Gilles « le lâche » ? Vraiment ?!
L'acteur qui incarne Jean Moulin à l'écran est victime d'une cabale abjecte sortie des esprits fanatisés de la gauche totale. Gilles Lellouche a pourtant parfaitement répondu, non pas parce que la question du "journaliste" laissait entrevoir dans LFI un mouvement de résistance au fascisme, mais eu égard à cette page complexe de l'histoire.
Par Jean-Baptiste Chikhi-Budjeia
Publié le 22 mai 2026

Rappelons préalablement que Jean Moulin était membre du Parti Radical et que sa mission n’a pas consisté à tendre les mains à la gauche.
Le Parti Radical était alors au centre-gauche, il était de facto l’aile droite du Front populaire et ne partageait pas l’idéal marxiste. Je renvoie à Camille Pelletan qui, auparavant, justifiant son « pas d’ennemis à gauche » (les bancs de droite étaient alors occupés par les royalistes et les bonapartistes), rappelait que le point de clivage avec les socialistes et surtout les communistes était la propriété privée (l’occasion de rappeler également que la laïcité comprise comme de combat était unanimement partagée).
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Le premier résistant de France, le premier homme à refuser la défaite et la collaboration, Charles de Gaulle, était de la droite bonapartiste, pas la plus radicalement républicaine, et peu suspect de sympathie pour l’idéal socialiste.
La mission centrale de Jean Moulin est précisément le point qui en fait toute sa force, au-delà de son engagement qui ne peut que forcer l’admiration, qui en souligne l’exploit : coordonner l’ensemble des forces de résistance, de la gauche à l’extrême droite ! Moulin le fit tellement bien que son propre secrétaire, Daniel Cordier, était d’extrême-droite puisque militant à l’Action française, qui réclamait (et réclame toujours) le rétablissement de la royauté en France.
La résistance comprit dans ses rangs de nombreux militants d’extrême-droite qui, avec les citoyens français de confession juive, s’engagèrent dès… 1940 ! Parmi les résistants d’extrême-droite, citons par exemple Madeleine Fourcade, Gilbert Renault dit « Colonel Rémy » ou Estienne d’Orves, l’un des premiers résistants à tomber au combat, exécuté le 22 juin 1941, et dont plusieurs de nos rues portent son nom.
Si Pétain était bien un droitard nostalgique de la monarchie, les rangs de la collaboration furent largement garnis de pacifistes de gauche, et pas simplement des obscurs inconnus. Charles Spinasse, qui avait été au gouvernement du Front populaire, fut le ministre du travail du gouvernement de Vichy ! Le dirigeant de la CGT, René Belin, fut un collabo de la première heure. Ajoutons Marc Augier, Jean Luchaire, François Mitterrand, … La liste est longue.
Il ne faut pas confondre histoire et militantisme.
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