Macron annonce une réunion jeudi avec le renseignement et des ministres pour dresser un «compte rendu» sur les violences du 17 octobre et fustige les commentaires « stupides de dirigeants étrangers »
Ce mercredi matin, depuis Doha au Qatar, où il achève une visite de trois jours dans le Golfe, le chef de l’Etat a appelé à la « fermeté » à la suite des violences du 17 octobre, en dénonçant « des choses inacceptables dans plusieurs villes du pays ». Emmanuel Macron a été interrogé sur les violences lors du 17 octobre et les soupçons d'ingérence étrangère.
Publié le 21 octobre 2026

Depuis Doha, le chef de l’État assure avoir « demandé des clarifications et donné une feuille de route : la transparence sur ce qui s’est passé le 17 octobre », la prise de « toutes les mesures pour éviter un retour de scènes inacceptables », à travers les « mesures de couvre-feu » notamment, et enfin « un dialogue » avec les responsables syndicaux et politiques.
Entouré mercredi 21 octobre à Lusail (Qatar) sur la situation en France, Emmanuel Macron est revenu de manière appuyée sur les événements du 17 octobre. Il a qualifié de « choses inacceptables » les scènes survenues dans plusieurs villes, rappelant qu’il s’était déjà exprimé le dimanche 18 au soir. « En démocratie, il n’y a rien qui justifie la violence », a-t-il déclaré, en ajoutant : « On a eu trop de gens ambigus, trop de gens pour expliquer qu’il y avait des violences légitimes. » Il a martelé qu’« aucune violence n’est légitime, ni verbale, ni physique, ni contre les biens, ni contre les personnes ».
Le président a annoncé qu’une réunion se tiendra jeudi avec les services de renseignement et des ministres afin de dresser un compte-rendu précis du week-end et des violences. Il a également indiqué que « les gens qui veulent faire le désordre dans les centres-villes samedi prochain seront empêchés de faire le désordre », en référence à une nouvelle mobilisation annoncée.
Sur un éventuel état d’urgence, il a estimé qu’il pourra être pris si la situation le justifie, tout en jugeant qu’il n’y en a « pas besoin » pour l’instant. L’objectif affiché est un « retour au calme par la fermeté, par les mesures d’ordre, et pour les demandes légitimes par le dialogue ».
« Il n’y a aucune violence légitime », « ni verbale, ni physique », a ajouté le locataire de l’Élysée pour qui l’objectif désormais « est d’entendre et de respecter les désaccords, parfois les colères, qui sont de traiter les causes profondes, mais de les séparer de la violence ».
Il assure également que « des réponses sont en train d’être préparées par le gouvernement et (lui) seront présentées demain »
Ces propos s’inscrivent dans la continuité de son allocution du 18 octobre, où il avait distingué les manifestants porteurs de revendications légitimes : coût de la vie, prix des carburants, mouvement lycéen des « factieux » et délinquants responsables des pillages et destructions.
Il y avait notamment annoncé que le Premier ministre Sébastien Lecornu réunirait dans les jours suivants partis politiques, syndicats, représentants de lycéens et d’étudiants, enseignants, collectivités et parlementaires pour travailler à des propositions concrètes.
Une cellule de crise a été également présidée dès le lundi pour mobiliser des aides rapides aux commerçants touchés. Les préfets étaient chargés, en lien avec les maires, de prendre les mesures nécessaires, y compris l’interdiction de certains rassemblements, tandis que le suivi judiciaire des casseurs devait être exemplaire, ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser, a t’il dit
Sur les revendications lycéennes (bâtiments, remplacements de professeurs, horaires, Parcoursup), Macron a indiqué depuis Doha que le gouvernement « travaille dessus ». Le Premier ministre reçoit de son côté les organisations syndicales ce mercredi, avant des échanges avec les forces politiques.
Emmanuel Macron à Doha : « la situation actuelle en France ne requiert pas l’état d’urgence »
Il y a eu beaucoup de commentaires de personnes étrangères à propos de la mobilisation lycéenne et des violences qui ont eu lieu lors de la mobilisation nationale du 17 octobre. D’après les informations fournies par Emmanuel Macron depuis Doha, il n’y a aucun élément prouvant une ‘ingérence étrangère visible’.
Donald Trump, en campagne pour les élections de mi-mandat, serait-il lui aussi visé, alors que le dirigeant républicain s’est empressé dans la soirée du 17 octobre de relayer les images des violences tout en mettant en garde sur Truth Social qu’une situation similaire pourrait se produire aux États-Unis en cas de victoire des démocrates. « Entre autres, il en fait partie », a répondu Emmanuel Macron.
Sans qu’Emmanuel Macron ait eu besoin de les nommer, on reconnait sans peine Donald Trump ou Benyamin Nétanyahou derrière les «dirigeants étrangers» en question en pleine campagne électorale, il ne s’est cependant pas privé de remettre à leur place les dirigeants étrangers, comme Donald Trump, qui n’ont pas hésité à critiquer la France face à ce qu’elle traverse ces dernières semaines. Emmanuel Macron a fustigé « des commentaires inacceptables autant que stupides de la part de beaucoup, y compris de dirigeants étrangers ».
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