Après l’éclipse : les urgences ophtalmologiques ont vu arriver les imprudents

L’éclipse du 12 août a été spectaculaire. Jusqu’à 99,5 % d’occultation dans le Sud-Ouest, plus de 90 % sur une large partie du territoire. Le maximum vers 20 h 20. Des milliers de Français ont levé les yeux. Certains sans protection. Le lendemain, les urgences ophtalmologiques ont enregistré les premiers retours.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 14 août 2026

Après l’éclipse : les urgences ophtalmologiques ont vu arriver les imprudents

Les lunettes de protection coûtent quelques euros et sont vendues partout ; pourtant certains ont préféré improviser.

À l’hôpital Fondation Adolphe de Rothschild, à Paris, une dizaine de patients dès le soir du 12. Entre 20 h et 11 h le lendemain, 18 consultations liées à l’éclipse. Brûlures, picotements, tache noire dans le champ de vision. Aucune hospitalisation. La plupart avaient regardé avec des jumelles, des lunettes de soleil ordinaire ou à l’œil nu. À Mont-de-Marsan, plusieurs appels pour sensation de brûlure. Examens rassurants, pas de lésion. Dans le Pas-de-Calais, +20 % de consultations le 13. Pas d’afflux massif, beaucoup de peurs, peu de dégâts confirmés pour l’instant.

Deux lésions possibles. La kératite (cornée) : douleur, larmoiement, sensation de grain de sable. Elle cicatrise en 24-48 heures. La rétinopathie solaire (rétine, macula) : indolore sur le coup. Symptômes qui apparaissent plus tard : tache sombre centrale fixe, vision floue, lignes ondulées, difficulté à lire. Peut être définitive.

La question n’est pas « Est-ce que j’ai mal ? », mais « Est-ce que je vois exactement comme avant ? ». Si une tache, une déformation ou une baisse de vision apparaît, consulter sans attendre.

Mais au-delà des chiffres, une interrogation s’impose. Les Français ne font pas face à leurs responsabilités et attendent trop de l’État. Acheter de simples lunettes de protection est-il un problème ? Ces lunettes coûtent quelques euros, sont vendues partout, et les consignes ont été répétées pendant des semaines. Pourtant, certains ont préféré improviser, puis se présenter aux urgences dès le lendemain. Comme si la prévention relevait de l’État, et non de chacun. Comme si le système de santé devait absorber les conséquences d’un choix individuel aussi basique.

Le bilan définitif des brûlures rétiniennes arrivera dans les prochains jours. Pour l’instant, il reste mesuré. Mais le spectacle a aussi révélé quelque chose de plus durable : une difficulté à assumer le minimum de précaution personnelle.

M. D. P.

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