L’Iran inflexible sur Ormuz, Trump invite les Américains à payer leur essence plus cher et durcit le ton contre l’Iran

Washington menace l’Iran d’un isolement «jamais vu», loin des promesses d’apaisement autour d’Ormuz. Les pourparlers de paix semblent au point mort, rien n'indique que l'on se dirige vers une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient et une reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. L'Iran a invité samedi les États-Unis à reconnaître qu'ils ont perdu la guerre autour du détroit d'Ormuz, quelques heures après que Donald Trump a demandé aux Américains de se préparer au fait que les prix de l'essence resteraient durablement élevés.

Par Karim Maloum

Publié le 15 août 2026

L’Iran inflexible sur Ormuz, Trump invite les Américains à payer leur essence plus cher et durcit le ton contre l’Iran

Les États-Unis disent régulièrement contrôler le détroit d'Ormuz, seuls deux navires l'ont traversé vendredi, dont aucun pétrolier.

Donald Trump a dit vendredi qu’une fois l’Iran battu, il déclarerait le très stratégique détroit d’Ormuz comme un « territoire des Etats-Unis », sur un ton laissant penser qu’il plaisantait.

Il a aussi défendu sa décision d’entrer en guerre pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, disant qu’il ne s’ »excuserait jamais » pour cela en dépit de la hausse du prix du carburant subie par les Américains.

«Une fois que nous aurons fini de battre l’Iran (…), bientôt je déclarerai le détroit d’Ormuz comme étant un territoire des États-Unis», a dit le président américain, avec un petit sourire, pendant un meeting à Garden City, près de New York. Donald Trump répète que les États-Unis ont le «contrôle» du détroit d’Ormuz, une affirmation que Téhéran a qualifiée de «mensonge».

 L’Iran a invité samedi les États-Unis à reconnaître qu’ils ont perdu la guerre autour du détroit d’Ormuz, quelques heures après que Donald Trump a demandé aux Américains de se préparer au fait que les prix de l’essence resteraient durablement élevés.

Quelques heures plus tard, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a assuré que le détroit d’Ormuz « restera iranien ».

« Le détroit ne sera ouvert et fermé que sur décision de l’Iran, et tant que vous n’accepterez pas la réalité de la défaite et que vous continuerez à vous bercer d’illusions, l’Iran continuera à imposer le blocus », a écrit samedi sur la plateforme X le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi.

Seuls deux navires ont traversé vendredi le détroit d’Ormuz

Pourtant, alors que les États-Unis disent régulièrement contrôler le détroit d’Ormuz, seuls deux navires l’ont traversé vendredi, dont aucun pétrolier. Et même s’il est possible que d’autres l’aient fait en éteignant leurs transpondeurs, le trafic est quasi nul et les risques considérables, comme l’ont rappelé les attaques menées jeudi soir contre deux navires de la Compagnie nationale pétrolière d’Abou Dhabi.

Les États-Unis ont adopté un ton plus ferme à l’égard de Téhéran ces derniers jours. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a menacé l’Iran d’une combinaison d’« isolement économique comme le monde n’en a jamais vu » et de la poursuite du blocus visant ses ports. Il a également promis de nouvelles annonces la semaine prochaine. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a de son côté assuré que le blocus des ports iraniens pourrait être maintenu « aussi longtemps que nécessaire », sans évoquer d’échéance.

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l’arme économique: « Le pétrole a baissé et il est beaucoup plus bas que les sommets atteints au début du conflit. Voilà l’objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains », a-t-il assuré, avant d’ajouter que « l’objectif numéro deux est évidemment d’assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ».

Les pourparlers de paix au point mort

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araqchi a déclaré de son côté que Téhéran n’avait pas décidé de reprendre les négociations avec les États-Unis. Dans une interview publiée samedi par le média iranien Shahrara News, il ajoute qu’il incombe à Washington de respecter ses engagements avant toute reprise de la navigation dans le détroit d’Ormuz.

Alors que les pourparlers de paix semblent au point mort, rien n’indique que l’on se dirige vers une fin prochaine de la guerre au Moyen-Orient et une reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. Le pétrole repart à la hausse

Ce durcissement du discours américain a soutenu les cours du pétrole vendredi. Le Brent de la mer du Nord a gagné 1,67 % pour atteindre 88,52 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a progressé de 1,42 %, à 82,40 dollars.

Par rapport au niveau d’avant la guerre, le prix de l’essence aux Etats-Unis s’affichait vendredi en hausse de plus de 35 %. Le conflit est impopulaire et le mécontentement des ménages face au coût de la vie vaut à la cote de popularité de Donald Trump d’avoir fortement baissé.

K. M.

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