Canal+ ne veut plus travailler avec les 600 acteurs du cinéma signataires d’une pétition contre Vincent Bolloré
Six cents professionnels du secteur du cinéma, parmi lesquels la comédienne Juliette Binoche, Swann Arlaud et Adèle Haenel, avaient signé une tribune dans Libération dans laquelle ils accusaient l’homme d’affaires Vincent Bolloré de "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma français. En réaction, le président de Canal+, Maxime Saada, a annoncé mettre fin à ses relations avec les signataires de la pétition. Des gens qui sont soutenus financièrement par Canal+ s'attaquent au groupe et à son principal actionnaire. Certains d'entre eux n'auraient pas pu réaliser leurs films sans le financement de Canal+. Étrange...
Par Karim Maloum
Publié le 17 mai 2026

"J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix", a déclaré le président du directoire de Canal+, Maxime Saada.
Six jours après la parution dans le journal Libération d’une tribune anti-Bolloré signée par 600 professionnels du cinéma, Maxime Saada, le patron de Canal+, a affirmé dimanche à Cannes que son groupe ne travaillerait plus avec les quelque 600 professionnels signataires du texte.
« J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix, a déclaré le président du directoire de Canal+ dimanche midi en marge du Festival de Cannes. En conséquence, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition. »
« En conséquence, je ne travaillerai plus, je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition », a ensuite lancé Maxime Saada.
« Si certains en viennent à qualifier Canal+ de ‘crypto-fasciste’, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux. La limite est là. Il n’est pas acceptable qu’il n’y ait pas de considération pour le travail de nos équipes », a défendu le dirigeant sur la Croisette, réaffirmant « l’engagement indéfectible de Canal+ en faveur de la création et du cinéma », selon un message publié par le groupe X en début d’après-midi.
En France et dans le monde entier, la plupart des entreprises, les salariés et les partenaires de l’entreprise sont heureux de voir un entrepreneur qui a les reins solides entrer ou augmenter son capital social. Les 600 acteurs du cinéma français adoptent une position opposée. Beaucoup d’entre eux n’auraient pas pu réaliser leurs films sans le soutien financier de Canal+.
À la veille de l’ouverture du festival, ces figures du cinéma formant le collectif « Zapper Bolloré » avaient dénoncé « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma par l’intermédiaire de Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire de Canal+. « Derrière son costume d’homme d’affaires, le milliardaire ne cache pas qu’il mène un “projet civilisationnel”, réactionnaire d’extrême droite », pouvait-on lire encore.
La tribune s’alarmait notamment de la volonté de Canal+ de s’emparer de la totalité du capital d’UGC, le réseau de salles de cinéma dont il a acquis 34% en septembre et qu’il espère contrôler dans sa totalité à partir de 2028.
« En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif », écrivaient les signataires qui comptent des producteurs, exploitants de cinéma, cinéastes, techniciens et comédiens.
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.