Gabriel Attal défend la primaire malgré l’opposition d’Edouard Philippe, « attention il sera bientôt trop tard » selon David Lisnard
« Plus le bocal politico-médiatique s’agite dans ses vaguelettes, moins il voit la vague de fond du pays réel." Pour David Lisnard, "Il est possible et nécessaire de rassembler en faisant voler en éclat le jeu politicien actuel qui conduit au fameux second tour Mélenchon - Le Pen." Le débat relatif à la primaire de la droite et du centre occupe une place centrale dans les préoccupations de plusieurs personnalités politiques. Malgré son recul dans les intentions de vote, Edouard Philippe a refusé dimanche soir la proposition de Gabriel Attal d’organiser un scrutin pour départager les candidats de la droite et du centre.
Par Karim Maloum
Publié le 2 novembre 2026

« Attention, il sera bientôt trop tard », a averti David Lisnard dimanche 1 novembre sur le réseau social X.
Les résultats des sondages sont une source d’inquiétude sérieuse pour les candidats de la droite et du centre. Les désaccords se manifestent à travers le débat sur la question de la primaire. Ce débat pourrait sembler ne pas être au centre des préoccupations des Français et des violences qui sévissent dans la société. La semaine qui s’annonce est celle de tous les dangers pour l’exécutif.
Au 20 heures de TF1 dimanche 1er novembre, le maire du Havre a estimé qu’une telle initiative serait synonyme de « division » et de « confusion ». « Je crois que cette primaire aura lieu et que c’est inéluctable », lui répond lundi matin le candidat de Renaissance, également sur TF1.
« J’ai la conviction qu’elle aura lieu, cette primaire. Et je le dis ici, ceux qui feraient tout pour bloquer l’arrivée de cette primaire et de ce processus de rassemblement porteraient une très lourde responsabilité dans l’arrivée d’un deuxième tour entre La France insoumise et le Rassemblement national », a répété Gabriel Attal lors d’un déplacement en Bretagne.
Edouard Philippe est isolé dans son propre camp après que Gabriel Attal se soit rallié à l’idée d’organiser une primaire. Si David Lisnard était initialement le partisan de cette idée, elle a été rejointe par Valérie Pécresse dès l’hiver dernier.
« Attention, il sera bientôt trop tard », selon Lisnard
« Attention, il sera bientôt trop tard », a averti David Lisnard dimanche 1 novembre sur le réseau social X. Edouard Philippe, lui, se donne du temps pour espérer rebondir dans les enquêtes d’opinion. Les candidats de la droite et du centre devront prendre leurs « responsabilités » pour se départager en février, a-t-il estimé sur TF1 alors que le dépôt formel des candidatures s’effectue en mars.
« Plus le bocal politico-médiatique s’agite dans ses vaguelettes, moins il voit la vague de fond du pays réel. » Le candidat à l’élection présidentielle David Lisnard s’est défendu ce dimanche 1er novembre de vouloir gouverner avec le RN, alors qu’il est accusé par plusieurs personnalités de la droite et du centre d’entretenir une proximité avec l’extrême droite.
