Mobilisation du 5 novembre : 500.000 à 700.000 manifestants attendus ce jeudi hors Paris, Nuñez veut un dispositif «robuste»
Les services de renseignement prévoient, ce jeudi, entre 500.000 et 700.000 manifestants en France. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé mardi aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour la journée "sensible" de manifestation jeudi, selon un télégramme consulté par l'AFP. Un conseil de défense et de sécurité nationale a lieu ce mercredi au sujet des manifestations du 5 novembre, a annoncé l'Élysée.
Par Hugo Coursier
Publié le 4 novembre 2026

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a demandé mardi aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des "dispositifs robustes" pour la journée "sensible" de manifestation jeudi.
Est-ce que les élections aux États-Unis auront un effet sur les manifestations en France et dans d’autres pays européens? Selon une dernière estimation policière, entre 500.000 et 700.000 manifestants sont attendus dans les rues de France, hors Paris, alors que les syndicats appellent à la grève générale. Si les chiffres se confirment, il faut remonter au 28 mars 2023, lorsque 740.000 personnes avaient battu le pavé contre la réforme des retraites, pour retrouver un tel raz-de-marée.
L’appel à se mobiliser le 5 novembre a été lancé par une intersyndicale regroupant la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU dès le début du mois d’octobre, alors que la mobilisation lycéenne prenait de l’ampleur dans le pays. Tous les syndicats ont ensuite rejoint cet appel à la mobilisation.
Le gouvernement français cherche toujours une issue à la crise qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, alors qu’un climat de chaos règne depuis la mobilisation sociale du samedi 17 octobre, qui a donné lieu à de nombreuses violences et des scènes de pillages dans plusieurs villes.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a demandé mardi aux préfets et responsables de sécurité de prévoir des « dispositifs robustes » pour la journée « sensible » de manifestation jeudi, selon un télégramme consulté par l’AFP.
« Les journées du 17, puis du 24 et du 31 octobre ont vu, en de nombreuses villes du territoire national, des groupes massifs d’individus, extrêmement mobiles, s’attaquer aux lieux de pouvoir, piller de nombreux commerces et s’en prendre aux forces de l’ordre », explique le ministre en préambule, avant de rappeler que la journée du 5 novembre « fait l’objet de nombreux appels à manifester dans le cadre d’une journée nationale d’action intersyndicale ».
Pour éviter des débordements, tels que les dégradations, violences et pillages à un niveau d’intensité inédit du 17 octobre, Laurent Nuñez a donc demandé aux préfets de « travailler dans le même esprit que pour les journées du 24 et 31 octobre » avec la mise en place de « dispositifs opérationnels robustes, agiles et réactifs », avec des effectifs de police et de gendarmerie renforcés « pendant cette journée sensible ».
Ils sont également invités à prendre «toute mesure de police administrative contribuant à garantir que les manifestations qui se dérouleront le soient dans le calme et sans heurts», comme les interdictions de manifester en centre-ville, des arrêtés autorisant le recours aux drones ou l’interdiction de port d’armes et d’équipements de protection.
À Paris, l’intersyndicale appelle à se rassembler à 14h à Bastille
À la veille d’une grande journée de mobilisation jeudi 5 novembre, l’intersyndicale a tenu une conférence de presse ce mercredi. «On est dans une phase de répression et d’interdiction de manifestation inédite», a dénoncé , secrétaire confédérale de la CGT.«On avait déjà constaté une première bascule extrêmement grave dans les mouvements contre la réforme des retraites en 2023», a-t-elle ajouté.
« Considérant avoir respecté les obligations de déclaration et en l’absence de la publication d’un arrêté d’interdiction partielle ou totale à 24h00 de la manifestation, l’intersyndicale a décidé en toute responsabilité de communiquer sur le départ déposé auprès de la Préfecture de police de Paris : 14h Place de la Bastille », a déclaré l’intersyndicale dans un communiqué concernant le rassemblement de demain.
« Nous voulons deux choses : des augmentations de salaires partout (…) et une révision du projet de budget du gouvernement qui, en l’état, est catastrophique pour le pays », a résumé lundi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, invitée des « 4 Vérités », sur France 2. « Ce sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes », a-t-elle encore prévenu.
Dans ce même document, elle détaille les différentes étapes engagées afin de faire valider le parcours s’étendant de la place de la Bastille à la place de la Concorde, « en passant par la rue Saint-Antoine » et la « rue de Rivoli ».
Les dégradations, le pillage et les agressions contre les forces de l’ordre ne font que se poursuivre. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a estimé que les « cortèges » se sont « bien déroulés » samedi 31 octobre, malgré « la violence inouïe » de groupes de casseurs, visant des groupes « d’ultragauche » qui ont pris à partie les forces de l’ordre.
Il a qualifié de « tentative de meurtre » contre les forces de l’ordre le lancement d’un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris, qui a été légèrement blessé.
La rédaction vous conseille
- « L’économie est à l’arrêt » : la croissance cale à nouveau et la France frôle la récession et ira «dans le mur» sans budget, alerte Roland Lescure
- Manifestations du 31 octobre: Enquête ouverte pour tentative d’homicide à la suite du jet d’une bombe artisanale sur des gendarmes à Paris
- Violences du 17 octobre : Nous avons « failli », reconnaît Gérald Darmanin après les violences et pillages
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.