32 % du budget de l’Éducation nationale sert à payer les retraites des fonctionnaires, 30 % à l’Intérieur

Transparence inédite. D'après les chiffres publiés, mardi 13 octobre, par Bercy, 32 % du budget de l'Éducation nationale sert à payer les retraites, parfois de fonctionnaires qui n'ont rien à voir avec l'école. Une situation qui démontre à quel point les dépenses sociales occupent une place importante dans les finances publiques.

Par Karim Maloum

Publié le 14 octobre 2026

Le gouvernement a dévoilé ce mardi 13 octobre la part consacrée aux retraites dans les dépenses des ministères.

Le gouvernement a récemment divulgué la part des pensions dans les dépenses publiques, ce qui représente une première en France. Un exercice de transparence réclamé de longue date par de nombreux économistes. Près d’un tiers des crédits de certains ministères financera les retraites des fonctionnaires, selon une annexe du projet de budget 2027 publiée mardi 13 octobre par le gouvernement.

Résultat : dans certains ministères, près d’un tiers du budget ne finance pas l’administration mais paye les pensions d’anciens agents. L’Éducation nationale reverse 28,5 milliards d’euros au CAS Pensions, le dispositif budgétaire qui finance la pension des fonctionnaires de l’État, soit 32% de ses crédits, et 30% à l’Intérieur.

La proportion est de 30 % au ministère de l’Intérieur et d’environ 13 % en moyenne pour l’ensemble des ministères.

Le régime des fonctionnaires d’Etat doit être équilibré en permanence. La raison principale de ces taux élevés est le déséquilibre démographique dans la fonction publique, avec moins d’un cotisant par retraité, alors qu’il en existe 1,5 pour les salariés du privé. Selon le gouvernement, il a été rapporté que l’État a dû combler ce déséquilibre, ce qui a engendré un coût de 41,5 milliards d’euros en 2025.

C’est dans cette optique que l’Institut des politiques publiques (IPP) avait préconisé de distinguer un taux de cotisation employeur, qui serait considéré comme « légitime » dans la fonction publique compte tenu des spécificités du régime de retraite des fonctionnaires, de ce qui relève des subventions d’équilibre de l’État. L’Institut proposait en l’occurrence un taux de 34,7%. La Cour des comptes, elle, l’estimait à 44,1% pour les personnels civils.

Il est essentiel de prendre cela en considération lors des débats qui auront lieu lors des élections présidentielles et législatives sur les dépenses de la France dans le domaine de l’éducation.

K. M.

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