Plus le bocal politico-médiatique s’agite dans ses vaguelettes, moins il voit la vague de fond du pays réel. Quelques remarques en ce dimanche soir sur le débat politique et la primaire. Nous entendons en effet trop de petites phrases mensongères et même fielleuses, notamment de ceux (à la fois méprisants et un peu aigris) qui depuis trop d’années font la leçon sur les plateaux télé tout en s’obstinant à faire perdre la droite, et malheureusement la France avec. Pour résumer. Convaincu depuis longtemps que nous en serions là aujourd’hui, j’ai toujours estimé qu’il ne fallait pas d’une part se fourvoyer avec le pouvoir en place depuis dix ans, d’autre part laisser le monopole de l’alternative aux « extrêmes ». C’est la base de ma démarche. 1. Notre pays a besoin structurellement d’en finir avec le régime des technocrates. 2. Il est possible et nécessaire de rassembler en faisant voler en éclat le jeu politicien actuel qui conduit au fameux second tour Melenchon / Le Pen. C’est pourquoi entre autres je propose depuis presque deux ans une primaire. Mais attention, il sera bientôt trop tard. Pour ma part, je n’ai dit qu’une chose depuis des mois et des mois : la compétition de la primaire évite : la division qui fait perdre l’élection présidentielle, et les compromissions de notables qui font perdre le pays. Elle doit être ouverte aux candidats représentatifs qui se réclament de la droite et du centre, puisqu’il vaut mieux les affronter en 1/4 de finale qu’en demi finale (le premier tour de la présidentielle). Je ne demande pas aux perdants de suivre obligatoirement le gagnant, mais de ne pas nuire à sa campagne. C’est ce que je m’engage à faire si un autre l’emporte. Existe-t-il un seul argument contre la grande primaire ouverte de la droite et du centre ? Il y a ceux qui disent maintenant bien vouloir faire la primaire de la droite, mais avec la gauche ; et sans la droite qui n’a pas gouverné avec Emmanuel Macron… Ce sont les habituels demi-habiles qui cherchent par tous les moyens à garder leurs postes et pour cela essaient de disqualifier (en les excommuniant pour extrême droitisme fantasmé) ceux qui bouleversent leur petit système. Il y a ceux aussi qui cherchent un prétexte pour ne pas faire ladite primaire, notamment en évoquant des épouvantails qui ne sont pas candidats, de peur de la démocratie. Qu’Edouard Philippe, qui est le dernier à la refuser, indique son périmètre, je suis prêt à l’affronter électoralement comme les autres candidats potentiels. Je me présente à cette élection présidentielle fort d’une dynamique populaire et variée, formée de compatriotes de tous horizons, lucides sur l’Etat du pays mais pas résignés, combattifs et constructifs. Nous portons un projet cohérent, radical et raisonnable, enraciné dans le réel, pour un élan civique de tous les Français qui veulent s’en sortir et qui veulent que le pays s’en sorte. Ma démarche est INDÉPENDANTE comme ma droite est indépendante. Et c’est d’ailleurs la meilleure façon, une fois au pouvoir, de faire gagner la France. Aucun « en même temps » pour moi. Je ne gouvernerai ni avec les « macronistes » ni avec le RN. Cela a toujours été clair et net. Je ne veux pas faire carrière, je veux faire le job. D’où qu’il vienne, j’invite chacun à nous rejoindre dans cette belle épopée, libre et motivée par la volonté saine d’être utiles. Nous irons jusqu’au bout. Pour donner une nouvelle énergie à notre pays, une nouvelle espérance à la France. #CestLeMoment
— David Lisnard (@davidlisnard) November 1, 2026
« Ma démarche est INDÉPENDANTE comme ma droite est indépendante », a insisté le maire de Cannes dans un post X publié dimanche, promettant qu’il ne gouvernerait « ni avec les +macronistes+ ni avec le RN. Cela a toujours été clair et net ».
Dans sa publication dimanche, le maire de Cannes a répondu en creux à Marc Fesneau, critiquant « ceux aussi qui cherchent un prétexte pour ne pas faire ladite primaire ».
Pour ne pas arranger les choses, Marc Fesneau, le chef du MoDem, défend dans une interview dans La Tribune Dimanche le concept d’une primaire comprenant des partis allant des «sociaux-démocrates à la droite républicaine» pour la présidentielle, un périmètre qui exclut selon lui le maire de Cannes David Lisnard. Ce dernier, «prépare la grande alliance avec l’extrême droite, comme Sarah Knafo» (du parti Reconquête), explique Marc Fesneau dans cette interview.
L’entourage du social-démocrate Raphaël Glucksmann a déjà indiqué qu’il ne participerait pas à cette primaire, qui ne correspond pas à son espace politique. «Une primaire uniquement de la droite et du centre nous enfermerait dans des schémas anciens», prévient cependant Marc Fesneau. «L’élection présidentielle qui nous attend est nouvelle. Selon moi, cela va des sociaux-démocrates à la droite républicaine», appuie ce proche de François Bayrou, en regrettant que «l’espace centriste» n’ait «pour l’instant pas de candidat».
La ministre du parti présidentiel Renaissance Aurore Bergé a, elle, plaidé samedi pour une primaire de la droite et du centre mais sans participant de gauche ou de centre-gauche.
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