« L’économie est à l’arrêt » : la croissance cale à nouveau et la France frôle la récession et ira «dans le mur» sans budget, alerte Roland Lescure
L'économie française est de plus en plus affectée par les mauvaises nouvelles. Le ministre de l'Économie a regretté une "conjonction inédite" entre blocage du détroit d'Ormuz et canicules, qui justifie cette nouvelle baisse. D'après les nouvelles prévisions de l'Insee, le PIB de la France a enregistré une baisse de 0,1 % au troisième trimestre, après un deuxième trimestre stable et un premier trimestre également en recul de 0,1 %.
Par Karim Maloum
Publié le 30 octobre 2026

Le ministre de l’Économie Roland Lescure, qui n’exclut pas l’usage du 49-3 ou des ordonnances pour doter le pays d’une copie budgétaire.
Une douche froide. C’est une mauvaise nouvelle de plus pour le gouvernement. Sur fond de guerre au Moyen-Orient, après un été marqué par des canicules exceptionnelles et une rentrée sociale inflammable, l’économie française cale à nouveau au troisième trimestre. Le PIB de l’hexagone a légèrement reculé de 0,1 % pendant l’été, selon les premières estimations de l’Insee publiées vendredi matin.
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Le ministre de l’Économie Roland Lescure n’a pu que constater les dégâts ce vendredi sur France Info. Invité de la matinale, le ministre de l’Économie a pu donner ses premières impressions sur les chiffres de la croissance du troisième trimestre. Roland Lescure assène, d’un ton grave, qu’« en 2026, l’économie française est à l’arrêt ». « Ça fait trois trimestres que la croissance n’est pas au rendez-vous […] si on n’a pas le redressement budgétaire qu’on a mis dans le budget, on ira dans le mur », ajoute-t-il.
🗣️🔴 "La France ira dans le mur" sans budget, assure le ministre de l’Économie, Roland Lescure. #canal16 https://t.co/qMDNh2j6O5
— franceinfo (@franceinfo) October 30, 2026
D’ailleurs, dans ses dernières données, l’Insee indique que le produit intérieur brut (PIB) du pays a reculé de 0,1% au troisième trimestre de 2026, après avoir stagné au deuxième et reculé de 0,2 % au premier.
Dans le même temps, l’inflation continue d’accélérer et atteint 3,4% sur un an – au plus haut depuis janvier 2024 -, tandis que la consommation des ménages diminue (-0,5% en octobre). « La conclusion de tout ça, c’est qu’en 2026, l’économie française est à l’arrêt », a alerté le ministre de l’Économie et des Finances, sur Franceinfo.
La France ne va pas à la crise, mais on a besoin d’un budget
Selon le patron de Bercy, cette situation résulte d’une « conjonction inédite » de chocs internes et externes, évoquant notamment la canicule de l’été et les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz qui alimentent la flambée des cours des carburants. «Ça fait trois trimestres que la croissance n’est pas au rendez-vous», a-t-il insisté, alors que la production nationale avait stagné au deuxième trimestre et reculé de 0,2 % au premier.
«La France ne va pas à la crise», mais «aujourd’hui, si on n’a pas le redressement budgétaire qu’on a mis dans le budget, on ira dans le mur», a-t-il prévenu. « Je le dis et je le répète et je le répéterai jusqu’au bout : on a besoin d’un budget, on a besoin d’un déficit budgétaire à 5% ou moins. C’est absolument indispensable » pour « retrouver le chemin de la croissance », a déclaré le ministre. Il a toutefois tenu à rassurer tous les investisseurs et les entreprises sur le fait que « la France ne va pas à la crise ».
Pour rappel, le projet de budget 2027 est actuellement discuté à l’Assemblée nationale. L’exécutif espère faire voter une copie qui ramènera le déficit public en dessous des 5% du PIB, après un exercice précédent pointé à 5,4%.
Le ministre, qui n’exclut pas l’usage du 49-3 ou des ordonnances
Mais son adoption en bonne et due forme par un vote apparaît plus qu’incertaine, faute de majorité gouvernementale au Palais-Bourbon, et à l’approche de l’élection présidentielle. A défaut de miser sur un vote, l’exécutif pourra cependant tenter de faire passer le texte en utilisant le 49.3, voire l’appliquer en recourant à des ordonnances budgétaires.
«On divise sur tout», a-t-il déploré, or «à l’aube d’une élection présidentielle, on devrait être capables de se rassembler sur l’essentiel».
En effet, à six mois de la principale échéance électorale du pays, les risques s’accumulent pour l’Hexagone, tant sur le plan intérieur, avec une colère sociale au plus haut, un déficit chronique des dépenses publiques et une croissance atone, que sur la scène internationale, du détroit d’Ormuz à l’Ukraine.
«Soit on s’en sort ensemble, soit on rentre dans ce choc réel divisé, et ça va empirer les choses», a alerté le ministre, qui n’exclut pas l’usage du 49-3 ou des ordonnances pour doter le pays d’une copie budgétaire dans le cas où le débat parlementaire n’y parvenait pas.
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