Les djihadistes aux portes de Bamako, une catastrophe aux portes de l’Europe ; qui pourrait les arrêter ?
La junte militaire au pouvoir au Mali s'apprête à être expulsée manu militari par les jihadistes. La démonstration de force du week-end dernier de la part des jihadistes du Jnim, la branche sahélienne d’al-Qaïda et des séparatistes touaregs (FLA), est impressionnante. Qui pourrait les bloquer ? La junte qui gouverne le Mali depuis cinq ans est en situation de survie. La perte du soutien indispensable de la France et de l'Algérie pour le régime faciliterait certainement la prise du pouvoir par les jihadistes. Le pire est devant nous !
Par Karim Maloum
Publié le 29 avril 2026

La situation reste explosive au Mali, après les attaques coordonnées des 25 et 26 avril des jihadistes et des séparatistes touaregs.
Depuis l’assassinat du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, tué lors d’une attaque coordonnée des séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad et des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam, la branche sahélienne d’al-Qaïda, le 25 avril, les Maliens se tournent vers les auteurs du coup d’État d’août 2020 qui avait conduit à la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta.
La situation sécuritaire est toujours aussi précaire, trois jours après l’attaque inédite menée contre la junte par les jihadistes du Jnim alliés aux rebelles touaregs, les Maliens vivent dans la crainte de l’arrivée des islamistes au pouvoir.
Quatre jours après la prise de Kidal par des rebelles touaregs alliés à des groupes djihadistes, la Russie reconnaît que la situation au Mali reste «difficile». Le Mali tient désormais à un fil très mince.
Depuis que l’armée française a quitté le pays, la junte au pouvoir compte sur des mercenaires russes pour protéger leur pouvoir issu d’un coup d’État.
La Russie a affirmé mardi 28 avril que les rebelles et djihadistes au Mali étaient en train de se regrouper et que la situation restait «difficile», trois jours après la prise par ces groupes de la ville-clé de Kidal, dans le nord du pays.
Cette défaite, ainsi que les différentes vidéos montrant les soldats russes quittant Kidal, sous les cris de joie des séparatistes touaregs et des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam, la branche sahélienne d’al-Qaïda, constituent un véritable coup dur pour la réputation d’Africa Corps au Mali, et plus largement au Sahel.
Les tensions entre Bamako et Alger ne font que compliquer la lutte contre les islamistes
La situation au Mali préoccupe ses voisins. Lundi 27 avril, c’est le ministre des Affaires étrangères algérien Ahmed Attaf qui a réaffirmé « la position de l’Algérie soutenant l’unité du Mali, territoire, peuple et institutions », évoquant des « développements dangereux ».
Alger rejette « catégoriquement toutes les formes et manifestations du terrorisme, qui ne peut être justifié ni toléré, quels qu’en soient les motifs ou les causes, une position dictée par l’expérience douloureuse de l’Algérie face à ce fléau », a-t-il souligné.
L’Algérie partage 1400 kilomètres de frontière avec le Mali et les populations frontalières sont unies par de fortes attaches culturelles et économiques. Les récentes tensions entre Bamako et Alger ne font que compliquer la lutte contre les islamistes.
Ces tensions remontent au 1er avril dernier. La veille, le 31 mars, durant la nuit, un drone de l’armée malienne a été abattu par les forces algériennes, près de Tinzawatene, à la frontière entre les deux pays. Alger a par ailleurs indiqué qu’il s’oppose à la présence des forces du groupe paramilitaire russe Africa Corps à sa frontière.
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