Vingt-deux femmes djihadistes seront jugées devant la cour d’assises en 2026
Ces dernières années, la chronique judiciaire a été marquée par des procès des terroristes qui ont commis des attentats en France, notamment ceux des attaques contre Charlie Hebdo, de l'Hyper Cacher, du 13-Novembre, de Nice et de l’assassinat de Samuel Paty. Cette année et l'année prochaine seront jugées des femmes ayant fait le djihad en Syrie et en Irak, vingt-deux en 2026, onze en 2027. C'est ce qu'a annoncé le Parquet national antiterroriste.
Par Karim Maloum
Publié le 5 mars 2026

Le Parquet national antiterroriste avait annoncé en septembre 2025 le rapatriement sur le territoire français de trois femmes âgées de 18 à 34 ans et dix enfants depuis les camps de prisonniers djihadistes dans le nord-est de la Syrie.
Le Parquet national antiterroriste a annoncé que vingt-deux femmes qui ont fait le djihad en Irak et en Syrie seront jugées en France en 2026 et onze en 2027. Elles seront présentées devant une cour d’assises spécialement constituée. Elles avaient entre 14 et 34 ans lorsqu’elles ont quitté le territoire français.
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Comment expliquer qu’elles aient pu quitter le territoire français en échappant à la vigilance du renseignement ? Sans doute parce que les services ont longtemps ignoré la dangerosité des femmes islamistes radicalisées et adeptes du djihad.
Certains ont tendance à minimiser la responsabilité de ces femmes jihadistes, à les considérer davantage comme des victimes. Certaines sont des converties qui se sont vite radicalisées. Personne ne les a forcées à rejoindre les jihadistes en Syrie et en Irak. Pour rappel, la première femme kamikaze occidentale a été une Belge en Irak en 2005.
417 Françaises sont allées faire le djihad en Syrie et en Irak
Entre 2012 et 2018, 417 Françaises en tout ont quitté leur pays pour aller faire le djihad en Syrie et en Irak. Actuellement, d’après les estimations des services de renseignement français, 690 djihadistes français se trouvent actuellement en Irak et en Syrie. Parmi eux, 295 femmes et 28 combattants mineurs de plus de quinze ans.
Au sujet de celles qui passeront en justice cette année, le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, cité par le journal Le Figaro, souligne un élément qu’il considère comme « préoccupant » : « Sur 22 femmes, 15 ont été arrêtées par les Kurdes à Bhagouz, ville d’Irak où s’est jouée la fin du califat, en mars 2019. Autrement dit, ce sont des femmes qui ont suivi l’État islamique jusqu’au bout, jusqu’à la défaite, souvent accompagnées par leurs enfants malgré les dangers des combats. »
Le retour de ces femmes, qui sont des terroristes comme les autres, pourrait poser des problèmes de sécurité. Cela pourrait aussi apporter de l’eau au moulin de l’islamisme, qui constitue un facteur de fragmentation sociale, un ferment de tensions qui nuit à la cohésion nationale et menace les valeurs fondamentales de la République.
Rappelons que le Parquet national antiterroriste avait annoncé en septembre 2025 le rapatriement sur le territoire français de trois femmes âgées de 18 à 34 ans et dix enfants depuis les camps de prisonniers djihadistes dans le nord-est de la Syrie.
Figures féminines françaises du djihad
Il y a en France des figures féminines du djihad. Elles se prénomment Sarra, Camille, Souad ou Hayat. Des images de Hayat Boumediene, diffusée en janvier 2015, avaient frappé les esprits. La jeune femme enceinte venait de rejoindre la Syrie, quelques jours seulement avant que son compagnon Amedy Coulibaly ne tue une policière à Montrouge puis n’abatte froidement quatre personnes dans l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes.
Agée de 41 ans, Émilie König a passé dix ans en Syrie, dont cinq ans en détention. Elle s’est convertie à l’islam au début des années 2000 et elle est partie en 2012 en Syrie, où elle a épousé un homme, issu d’une filière jihadiste de Nîmes et qui allait être tué au combat. Elle a été interpellée en 2017 par les forces kurdes en Syrie. Elle a été rapatriée en France en juillet 2022 avec 15 autres femmes djihadistes de nationalité française.
Émilie König sera jugée en cour d’assises, selon la décision du Parquet national antiterroriste, en septembre 2025, et ce pour le motif d’association de malfaiteurs terroriste criminelle. Émilie König est présentée comme une « véritable égérie » de l’organisation terroriste dite État islamique.
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