La surprenante passivité des Russes face aux attaques islamistes au Mali, comme en Syrie

La progression des djihadistes au Mali menace toute la région du Sahel. Défaillance russe... Une attaque simultanée dans plusieurs villes, y compris Bamako, par des rebelles Touaregs alliés à des groupes djihadistes met en péril le régime militaire malien. Les alliés russes de la junte, qui ont remplacé les Français, ont évacué la ville de Kidal, dans le nord, sans tirer un seul coup de feu. Tout comme en Syrie, la chute du régime de Bachar el-Assad a pris au dépourvu Moscou en 2024.

Par Karim Maloum

Publié le 28 avril 2026

La surprenante passivité des Russes face aux attaques islamistes au Mali, comme en Syrie

Les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans contrôlent la ville de Kidal, dans le nord du Mali.

Les troupes russes ne comprennent rien à la lutte antiterroriste dans une région comme le Sahel. Samedi dernier, au Mali, lors de la prise de la ville de Kidal par des rebelles touaregs et des islamistes, les Russes n’ont pas tiré une seule balle. Tout comme en Syrie, la chute du régime de Bachar el-Assad a pris au dépourvu Moscou. Le 8 décembre 2024, la Russie a été contrainte de se désengager dans l’urgence. La Russie a décidé de retirer ses troupes militaires de Syrie après l’offensive des islamistes.

Aujourd’hui, c’est le tour du Mali. La scène reste inchangée, tout comme en Syrie. Dès l’arrivée des rebelles touaregs et des islamistes, les Russes étaient complètement désarmés. Ce dimanche 26 avril, à Kidal, dans le nord du Mali, une file de pick-up militaires quitte rapidement la ville sous les clameurs triomphales des rebelles touaregs. À bord, les hommes de l’Africa Corps, un bras armé russe servant la junte. Désarmés, recensés un à un, comme le rapporte France 24, les soldats ont abandonné une position stratégique. Une humiliation infligée à l’armée russe.

Les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad et les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans contrôlent étroitement la ville de Kidal, dans le nord. Après négociation, les mercenaires russes d’Africa Corps et l’armée malienne ont quitté la cité en direction de Gao, de même que les autorités civiles officielles. La junte parle d’un repositionnement hors de Kidal, reconnaissant ainsi ne plus y être présente.

Dans une communication diffusée ce lundi 27 avril sur Telegram, les paramilitaires de l’Africa Corps ont confirmé finalement que leurs forces s’étaient éloignées de la ville de Kati, tout comme celles de l’armée malienne. Le principal camp militaire du pays est situé à environ 20 kilomètres de Bamako, dans cette cité-garnison. Elle est devenue le centre névralgique du pouvoir depuis l’arrivée à la tête du pays de la junte d’Assimi Goïta, en 2021.

Avant ces paramilitaires de l’Africa Corps, la milice Wagner avait également échoué. Le 6 juin 2025, le groupe russe Wagner a annoncé sur sa principale chaîne Telegram son « retour chez lui » après avoir « accompli » sa mission au Mali, où ses mercenaires étaient présents depuis décembre 2021. Ce départ ne signifie pas la fin de la présence russe dans le pays pour autant : elle est dorénavant incarnée par Africa Corps, le dispositif mis en place par le ministère de la Défense russe pour gérer ses intérêts russes en Afrique.

La France exprime sa «préoccupation face aux récents développements» au Mali

La France a exprimé « sa préoccupation » après les attaques d’ampleur inédite perpétrées au Mali par les rebelles touaregs et la branche sahélienne d’al-Qaïda, a indiqué une source diplomatique française. « Elle condamne avec la plus grande fermeté les violences commises à l’encontre des civils » et exprime « sa solidarité à l’égard de la population malienne », a ajouté la même source.

La France a toutes les raisons de s’inquiéter. Elle a déjà sauvé le Mali des islamistes. Nous sommes en avril 2012. Les islamistes se frottent les mains. Le Mali deviendrait dans quelques heures un État islamiste. L’armée malienne est complètement dépassée. Le président Dioncounda Traoré adresse une lettre au président français François Hollande, lui demandant l’aide militaire de la France. Cet appel du Mali survient après des affrontements acharnés entre l’armée malienne et les islamistes. C’est une défaite majeure pour les forces gouvernementales. Les islamistes sont sur le point de prendre le contrôle du pays.

L’opération militaire française Serval, déployée le 10 janvier 2013, a ainsi permis d’éviter la prise de la capitale malienne par les jihadistes. « Merci papa Hollande », « C’est notre libérateur, on l’aime ! », « Vive la France, vive Hollande ! » scandaient des Maliens dans la rue. Le 2 février, François Hollande est accueilli en libérateur dans la ville de Tombouctou au centre du Mali. Les troupes françaises viennent alors de libérer les villes de Tombouctou, Gao et Kidal aux mains de groupes armés terroristes depuis avril 2012. 

Quatorze ans plus tard, la France doit assumer la responsabilité de ne pas laisser le Mali tomber entre les mains des islamistes. Ce serait un désastre la région du Sahel, sans parler d’un flux migratoire qui déferlerait sur l’Europe.

K. M.

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