L’antisémitisme : une grave atteinte aux fondements de la République française

Depuis le 13 août, l’agence Gisèle Paris et sa fondatrice Gisèle Journo sont la cible d’une campagne de cyberharcèlement d’une rare violence. Le signal est parti d’un appel au boycott de l’eurodéputée Rima Hassan : l’agence aurait « relayé et soutenu du contenu de l’armée israélienne en plein génocide ». 

Par Marie Dolores Prost

Publié le 19 août 2026

L’antisémitisme : une grave atteinte aux fondements de la République française

L’antisémitisme n’est jamais un problème « communautaire ».

Des influenceurs se désolidarisent, des photos disparaissent, des centaines de messages haineux dont de nombreux explicitement antisémites inondent les réseaux. Le pôle national de lutte contre la haine en ligne a été saisi.Ce n’est pas un simple règlement de comptes. C’est le symptôme d’une maladie qui gangrène la France depuis le 7 octobre 2023.

L’imam Hassen Chalghoumi l’a dit sans détour. L’antisémitisme a changé de visage. Il ne se limite plus aux groupuscules d’extrême droite. Il s’avance désormais sous les habits de la « cause », de la « résistance » et de l’« antisionisme ». Il désigne des cibles, laisse la meute faire le sale travail, puis se tait.

Face à cela, le silence politique et judiciaire est assourdissant. Deux poids, deux mesures. Comme si la peur de certains électorats pesait plus lourd que le devoir de protéger tous les citoyens. L’imam le martèle en tant que musulman et citoyen français : l’antisémitisme n’est pas l’affaire des seuls Juifs. C’est l’affaire de tous ceux qui refusent de voir leur pays se transformer en terre de peur et de division. Ceux qui se taisent aujourd’hui seront responsables demain.

L’antisémitisme n’est jamais un problème « communautaire ». Il est le marqueur d’une société qui accepte que la haine prenne le pas sur le débat, que la pression de la meute remplace la liberté d’opinion, et que certains Français soient contraints de se taire ou de se cacher pour ce qu’ils sont ou pour ce qu’ils pensent. Quand des professionnels sont boycottés et harcelés pour avoir exprimé des positions pro-israéliennes ou simplement refusé de se plier à une doxa, c’est la liberté d’expression et le droit de ne pas se soumettre qui sont attaqués.

Accepter que l’antisémitisme s’installe, qu’il se déguise en combat politique, c’est accepter que la peur gagne et que la France cesse d’être un pays où l’on peut être juif, pro-israélien, ou simplement en désaccord sans risquer d’être mis au ban. L’antisémitisme n’est pas seulement une menace pour les juifs mais aussi une grave atteinte aux fondements de la République française.

M. D. P.

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