Attentats de janvier 2015 : Une immense colère et un énorme gâchis !

Par Nicolas Bourez

Publié le 9 janvier 2026

Attentats de janvier 2015 : Une immense colère et un énorme gâchis !

Ils avaient tué Charlie ! Ils avaient osé s’attaquer à notre Charlie Hebdo, ils avaient bafoué notre liberté d’expression.

J’étais dans la routine tranquille de ma vie de directeur d’école pas si facile que ça… mais plutôt satisfaisante à mes yeux. J’étais dans mon quotidien, et dans ma course vers mes lendemains sans savoir pourquoi aller vers ce chemin ni comment réussir à en changer. J’étais un peu endormi dans cette France qui changeait mais qui somnolait de ce changement paisible comme on voulait nous le faire croire. J’étais petit de penser que tout finirait par s’arranger avec un peu de temps, je supposais que nos difficultés, y compris à l’école, étaient passagères et que nous arriverions à retrouver nos couleurs, nos valeurs et que les générations à venir s’intègreraient comme celles du passé. 

Et puis, j’ai pris une déflagration en plein cœur ! Ils avaient tué Charlie ! Ils avaient osé s’attaquer à notre Charlie Hebdo, ils avaient bafoué notre liberté d’expression, ils avaient piétiné notre identité et s’étaient essuyé les pieds dessus. Ils avaient décimé Charlie Hebdo ! Les salauds… d’islamistes !

Le lendemain, j’ai vu les regards, j’ai tout de suite compris qu’il n’y aurait aucune leçon, aucun apprentissage de cette tuerie sans nom, les lendemains allaient méchamment déchanter comme le 8 et le 9 janvier allaient nous le prouver… et de nombreux jours ensuite depuis.

Alors j’ai ressenti une colère immense, froide, rageuse et sans cesse plus grande à force de regarder les images et de voir l’absence de courage, les bougies, la marche de tous pour tous, avec tout le monde y compris ceux qui n’en pensaient pas moins… et je me suis promis de me réveiller. De nommer le mal absolu qui tentait de nous tuer : l’islamisme. De ne pas avoir peur de transmettre notre identité, nos valeurs de liberté et d’expression, notre liberté d’expression, et l’expression de nos libertés ! 

Le silence coupable a gagné du terrain, et le terrorisme a continué sa route mortifère et destructrice

Nous oublions trop de choses et nous pleurons, puis nous recommençons notre vie comme si de rien n’était. L’école en est la preuve vivante, moribonde mais vivante, de notre absence de courage et de notre bavardage sans fin, et surtout sans effet. Que reste-t-il de janvier 2015 ? Des gens qui marchaient ne sont plus Charlie, des gens qui étaient Charlie ne sont plus libres, le silence coupable a gagné du terrain, et le terrorisme a continué sa route mortifère et destructrice, au cœur même de notre école.

Je me suis remis à lire, à écrire et à transmettre farouchement ma colère contre l’obscurantisme. Comment avons-nous pu ne pas réagir plus fort, plus loin, notamment à l’éducation nationale alors que la liberté d’expression est au centre de nos enseignements, au centre de notre métier, et surtout la clé de la réussite de nos élèves. 

L’esprit critique, la volonté de comprendre par soi-même en dehors de tout dogme, la curiosité pour le cheminement intérieur de la réflexion, de la naissance d’une idée à la conception de sa concrétisation en pensée, voilà tout ce qui libère les élèves au fur et à mesure de la journée et les mènent au-delà de leur prédisposition du matin et de leur conditionnement quotidien. Si nous acceptions ces odieux attentats sans dire notre colère, comment lutter ensuite contre les totalitarismes, notamment l’islamisme, tout en laissant penser que nous en étions meurtris. Rien, il ne s’est rien passé. Les gens ont marché, et puis sont retournés travailler, y compris dans les classes. Il n’y a pas eu de prise de conscience, pas de changement de mode de pensée, pas d’état d’âme non plus. 

On s’est habitué, on s’est endormis. Seuls quelques-uns d’entre nous sommes restés en colère

Alors quand on entend les donneurs de leçons habituels nous expliquer les libertés en stigmatisant les esprits restreints, les soi-disant fachos mis au banc des accusés, et les éternelles lâchetés se renouveler d’années en années, d’attentats en attentats, de plus en plus à visages découverts car maintenant plus le discours est islamogauchiste et plus il passe facilement dans l’opinion médiatique et notamment auprès de notre jeunesse, on peut malheureusement se dire qu’on a décimé une deuxième fois Charlie ! 

Onze ans après la tuerie et les attaques des 8 et 9 janvier, notamment à l’hyper cacher de Vincennes, rien n’a vraiment changé mais tout est différent. On s’est habitué, on s’est endormis. Seuls quelques-uns d’entre nous sommes restés en colère, mais nous luttons contre des vents plus forts, contre des courants plus profonds et contre des personnes plus nombreuses. Car les idées sombres ont progressé à la faveur des accommodements déraisonnables et des silences honteux, les yeux baissés pour être sûrs de ne rien voir.

Onze ans plus tard, nous avons laissé le mal se développer au sein même de notre pays, au sein même de notre jeunesse, à l’intérieur même de notre école. L’entrisme islamiste est là, et les yeux de nombreuses personnes sont encore bien fermés… Les caricatures continueront d’être sauvagement combattues, les journalistes dessinateurs et les quelques professeurs clairvoyants ont encore de sacrés soucis à se faire… car ils sont laissés bien seuls sur l’autel du pseudo vivre ensemble dans le but de plus en plus évident d’acheter lâchement un semblant de paix sociale. Jusqu’à quand, jusqu’à quel prix accepterons-nous de payer sans nous mettre enfin tous ensemble en colère ? Et lutter de toutes nos forces enfin réunies contre ce mal absolu qu’est l’islamisme ! 

C’est urgent, il est plus que temps… la jeunesse n’attend pas !

N. B.

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