Nous devons nous ressaisir

Il faudrait sortir de la culture victimaire. Rappeler chacun à ses responsabilités qui sont la contrepartie nécessaire de la liberté. « L’oisif ira loger ailleurs », disent les paroles de l’Internationale, et cela concerne les oisifs « d’en haut », les rentiers, mais aussi les oisifs d’en bas qui comptent sur la solidarité pour s’octroyer le droit à la paresse.

Par Denis Collin

Publié le 1 novembre 2026

Nous devons nous ressaisir

Boualem Sansal nous avait avertis : 2084 est notre avenir.

La culpabilité est un des grands ressorts de la domination. Vous êtes coupables et vous devez vous soumettre. L’Église avec son péché originel en a usé et abusé. Votre ancêtre Adam a commis le péché de désobéir et il est passé jusqu’à vous par le sperme d’Adam ! C’est « saint » Augustin qui le dit et donc c’est vrai…

Habitués que nous sommes à la culpabilité, nous acceptons aujourd’hui d’être coupables de la colonisation et de la traite négrière. Tous les peuples ont colonisé, massacré, pratiqué l’esclavage et parfois continuent de la pratiquer (Mauritanie, Mali…), mais les seuls coupables sont les coupables habituels, les habitués du péché originel, les infâmes « tout blancs, tout moches ». Vos ancêtres ont été paysans et serfs, ouvriers à 15 heures par jour, ont vécu dans les pires conditions, vous êtes encore coupables de ce qu’ont fait les puissants qui opprimaient vos ancêtres !

Les Juifs étaient coupables de tout

L’antisémitisme s’est propagé par les mêmes mécanismes : les Juifs étaient coupables de tout (et même d’avoir tué Jésus comme Mélenchon l’a rappelé). L’extermination a trouvé sa justification. Et certains sont prêts à continuer le « job » des nazis. Aujourd’hui, c’est à nous, les « tout blancs tout moches », d’être coupables et nous devons nous préparer à être massacrés. Les décérébrés de LFI dégagent le terrain, comme le Toudeh (communiste) en Iran a donné sa contribution à la tyrannie des mollahs avant de tomber lui-même sous le couteau des barbares.

Déjà les prédicateurs le disent tranquillement, dans leurs mosquées, en France, en Belgique, en Grande-Bretagne : « acceptez la charia, sinon, allez vivre ailleurs ». Boualem Sansal nous avait avertis : 2084 est notre avenir.

Peut-on arrêter cette dynamique mortifère ? Ce n’est pas certain. Il semble que nous ayons perdu toute confiance dans notre propre culture. Depuis les années 1970, on déconstruit à tours de bras ! Ce terme de déconstruction a été mis en circulation par les disciples français de Heidegger, mais Heidegger parle de Destruktion ou emploie le verbe allemand Zerstören : il s’agit bien de détruire, démolir, mais nos gentils français ont traduit cela par « déconstruction » : déconstruire les idéaux de la république, ça passe mieux que « détruire les idéaux de la république ». Détruire l’histoire nationale s’appelle maintenant « déconstruire le roman national »… Le saccage de l’école et de l’université est la conséquence de cette « déconstruction », encouragée par les puissances économiques qui en ont par-dessus la tête des droits de l’homme, de la raison, de la liberté et de l’égalité. Il faudrait y mettre un terme et restaurer l’instruction publique et l’autorité des maîtres.

Mais il faudrait aussi que nous soyons prêts à retrousser nos manches pour reconstruire ce pays : travailler, produire, produire ce que nous mangeons et ce dont nous usons. Cesser de former des têtes pleines de sottises à la mode, mais doter chacun d’une culture de base qui lui permette ensuite de suivre la voie qu’il désire et pour laquelle il manifeste les qualités nécessaires – une école qui instruit et sélectionne au mieux des capacités de chacun.

Le retour nécessaire aux principes et au fondement, à la République

Il faudrait sortir de la culture victimaire. Rappeler chacun à ses responsabilités qui sont la contrepartie nécessaire de la liberté. « L’oisif ira loger ailleurs », disent les paroles de l’Internationale, et cela concerne les oisifs « d’en haut », les rentiers, mais aussi les oisifs d’en bas qui comptent sur la solidarité pour s’octroyer le droit à la paresse.

Ce qui est nécessaire, question de vie ou de mort, c’est un réarmement moral de notre pays, en revenant à la ressource, en opérant comme le disait Machiavel, un retour aux principes et au fondement, c’est-à-dire à la République et à son triptyque, liberté, égalité, fraternité, laïcité : liberté d’opinion, de manifestation, liberté de la presse, contrôle du pouvoir politique par les citoyens ; égalité des droits et de devoirs de tous sans distinction de « race » ou de religion, et justice sociale ; fraternité, qui veut dire retrouver le sentiment d’appartenance à la même nation, condition d’une fraternité universelle ; laïcité enfin, qui cantonne les religions dans la sphère privée – chacun s’arrange comme il peut avec la mort.

Le chaos politique, idéologique et social dans lequel nous nous trouvons exige des réponses et chacun à sa place se doit de travailler à refaire la France, avant qu’il ne soit trop tard.

D. C.

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