire », ainsi que sur le Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane. Les ruines du village martyr et les archives (témoignages, livres, documentaires) continuent de jouer un rôle clé pour préserver cet héritage.

Le centre de la mémoire et les associations veillent à contrer toute tentative de révisionnisme ou de minimisation des faits, en s’appuyant sur des archives rigoureuses. 

M. D. P.

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