Face à l’entrisme islamiste, il est temps d’agir — vraiment !
Il aura fallu du temps. Trop de temps. Alors que les signaux d’alarme s'accumulaient, que les rapports se succédaient, et que les agents du renseignement alertaient en coulisses, la réaction de l’exécutif s’est fait attendre. Six semaines après la révélation par Le Figaro d’un rapport explosif sur l’entrisme des Frères musulmans en France, Emmanuel Macron a enfin dévoilé, à l’issue d’un Conseil de défense, une série de mesures visant à contrer l’offensive silencieuse mais méthodique de cette organisation islamiste.
Par Kamel Bencheikh
Publié le 22 juillet 2025

Ce que la France affronte aujourd’hui, ce n’est pas une religion, mais un projet politique totalitaire, habillé des oripeaux du sacré. Un projet qui avance masqué, qui investit les failles, qui joue de notre tolérance pour mieux la retourner contre nous.
Le constat est implacable. Sur 73 pages, les services de renseignement décrivent une stratégie d’infiltration systémique des structures éducatives, associatives et culturelles, dans le but assumé d’imposer à terme une vision fondamentaliste de l’islam, incompatible avec les principes républicains. Derrière le voile pudique des associations ou des fondations philanthropiques, une mécanique d’endoctrinement s’installe, patiemment.
Si le président de la République a fini par acter une série de mesures — élargissement des procédures de dissolution aux fonds de dotation, gel des avoirs financiers, renforcement des contrôles fiscaux et des dispositifs d’enseignement à distance — leur efficacité dépendra entièrement de leur mise en œuvre, de leur suivi et du courage politique à affronter les résistances internes, notamment au Quai d’Orsay, peu enclin à froisser certaines capitales du Golfe ou d’Afrique du Nord.
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La France dispose d’un atout encore trop peu sollicité : ses chercheurs, ses diplomates, ses analystes les plus aguerris. Gilles Kepel, fin connaisseur des réseaux islamistes et de leur implantation progressive dans nos territoires, ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. François Gouyette, ancien ambassadeur, a livré un rapport lucide et courageux sur l’entrisme frériste.
Car l’enjeu est là : la République doit cesser de se montrer frileuse devant ceux qui, tout en profitant de ses libertés, œuvrent à sa déconstruction. Le double langage, la taqiya — cette stratégie de dissimulation propre aux Frères musulmans — exige une riposte lucide, cohérente, déterminée. Les mots ne suffisent plus. Il faut des actes, des lois, des moyens, mais surtout une volonté ferme de ne pas se laisser intimider par les chantages identitaires ou les accusations pavloviennes d’« islamophobie ».
Or, dans cette bataille, la France dispose d’un atout encore trop peu sollicité : ses chercheurs, ses diplomates, ses analystes les plus aguerris. Gilles Kepel, fin connaisseur des réseaux islamistes et de leur implantation progressive dans nos territoires, ne cesse de tirer la sonnette d’alarme. François Gouyette, ancien ambassadeur, a livré un rapport lucide et courageux sur l’entrisme frériste. Ils devraient être écoutés, consultés, appuyés. Ce sont eux qui, depuis des années, cartographient les lignes de fracture et décryptent les logiques d’emprise. Ce sont eux qui doivent éclairer l’action publique.
Il faut un sursaut national. Une mobilisation de tous les acteurs républicains, des élus locaux aux magistrats, des préfets aux enseignants, des universitaires aux citoyens. Il faut cesser de tergiverser, de craindre les mots, de reculer devant les procès en stigmatisation. Car nommer le danger, ce n’est pas trahir la République, c’est lui rester fidèle.
Attendre davantage, c’est se condamner à subir. À laisser le champ libre à ceux qui exploitent les failles de notre système démocratique pour imposer, à bas bruit, des normes religieuses et sociales incompatibles avec notre modèle de société. À l’approche des municipales de 2026, les signaux sont déjà là : listes communautaires, clientélismes assumés, complaisances idéologiques. Le ministre de l’Intérieur lui-même le reconnaît : l’entrisme islamiste a progressé « profondément », souvent à bas bruit, dans l’indifférence ou l’aveuglement volontaire.
Il ne suffit pas d’un Conseil de défense pour conjurer cette menace. Il faut un sursaut national. Une mobilisation de tous les acteurs républicains, des élus locaux aux magistrats, des préfets aux enseignants, des universitaires aux citoyens. Il faut cesser de tergiverser, de craindre les mots, de reculer devant les procès en stigmatisation. Car nommer le danger, ce n’est pas trahir la République, c’est lui rester fidèle.
Ce que la France affronte aujourd’hui, ce n’est pas une religion, mais un projet politique totalitaire, habillé des oripeaux du sacré. Un projet qui avance masqué, qui investit les failles, qui joue de notre tolérance pour mieux la retourner contre nous. Contre cela, il faut des digues solides, une vigilance constante, une doctrine claire.
Et surtout, il faut agir. Maintenant. Avant que le verbe « résister » ne devienne un mot d’archive.
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