Boualem Sansal fêté par la Belgique du cœur

Par Kamel Bencheikh

Publié le 25 avril 2026

Boualem Sansal fêté par la Belgique du cœur

Boualem Sansal, en compagnie de Kamel Bencheikh, fait son entrée ce samedi à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

© Rupture

Depuis Bruxelles, où je me trouve depuis hier avec Boualem Sansal, une séquence particulière s’écrit autour du grand écrivain. Nous avons passé ensemble une journée à la fois dense et claire, en présence de Marc Beissel du comité belge de soutien, dont l’engagement constant donne à ces moments une portée collective.

Ce samedi 25 avril constitue un jalon important dans le parcours de mon ami : son entrée officielle à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Cette reconnaissance prend un relief particulier au regard des mois écoulés, marqués par une épreuve carcérale suivie d’un retour très exposé dans le débat intellectuel.

Son élection remonte à la fin octobre 2025, alors qu’il était encore détenu en Algérie. Il occupe désormais le fauteuil 37, l’un des dix réservés aux membres étrangers au sein de l’institution. Ce siège avait auparavant été attribué à Georges Duby puis à Michel del Castillo, inscrivant son arrivée dans une continuité prestigieuse.

Libéré le 12 novembre dernier après une année d’emprisonnement, il a d’abord suscité un vaste élan de solidarité. Celui-ci a peu à peu laissé place, dans certains espaces médiatiques, à des controverses nourries par des éléments infondés, venus troubler la lecture de son parcours récent.

Parallèlement, son actualité éditoriale a connu un tournant notable : élu fin janvier à l’Académie française, l’auteur de Le Serment des barbaresLe Village de l’Allemand et 2084. La fin du monde a quitté Gallimard, qui publiait ses œuvres depuis plus de deux décennies, pour rejoindre Grasset.

La veille, dans les salons de l’Académie, il s’est entretenu avec les journalistes de La Libre Belgique. Il y a réaffirmé, sans détour, une position qui traverse toute son œuvre et son engagement :

« J’ai toujours été clivant. En Algérie, je l’étais parce que je critiquais l’islamisme à l’époque.
Il n’y a aucune raison pour que ça change. Les gens pensent ce qu’ils veulent. Si on devient un intellectuel qui n’est pas capable de supporter les critiques, il vaut mieux rester chez soi. Tout au long de l’histoire, les intellectuels qui sortaient du cadre ont été pendus, guillotinés depuis Giordano Bruno, en Italie. Dans les pays de l’Est, c’était les goulags. Moi, je sors de prison. Cela ne finira jamais. »

La journée qui s’ouvre aujourd’hui dépasse donc la seule dimension institutionnelle. Elle rassemble autour de lui ses proches, ses soutiens — en Belgique comme à l’international — et tous ceux qui, depuis des mois, suivent et accompagnent un parcours où la littérature, la liberté et l’épreuve personnelle demeurent étroitement liées.

K. B.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non