Provocation abjecte : l’Iran nommé à la vice-présidence d’un organe de l’ONU censé promouvoir les droits des femmes

Dans un choix qui continue de susciter une vive indignation, la République islamique d’Iran a été élue, le 13 février 2026, vice-présidente de la Commission des Nations Unies pour le développement socia, dont le thème prioritaire sera de promouvoir la démocratie, égalité des sexes, et de garantir la tolérance et la non-violence. Les domaines de prédilection des islamistes iraniens...

Par Marie Dolores Prost

Publié le 12 avril 2026

Provocation abjecte : l’Iran nommé à la vice-présidence d’un organe de l’ONU censé promouvoir les droits des femmes

Cette nomination s'inscrit dans une série de décisions qui diminuent graduellement la légitimité morale de l'ONU.

Cette instance, dont le thème prioritaire porte sur la promotion de la démocratie, de l’égalité des genres, de la tolérance et de la non-violence, voit ainsi un régime régulièrement accusé de violations massives des droits des femmes accéder à une fonction de responsabilité.

L’élection du représentant iranien, Abbas Tajik, en tant que l’un des vice-présidents de la 65e session a été adoptée par acclamation, sans vote nominal ni objection formelle. Le président de séance a simplement constaté : « Je n’entends aucune objection. » Cette procédure par consensus signifie que la France, membre de la Commission au sein du Conseil économique et social (ECOSOC), n’a pas exprimé d’opposition publique lors de la séance. Aucune déclaration officielle n’a été émise par Paris pour contester cette nomination, ni avant ni après son adoption.

En Iran, les femmes demeurent soumises à une répression systématique et brutale. Depuis les manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini en septembre 2022 suite à son arrestation pour non-respect du port obligatoire du voile hijab les autorités ont répondu par une violence extrême, exécutions, détentions arbitraires, tortures et lois discriminatoires persistent.

Des milliers de femmes et de jeunes filles risquent leur vie ou leur liberté pour revendiquer des droits élémentaires tels que la liberté vestimentaire, l’accès à l’éducation et l’autonomie personnelle. Des rapports internationaux récents continuent de documenter ces atteintes graves aux droits fondamentaux.

Cette élection est donc perçue comme une offense aux principes fondamentaux de l’ONU. Des organisations de défense des droits de l’homme, telles qu’UN Watch, ont dénoncé une hypocrisie institutionnelle, comparant la situation à « confier le poulailler au renard ». Pour les Iraniennes qui bravent la prison ou pire en retirant leur foulard, cette nomination constitue un véritable camouflet.

Seuls les États-Unis ont publiquement dénoncé cette décision

Seul l’ambassadeur américain auprès des Nations Unies, Mike Waltz, a qualifié la situation de « ridicule » et a rappelé que Washington ne participait pas aux travaux de cette commission, soulignant l’incompatibilité flagrante entre le bilan du régime iranien et les objectifs affichés de l’organe onusien.

Le silence de la France, qui se présente traditionnellement comme une ardente défenseure des droits des femmes et des valeurs universelles, interroge sur les priorités diplomatiques françaises. Entre considérations géopolitiques et engagement éthique, ce mutisme contraste avec la position claire des États-Unis et alimente la perception d’une absence de réaction ferme.

Au-delà du cas iranien, cette affaire soulève une question plus vaste sur l’importance et la légitimité de l’Organisation des Nations Unies en 2026. Comment une institution créée pour promouvoir la paix, les droits de l’homme et l’égalité peut-elle légitimer, par son consensus tacite, la participation de régimes qui violent ouvertement ces mêmes principes ?

La crédebilité de l’ONU dépendra de sa capacité à restaurer son autorité morale

Cette nomination s’inscrit dans une série de décisions qui diminuent graduellement la légitimité morale de l’ONU aux yeux de nombreux observateurs et citoyens.

Les démocraties européennes, à commencer par la France, ont la responsabilité de réaffirmer avec fermeté leur attachement aux droits des femmes et de refuser toute complaisance. Sans une remise en question profonde de ses mécanismes et une réelle cohérence entre ses idéaux et ses actes, l’ONU risque de perdre toute influence significative sur les crises du XXIe siècle et de se voir reléguée au rang d’une tribune vide de sens.

L’avenir de l’organisation dépendra de sa capacité à restaurer son autorité morale. Les générations futures, qui aspirent à un monde plus juste et plus égalitaire, observeront avec attention si les Nations Unies sauront, ou non, se montrer à la hauteur de leur mission originelle.

M. D. P.

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