Téhéran dénonce une décision «irresponsable»
L’UE place les Gardiens de la révolution iraniens sur sa liste des organisations terroristes
L’Union européenne qualifie les Gardiens de la révolution iraniens d’organisation terroriste, en raison de la répression barbare des manifestations contre le régime islamiste. Cette décision se rajoute aux menaces d'intervention militaire américaine. L'Iran, sous pression accrue, s’est dit prêt jeudi à une « riposte écrasante » et a fustigé une « erreur stratégique majeure » des Européens.
Par Hugo Coursier
Publié le 29 janvier 2026

Entre menaces américaines et sanctions inédites de l'UE, l'Iran sous pression.
Les ministres des Affaires étrangères des 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord pour désigner comme « organisation terroriste » les Gardiens de la révolution iraniens, accusés d’avoir orchestré la répression sanglante de la contestation populaire en janvier.
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« La répression ne peut rester sans réponse. Les ministres des Affaires étrangères de l’UE viennent de franchir une étape décisive en désignant les Gardiens de la révolution iraniens comme une organisation terroriste. Tout régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte », a écrit la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, sur les réseaux sociaux.
Repression cannot go unanswered.
— Kaja Kallas (@kajakallas) January 29, 2026
EU Foreign Ministers just took the decisive step of designating Iran’s Revolutionary Guard as a terrorist organisation.
Any regime that kills thousands of its own people is working toward its own demise.
« ‘Terroriste’, c’est bien ainsi que l’on qualifie un régime qui réprime les manifestations de son propre peuple dans le sang »
, a réagi dans la foulée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen sur X.
La décision de ce jeudi donne le feu vert à l’inscription des Gardiens de la révolution iraniens sur la liste de l’UE recensant les organisations terroristes. Cette liste noire du terrorisme de l’Union européenne, est un document officiel qui établit la liste des personnes, groupes et entités impliqués dans des actes de terrorisme.
Les sanctions devraient viser plusieurs membres du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui joue un rôle crucial dans la répression des manifestants. Ils seraient interdits de territoire européen et privés de leurs actifs.
Téhéran a fustigé un acte « irresponsable » et « malveillant »
Les Gardiens de la révolution sont accusés d’avoir commis des massacres dans le vaste mouvement de constatation qui secoue l’Iran, causant des dizaines de milliers de morts.
Téhéran a lui fustigé un acte « irresponsable » et « malveillant », selon un communiqué des forces armées. C’est « une erreur stratégique majeure (…) L’Europe attise le feu », a dénoncé le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, qui multiplie les avertissements aux Occidentaux. Il avait déjà affirmé mercredi que les forces armées avaient « le doigt sur la gâchette », prêtes à répondre à toute attaque américaine.
L’Union européenne a placé jeudi 15 hauts responsables iraniens et des organismes sur sa liste des sanctions pour leur violente répression des manifestations populaires en Iran, dont le ministre de l’Intérieur, Eskandar Momeni. Ce dernier supervise les forces de l’ordre iraniennes, qui sont « responsables de violations flagrantes et graves des droits de l’homme dans le pays », indique l’UE dans son Journal officiel.
Au total, quelque 21 entités et individus sont ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’Union européenne et le gel de leurs avoirs sur le territoire des Vingt-Sept. Selon un communiqué du Quai d’Orsay, cette décision de sanctions « entre en vigueur aussitôt ».
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