Actuellement, de nombreux djihadistes français se trouvent dans la nature en Irak et en Syrie, mais demain… en France?

Des Français liés au groupe d'État Islamique ont été remis aux autorités irakiennes après avoir été détenus par les forces kurdes syriennes jusqu'à présent. D'autres ont exploité les combats entre l'armée de Damas et les forces kurdes pour disparaître dans la nature. Les jihadistes qui ont semé la terreur en Syrie finiraient finalement par rentrer dans leur pays. Le gouvernement français s'est-il préparé à leur retour? Un Jihadiste restera-t-il toujours un jihadiste?

Par Karim Maloum

Publié le 22 février 2026

Actuellement, de nombreux djihadistes français se trouvent dans la nature en Irak et en Syrie, mais demain… en France?

Le Français Rachid Kassim, tué en février 2017 lors d'une frappe de drones US, était le commanditaire présumé de projets d'attentats en France.

La question du retour des djihadistes se fait de plus en plus pressante. Les djihadistes français prisonniers en Irak seront jugés en Irak, a affirmé en 2017, l’ancien ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, ajoutant que le cas des enfants serait traité « au cas par cas ». « S’il y a des prisonniers en Irak, les choses sont simples : c’est aux autorités judiciaires irakiennes de traiter la situation des hommes et des femmes combattantes »

La réalité est tout à fait différente. La prise de Damas par les islamistes syriens, dimanche 8 décembre 2024 et la fuite annoncée du président représentent un tournant pour la Syrie. Cette prise de pouvoir en Syrie par des jihadistes en tenue de costume-cravate a chamboulé la donne.

Depuis la chute de Bachar al-Assad, il y a eu un cycle de violences sans précédent. Les Alaouites, sunnites, Kurdes, chrétiens sont régulièrement attaqués. Sous la pression militaire de Damas, un accord a été annoncé le 30 janvier qui impose aux Kurdes d’intégrer leurs forces militaires et leurs institutions civiles au sein de l’État.

Les jihadistes ont exploité les combats entre l’armée de Damas et les forces kurdes pour anéantir le fragile système carcéral hérité de la chute du « califat ». Les prisons sont devenues vides. Des membres de l’État islamique disparaissent dans la nature, parmi eux, des Français. D’après les ONG présentes dans le camp d’Al-Hol, environ 10 000 femmes et enfants liés à l’EI se seraient volatilisés en quelques jours.

690 djihadistes français se trouvent actuellement en Irak et en Syrie

D’après les estimations des services de renseignement français, 690 djihadistes français se trouvent actuellement en Irak et en Syrie. Parmi eux, 295 femmes et 28 combattants mineurs de plus de quinze ans.

Le retour de ces terroristes poserait de sérieux problèmes de sécurité. De nos jours, la tendance islamiste est un facteur de fragmentation sociale, un ferment de tensions qui nuit à la cohésion nationale et menace les valeurs fondamentales de la République.

Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot est en visite à Damas, ce jeudi 5 février, pour affirmer que la lutte contre l’organisation terroriste dite État islamique ou Daech est une « priorité absolue pour la France ».
« Depuis dix ans, la France s’est battue, a combattu sans relâche et sans pitié, les terroristes de Daech en Irak comme en Syrie », a déclaré Jean-Noël Barrot après s’être entretenu avec son homologue syrien Assaad al-Chaibani. « Je suis venu, a-t-il ajouté, réaffirmer cette priorité absolue de la France ici en Syrie. » Oui, c’est bien de dire que l’on lutte contre le terrorisme. Qui dira le contraire ? La preuve est dans cette même information. Même d’anciens chefs terroristes le clament.

Le gouvernement redouble de prudence sur le sujet dans un pays toujours marqué du souvenir des sanglants attentats de 2015, en partie perpétrés par des « revenants » de Syrie.

Ces jihadistes sont des ennemis, ils ont combattu la France. Ils ont contribué à faire en sorte qu’il y ait des attentats dans ce pays. Mais les différents gouvernements redoublent de prudence sur le sujet dans un pays toujours marqué du souvenir des sanglants attentats de 2015, en partie perpétrés par des « revenants » de Syrie.

K. M.

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