Attaques en Iran : les Bourses européennes chutent, le cours du pétrole et du gaz grimpe

Les frappes continuent au troisième jour de l'opération menée par Israël et les États-Unis envers l'Iran. La guerre au Moyen-Orient fait grimper lundi les prix du gaz et du pétrole, qui évoluent autour de 80 dollars le baril, tandis que les Bourses mondiales reculent et que l’or est recherché. Mais pour un tel événement à portée mondiale et sans précédent, les réactions des marchés financiers restent pour l’instant modérées.

Par Karim Maloum

Publié le 2 mars 2026

Attaques en Iran : les Bourses européennes chutent, le cours du pétrole et du gaz grimpe

Le baril de Brent de la mer du Nord a brièvement franchi la barre des 80 dollars.

Les prix du pétrole ont bondi, le dollar s’est envolé et les actions ont chuté lundi, alors que le conflit militaire au Moyen-Orient semble devoir durer plusieurs semaines, menaçant de bouleverser la reprise économique mondiale et de raviver l’inflation. Au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis et le Koweït ont fermé temporairement leurs marchés boursiers, invoquant des « circonstances exceptionnelles ».

Lundi, le baril de Brent de la mer du Nord a brièvement franchi la barre des 80 dollars. Vers 9H00 à Paris, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s’affichait en hausse de plus de 20 %. Ce bond du pétrole entraînait une hausse du dollar, monnaie internationale utilisée pour le marché pétrolier : il prenait 0,93 % à 1,1703 dollar pour un euro. L’or, valeur refuge en cas d’incertitudes, gagnait 2,53 % à 5412,75 dollars l’once.

La dernière fois où le pétrole a franchi le seuil des 100 dollars le baril, c’était après le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022.

Les prix du gaz européen ont, eux, explosé ce lundi, en raison du conflit déclenché par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, qui compromet l’exportation de gaz naturel liquéfié depuis le Golfe, et notamment les exportations du Qatar.

Dimanche, huit pays de l’Opep+, dont l’Arabie saoudite, la Russie, ont réagi à la crise en décidant d’augmenter ce dimanche, leurs quotas de production de pétrole de 206 000 barils par jour pour le mois d’avril, un volume supérieur aux anticipations, alors que la guerre en Iran déstabilise le Moyen-Orient et les routes d’acheminement du brut.

La guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran pousse les négociants à éviter le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour l’exportation de pétrole

Tous les regards sont tournés vers le détroit d’Hormuz, par lequel transite environ un cinquième du commerce mondial pétrolier par voie maritime et 20% du gaz naturel liquéfié. Si cette voie d’eau vitale n’a pas encore été bloquée, les sites de suivi maritime montraient des pétroliers s’accumulant de part et d’autre du détroit, craignant une attaque ou ne parvenant peut-être pas à obtenir d’assurance pour la traversée. 

Le détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golfe d’Oman, est un passage maritime débouchant sur la mer d’Arabie, situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Long de 63 kilomètres, il est particulièrement vulnérable à cause de sa faible largeur, d’à peine 40 kilomètres, et de sa profondeur qui n’excède pas les 60 mètres.

Mais pour un tel événement à portée mondiale et sans précédent, les réactions des marchés financiers restent pour l’instant modérées. Donald Trump a avancé l’hypothèse que le conflit pourrait perdurer pendant quatre semaines. Téhéran a fait savoir que la porte reste ouverte à des négociations. De son côté, Donald Trump a révélé à The Atlantic qu’il avait donné son aval à une reprise des discussions.

K. M.

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