Procès pour viols : 18 ans de réclusion requis contre Tariq Ramadan, verdict attendu ce mercredi 25 mars
Tariq Ramadan ne s’est jamais présenté à son procès. L'avocat général a également requis l'interdiction définitive du territoire français, une mesure de suivi socio-judiciaire, une peine d'inéligibilité de dix ans et l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. La cour criminelle a délivré un mandat d’arrêt à son encontre.
Publié le 25 mars 2026

La cour criminelle départementale de Paris doit rendre son verdict ce mercredi dans l’affaire qui oppose la figure controversée Tariq Ramadan à trois femmes l’accusant de viols et d’agressions sexuelles commis entre 2009 et 2016. Né en 1962 à Genève, de nationalité suisse et d’origine égyptienne, Tariq Ramadan est un théologien musulman, philosophe et auteur prolifique, reconnu pour ses travaux sur l’islam contemporain et ses relations avec l’Occident.
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Petit-fils de Hassan al-Banna, fondateur des Frères musulmans, il s’est imposé comme une figure influente des milieux intellectuels musulmans en Europe, enseignant notamment à l’université d’Oxford et multipliant les conférences et ouvrages sur le dialogue interreligieux et la réforme de l’islam. Ses positions, souvent controversées, lui ont valu à la fois une large audience et de vives critiques.
Le procès, qui s’est tenu à huis clos, s’est déroulé en l’absence de l’accusé, hospitalisé en Suisse pour des complications liées à une sclérose en plaques.
Le procureur général avait requis une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, assortie d’un mandat d’arrêt et d’une interdiction définitive du territoire français. Tariq Ramadan, qui conteste l’ensemble des faits et affirme que les relations étaient consenties, risque ainsi une condamnation sévère au terme d’une instruction longue de près de neuf ans.
Les faits reprochés portent sur trois plaignantes. Ils concernent notamment un viol aggravé avec violences et sur personne vulnérable à Lyon en octobre 2009, un viol commis à Paris en mars 2012 et un troisième en 2016.
Le verdict attendu ce 25 mars
Au centre de ce dossier figure Henda Ayari, première femme à avoir publiquement porté plainte contre l’islamologue en octobre 2017, dans la foulée du mouvement #BalanceTonPorc. Ancienne salafiste devenue militante laïque et féministe, elle accuse Tariq Ramadan d’un viol et d’agressions sexuelles dans une chambre d’hôtel parisienne. Son témoignage, marqué par une détermination exemplaire malgré les pressions et les menaces subies, a permis l’ouverture de l’enquête et encouragé les autres victimes à se manifester.
Ce procès intervient après la condamnation définitive de Tariq Ramadan en Suisse : en 2025, la Cour fédérale a confirmé une peine de trois ans de prison, dont un avec sursis, pour un viol commis en 2008.
Il constitue une étape majeure pour la justice française dans le traitement des violences sexuelles impliquant des personnalités publiques. Il soulève, une nouvelle fois, les questions de la parole des victimes, de la présomption d’innocence et de la responsabilité des figures intellectuelles.
Henda Ayari, par son courage inaugural, incarne le combat de nombreuses femmes qui choisissent aujourd’hui de briser le silence.
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