Washington menace l’Iran d’un isolement économique « jamais vu », loin des promesses d’accord sur Ormuz

Les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont remontées d’un cran, alors que Washington promettait pourtant début août un accord imminent pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Abou Dhabi a dénoncé des « actes de piraterie » commis par les gardiens de la révolution iraniens, après cette attaque qui aurait eu lieu jeudi 13 août au soir. Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a mis en garde Téhéran d’un isolement économique «comme le monde n’en a jamais vu».

Par Hugo Coursier

Publié le 14 août 2026

Washington menace l’Iran d’un isolement économique « jamais vu », loin des promesses d’accord sur Ormuz

Scott Bessent a menacé ce jeudi l'Iran d'un isolement économique "jamais vu". Le secrétaire américain au Trésor confirme que les négociations avec Téhéran sont au point mort.

Le ton a changé en quelques jours : le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible «aujourd’hui ou demain» pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. Il a menacé Téhéran ce jeudi d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu". Il y a déjà plusieurs années que l'Iran est isolé sur le plan économique.

Le ton a changé en quelques jours : le 4 août, le même Scott Bessent évoquait un accord possible «aujourd’hui ou demain» pour rouvrir ce passage stratégique du commerce mondial d’hydrocarbures. Il a menacé Téhéran ce jeudi d’un isolement économique « comme le monde n’en a jamais vu ». Il y a déjà plusieurs années que l’Iran est isolé sur le plan économique.

« La poursuite du blocus dans le détroit d’Ormuz, qui empêchera quoi que ce soit d’entrer ou de sortir des ports iraniens », a cette fois déclaré Scott Bessent, sans préciser la nature des mesures. « Restez à l’écoute, d’autres annonces arrivent la semaine prochaine. »
Cette nouvelle escalade verbale intervient alors que la guerre, déclenchée fin février par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, approche de son sixième mois: le protocole d’accord conclu en juin pour y mettre durablement fin a volé en éclats début juillet, avant que Donald Trump ne suspende les frappes à la fin du mois, en conditionnant cette pause à la conclusion rapide d’un accord.

Avant Scott Bessent, le vice-président JD Vance avait affiché jeudi sur Fox News la priorité donnée à l’arme économique: « Le pétrole a baissé et il est beaucoup plus bas que les sommets atteints au début du conflit. Voilà l’objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains », a-t-il assuré, avant d’ajouter que « l’objectif numéro deux est évidemment d’assurer que l’Iran ne se dote jamais de l’arme nucléaire ».

M. Bessent a, lui, présenté sa stratégie comme la combinaison de deux leviers, l’asphyxie financière et le blocus physique, citant Cuba et le Venezuela en comparaison: « Le Venezuela s’est immédiatement effondré quand nous avons imposé le blocus », s’est-il félicité.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a accusé jeudi les États-Unis de « mauvais calculs » liés à des défaillances du renseignement. « Un exemple: la guerre contre l’Iran. Maintenant, un mauvais calcul encore plus important sur le détroit d’Ormuz », a-t-il écrit sur X.

Les mollahs défient Donald Trump. L’Iran maintiendra son blocage du détroit d’Ormuz jusqu’à ce que les États-Unis acceptent « toutes » ses conditions, ont déclaré dimanche 9 août les gardiens de la révolution, puissante force armée iranienne, selon la télévision d’État.

« Notre stratégie actuelle est de maintenir ce détroit fermé jusqu’à ce que l’ennemi accepte toutes nos conditions », a déclaré le porte-parole des Gardiens, Hossein Mohebi, cité par la télévision d’État, ajoutant que cette route maritime stratégique est « désormais en réalité un théâtre de guerre pour nous et pas seulement une voie navigable ».

Les Emirats dénoncent une attaque iranienne contre deux navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz

Nouvelles tensions dans le détroit d’Ormuz. Les Émirats arabes unis ont dénoncé jeudi 13 août une attaque par l’Iran de deux navires affiliés à la compagnie pétrolière publique Abu Dhabi National Oil Company (ADNOC) qui franchissaient le détroit d’Ormuz, évoquant « des actes de piraterie » des Gardiens de la Révolution iraniens.

« Les Émirats arabes unis ont fermement condamné et dénoncé l’attaque hostile iranienne qui a visé deux navires affiliés à ADNOC alors qu’ils traversaient le détroit d’Ormuz, aucune blessure n’ayant été signalée », a indiqué le ministère des Affaires étrangères émirati dans un communiqué.

« Le ciblage de la navigation commerciale et l’utilisation du détroit d’Ormuz comme outil de coercition ou de chantage économiques représentent des actes de piraterie commis par le corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran, et constituent une menace directe pour la stabilité de la région, de ses peuples, ainsi que pour la sécurité énergétique mondiale », a-t-il écrit.

Abou Dhabi demande à l’Iran de « rouvrir complètement et sans condition le détroit d’Ormuz afin de préserver la sécurité régionale et de maintenir la stabilité de l’économie et du commerce mondiaux ».

H. C.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non