Émouvant hommage national rendu au sergent Girardin

Ros, le chien du sergent Anicet Girardin tué au Liban, a été décoré de la croix de la Valeur militaire

La France a rendu mardi un hommage national au caporal-chef Anicet Girardin, maître-chien au 132ᵉ régiment d’infanterie cynotechnique, décédé le 22 avril des suites de ses blessures reçues lors d’une embuscade attribuée au Hezbollah au sud du Liban. Ros, le chien du militaire français tué au combat a été décoré de la croix de la valeur militaire.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 29 avril 2026

Ros, le chien du sergent Anicet Girardin tué au Liban, a été décoré de la croix de la Valeur militaire

Trois soldats français tués au Moyen-Orient depuis le 28 février.

La cérémonie, organisée en fin de matinée au 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes auquel appartenait Anicet Girardin, était présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, en présence du chef d’état-major de l’armée de terre, le général Pierre Schill.

« La nation s’incline devant le sergent Anicet Girardin (…), le 145e mort pour la France au Liban depuis 1978 », a déclaré Mme Vautrin. Elle a rendu hommage, devant son cercueil recouvert du drapeau tricolore, à un homme « consciencieux, discret, d’une fiabilité absolue » et qui était « apprécié de tous »

Âgé de seulement 31 ans, ce soldat expérimenté, père d’un enfant de deux ans, incarne le courage discret et la fidélité absolue de ceux qui servent la Nation dans l’ombre. 

L’émouvant destin du caporal-chef Anicet Girardin

Né à Reims le 12 avril 1995, Anicet Girardin s’était engagé il y a une dizaine d’années. Passionné par les animaux, il avait choisi la spécialité exigeante de maître-chien, une vocation qui unit l’homme et l’animal dans un binôme indissociable.

D’abord avec Jokko, puis surtout avec Ros, son fidèle compagnon depuis 2020, il avait multiplié les missions de déminage, de recherche et de sécurisation, notamment au Mali en 2022 et au Liban dès 2019. Déployé de nouveau au sein de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) depuis le 23 janvier 2026, il dirigeait une équipe cynotechnique aux côtés de Ros. 

Le samedi 18 avril, lors d’une patrouille dans le secteur de Deir Kifa, son unité fut violemment prise à partie par des tirs nourris de combattants du Hezbollah embusqués à très courte distance. Alors que son chef d’élément venait de tomber, Anicet Girardin s’élança sans hésiter pour lui porter secours. C’est à cet instant qu’il fut grièvement touché. Rapatrié en urgence en France, il succomba quatre jours plus tard à l’hôpital. « Il est mort pour la France », avait déclaré le président Emmanuel Macron dans un message sur les réseaux sociaux. 

Ros, le binôme silencieux

Au-delà de l’uniforme, c’est le lien unique entre Anicet et son chien Ros qui a marqué ses camarades. Ros n’était pas un simple outil opérationnel : il représentait le regard alerte, la confiance mutuelle et la fraternité au quotidien.

Ensemble, ils avaient affronté les dangers invisibles  explosifs, terrains hostiles, silences des nuits de veille. Après l’attaque, Ros a été récupéré et ramené en France. Lors de la cérémonie d’hommage au régiment de Suippes, l’animal a été décoré de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze, reconnaissance symbolique de cette union qui transcende la mort. 

« Un meneur d’hommes charismatique, apprécié de tous », ont témoigné ses supérieurs. Engagé, père de famille et passionné, Anicet Girardin laisse derrière lui une épouse, un jeune enfant et une communauté militaire endeuillée.

Le chien du sergent Anicet Girardin, mort à 31 ans des suites de ses blessures après une embuscade au Liban, a reçu la croix de la Valeur militaire.

L’absence du chef des Armées

Si la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, présidaient la cérémonie à Suippes, l’absence remarquée du président de la République, chef des Armées, n’est pas passée inaperçue. Alors que la Nation honorait l’un des siens tombé en mission, Emmanuel Macron était absent. 

Dans un pays où la tradition veut que le président rende hommage en personne aux soldats « morts pour la France », cette distance interroge. 

Cette absence, perçue comme un manque de considération par de nombreux militaires et familles de soldats, contraste avec la gravité du sacrifice consenti par le caporal-chef Girardin et son prédécesseur dans la même embuscade, l’adjudant Florian Montorio.

La France, qui déploie près de 700 militaires au sein de la FINUL, paie un lourd tribut dans une région instable. Deux de ses fils sont tombés en quelques jours. Leur mémoire exige davantage qu’une communication à distance elle appelle à une reconnaissance pleine et entière de la Nation, incarnée par son plus haut représentant.

Repose en paix, caporal-chef Anicet Girardin. Ton engagement, ton courage et le lien indéfectible qui t’unissait à Ros resteront gravés dans la mémoire collective. Ros, témoin muet d’une fidélité absolue, porte désormais le flambeau de votre fraternité.

M. D. P.

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