MALI, NIGER, BURKINA FASO

Islamisme : les jihadistes du Sahel sont l’épicentre du terrorisme mondial

La région du Sahel est l'épicentre du terrorisme islamiste en 2026 et du terrorisme mondial. Les islamistes ne dirigent pas encore le Mali, mais ils contrôlent de vastes territoires et imposent leurs propres règles. La junte au pouvoir au Mali, obligée de céder face aux groupes djihadistes, libère 200 prisonniers en échange d'une trêve des attaques de convois de carburant menées par les islamistes. Pour la troisième année consécutive, le Sahel (Mali, Niger et Burkina Faso) concentre près de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde.

Par Karim Maloum

Publié le 27 mars 2026

Islamisme : les jihadistes du Sahel sont l’épicentre du terrorisme mondial

Le risque d’afghanisation du Sahel est bien réel. La série de coups d’État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger a fragilisé la région et facilité la progression des jihadistes. Les juntes au Sahel sont dans l’incapacité de faire reculer les assauts des islamistes. le terrorisme islamiste est en train de prendre des proportions jamais atteintes auparavant.

Pour la troisième année consécutive, le Sahel concentre près de la moitié des morts liées au terrorisme dans le monde, selon le dernier Indice mondial du terrorisme publié le 19 mars. Elaboré par le groupe de réflexion Institute for Economics and Peace (« Institut pour l’économie et la paix » en français), basé en Australie, il classe depuis treize ans 163 pays en fonction de l’impact du terrorisme, se basant sur le nombre d’attaques, d’otages, de personnes tuées et blessées.

En 2025, sur 5 582 victimes recensées à l’échelle globale, presque une sur deux est tombée dans cette bande sahélienne, devenue la zone la plus touchée par la violence djihadiste d’après cet indice. La tendance est similaire en 2024, plus de la moitié des 7 555 décès dus au terrorisme dans le monde avaient été enregistrés au Sahel. Le bilan macabre global du terrorisme islamiste dans la région du Sahel est de 3885 personnes tuées, ce qui représente 51 % des victimes du terrorisme enregistrées dans le monde.

Depuis septembre et le blocus sur le Mali décrété par des terroristes islamistes d’un groupe affilié à Al-Qaïda le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans affilié à al-Qaïda, le Jnim, les camion-citernes sont systématiquement attaqués.

La junte au pouvoir obligée de céder face aux groupes djihadistes en libérant 200 prisonniers

Le 29 janvier, des combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM) ont attaqué un convoi d’au moins 40 camions-citernes escorté par l’armée en route pour la ville de Kayes, dans la région de Kayes, au moins 16 chauffeurs routiers ont été exécutés. 

Après ces attaques et massacres, la junte au pouvoir au Mali, du général Assimi Goïta, a réagi en acceptant certaines demandes des jihadistes. D’après l’Agence France-Presse, à la mi-mars, environ 200 djihadistes ont été libérés par les autorités en vertu d’un accord pour mettre un terme aux attaques de convois de carburant menées par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la filiale sahélienne d’Al-Qaida, qui tente de l’asphyxier économiquement depuis septembre dernier.

Depuis plusieurs mois, des camions incendiés venant d’Abidjan ou de Dakar se comptent par centaines et font partie de la stratégie de djihad économique du JNIM, qui cherche notamment à étouffer Bamako et la junte militaire au pouvoir. Les autorités militaires maliennes ont eu recours aux escortes armées pour briser le blocus de l’approvisionnement en carburant imposé par les jihadistes à ce pays enclavé. Mais, même sous escorte, les convois sont fréquemment pris pour cibles.

La bascule est spectaculaire en 2007

Les djihadistes gangrènent le Mali. Ils se sont enracinés après une vingtaine d’années au Sahel : Boko Haram, Ansar Al-Charia, Ansar Al-Jihad, les Brigades Omar Abderrahmane ou également Harakat al-Chabab al-Moudjahidin.

Une coalition de groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda assiège la capitale du Mali. La région du Sahel est sur le point de basculer à cause de la recrudescence fulgurante des attaques djihadistes. Le Mali est sur un chemin de crête. La France et l’Algérie ont déjà sauvé le Mali des griffes des islamistes. Mais la junte militaire au pouvoir, qui a fondé son pouvoir sur la haine des Français et des Algériens, s’apprête à être expulsée manu militari par les jihadistes.

Une prise de pouvoir par les djihadistes au Mali, au Niger ou au Burkina Faso serait catastrophique à tout point de vue, y compris concernant la situation migratoire en Europe où elle constitue un enjeu majeur.

L’Europe, malgré des années de politique d’endiguement à ses frontières, demeure plus que jamais exposée aux pressions migratoires venant du sud.

K. M.

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