Ils ne s’arrêtent jamais…

Quelques-uns des porte-parole de LFI, notamment la présidente du groupe, Mme Panot, annoncent que LFI abolira la loi interdisant le port de l’abaya à l’école. Mme Obono de renchérir : il s’agit d’une pratique discriminatoire. Quel sera le prochain coup ? L’application de la charia en matière d’héritage ? La polygamie ? Après tout, cela fait partie aussi de la foi musulmane puisque c’est écrit dans le Coran.

Par Denis Collin

Publié le 8 septembre 2026

Ils ne s’arrêtent jamais…

Mmes Obono et Panot jugent l'interdiction de l'abaya à l'école discriminatoire ! Pourtant personne n’est discriminé : les catholiques et les athées n’ont pas non plus le droit de porter l’abaya.

Rappelons que le port de tenues distinctives à l’école est condamné par une circulaire du ministre Jean Zay du 31 décembre 1936 qu’il est bon de redonner pour nos lecteurs : « Mes prédécesseurs et moi –même avons appelé déjà à plusieurs reprises votre attention sur les mesures en vue d’éviter et de réprimer toute agitation de source et de but politiques dans les lycées et collèges. Un certain nombre d’incidents récents m’obligent à revenir encore sur ce sujet d’importance capitale pour la tenue des établissements d’enseignement du second degré et d’insister d’autant plus que des modes coutumiers d’infraction font place à des manœuvres d’un genre nouveau.

Ici le tract politique se mêle aux fournitures scolaires. L’intérieur d’un buvard d’apparence inoffensive étale le programme d’un parti. Ailleurs, des recruteurs politiques en viennent à convoquer dans une « permanence » un grand nombre d’enfants de toute origine scolaire, pour leur remettre des papillons et des tracts à l’insu, bien entendu, de leurs parents et les envoyer ensuite les répandre parmi leurs condisciples.

Certes les vrais coupables ne sont pas les enfants ou les jeunes gens, souvent encore peu conscients des risques encourus et dont l’inexpérience et la faculté d’enthousiasme sont exploitées par un esprit de parti sans mesure et sans scrupule. Il importe de protéger nos élèves contre cette audacieuse exploitation. A cet effet, toute l’action désirable devra être aussitôt entreprise auprès des autorités de police par MM. les chefs d’établissements, les inspecteurs d’académie et vous –mêmes.

On devra poursuivre énergiquement la répression de toute tentative politique s’adressant aux élèves ou les employant comme instruments, qu’il s’agisse d’enrôlements directs ou de sollicitations aux abords des locaux scolaires. Je vous rappelle que les lois et règlements généraux de police permettent sans conteste aux autorités locales d’interdire les distributions de tracts dans leur voisinage lorsqu’elles sont de nature à troubler l’ordre, tout spécialement quand le colportage est l’oeuvre de mineurs non autorisés. Une circulaire de M.le ministre de l’Intérieur, en date du 20 mai 1936, a précisé en cette matière les pouvoirs de l’autorité administrative. Il conviendra, le cas échéant, d’appeler sur ce texte l’attention de MM. les préfets.

Éventuellement aussi, on indiquera aux parents qu’un recours leur est ouvert contre les personnes se trouvant, par leur intervention, à la source des sanctions prises contre les enfants. Quant aux élèves, il faut qu’un avertissement collectif et solennel leur soit donné et que ceux d’entre eux qui, malgré cet avertissement, troubleraient l’ordre des établissements d’instruction publique en se faisant à un titre quelconque les auxiliaires de propagandistes politiques, soient l’objet de sanctions sans indulgence. L’intérêt supérieur de la paix à l’intérieur de nos établissements d’enseignement passera avant toute autre considération.

Toute infraction caractérisée et sans excuse sera punie de l’exclusion immédiate de tous les établissements du lieu où elle aura été commise. Dans les cas les plus graves, cette exclusion pourra s’étendre à tous les établissements d’enseignement public. Tout a été fait dans ces dernières années pour mettre à la portée de ceux qui s’en montrent dignes les moyens de s’élever intellectuellement. Il convient qu’une expérience d’un si puissant intérêt social se développe dans la sérénité. Ceux qui voudraient la troubler n’ont pas leur place dans les écoles qui doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas ».

Rien à retirer de ce texte clair et conforme à l’esprit de la République laïque, une et indivisible. Mais Mmes Obono et Panot jugent cela discriminatoire ! Pourtant personne n’est discriminé : les catholiques et les athées n’ont pas non plus le droit de porter l’abaya. Ou alors il faut admettre que toutes les croyances peuvent s’afficher à l’école. Le port du kirpavtoin (sabre sikh) est obligatoire pour les Sikhs initiés : faudra-t-il le rendre licite pour ne pas être « discriminatoire » ? Les idéologies politiques réclameront leur place : pourquoi se limiter aux religions ? On pourrait autoriser le port de la croix gammée pendant qu’on y est, c’est une croix comme une autre ?

En fait le projet politique de LFI est radicalement anti-républicain. Ils ne veulent pas une VIe République, mais l’abolition de la République au profit du chaos communautariste, selon le modèle anglais où l’on voit le maire paki de Birmingham interdire le drapeau britannique, car il pourrait offenser les musulmans.

Mais toutes les communautés et toutes les religions n’obtiennent pas la même sollicitude de la part de LFI qui considère que le catholicisme est ce qu’il y a de pire, qui refuse de fait aux musulmans de s’émanciper des prescriptions wahhabites et valide ainsi la version la plus obscurantiste et réactionnaire de l’islam. Si on tire le fil jusqu’au bout, si on étudie l’évolution de LFI et de son chef Mélenchon, on ne peut qu’observer la radicalisation de ce mouvement dans le sens de l’islamisme le plus dangereux, celui de l’entreprise de subversion des Frères Musulmans – pourtant classés dans de nombreux pays musulmans comme organisation terroriste.  À côté de cette ligne directrice, les revendications économiques et sociales, parfois franchement farfelues, ne sont là que comme couverture et attrape-nigaud pour les militants « de gauche » qui ont suffisamment de gadoue dans les yeux pour ne pas voir la réalité. Le Mélenchon laïc et patriote de 2017 est mort.

D. C.

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