Les émeutes du 17 octobre : Au moins 1800 personnes ont été interpellées hier dans toute la France, 500 policiers et gendarmes blessés

Les affrontements et les moments de chaos ont été d'une intensité exceptionnelle, avec une sauvagerie sans limite qui s'est prolongée jusqu'à tard dans la soirée, ainsi que des pillages et des dégradations sans fin. Le ministère de l'Intérieur a annoncé que 1 800 personnes avaient été interpellées dans toute la France. À Limoges, l’hôtel de ville a été en grande partie détruit par un incendie. Gérald Darmanin, garde des Sceaux, réclame une réponse judiciaire «extrêmement ferme».

Par Hugo Coursier

Publié le 18 octobre 2026

Les émeutes du 17 octobre : Au moins 1800 personnes ont été interpellées hier dans toute la France, 500 policiers et gendarmes blessés

Lyon (Rhône), samedi 17 octobre 2026. Les flammes sortent de toutes les baies de l’office de tourisme de la place Bellecour.

Ce dimanche 18 octobre, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 1 800 personnes avaient été interpellées dans toute la France. 500 policiers et gendarmes sont également blessés, selon des chiffres donnés par l’exécutif ce 17 octobre au soir.

«Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un», a écrit sur X le ministre de l’Intérieur. «Pour l’heure, 1800 personnes ont été interpellées et dès aujourd’hui des enquêtes sont menées pour identifier les auteurs de ces actes pour qu’ils en répondent devant la justice», a poursuivi Laurent Nuñez.

Par ailleurs, «plus de 500 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers ont été blessés», déplore le ministre, qui ajoute que ce «bilan sanitaire n’est malheureusement que provisoire». «Les dégâts matériels sont considérables, pour notamment plusieurs centaines de commerçants.» Et d’assurer que «la République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence».

Une cellule interministérielle de crise à 19 heures

Le Premier ministre Sébastien Lecornu va présider dimanche à 19H00 une cellule interministérielle de crise, au lendemain des violences qui ont éclaté en marge des manifestations du 17-octobre, a annoncé Matignon.

Après les saccages et pillages de magasins dans plusieurs villes de France, cette réunion portera sur trois volets, « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire », a fait savoir Matignon, alors que des maires, notamment de Paris, Lyon, Marseille ou Limoges demandent des engagements de la part de l’exécutif.

Près de 517 personnes sont en garde à vue ce dimanche 18 octobre après les violences et pillages commises la veille à Paris, plus précisément 346 personnes majeures et 171 mineurs, a indiqué le parquet de la capitale dans un bilan « pas encore consolidé ».

Près de 517 personnes sont en garde à vue ce dimanche 18 octobre après les violences et pillages commises la veille à Paris, plus précisément 346 personnes majeures et 171 mineurs, a indiqué le parquet de la capitale dans un bilan « pas encore consolidé ».

Le 17 octobre au soir, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé, sur le réseau social X, avoir donné instruction aux parquets « d’apporter une réponse judiciaire extrêmement ferme » aux « violences urbaines d’une gravité inouïe », qui ont eu lieu en marge de la journée de mobilisation hétéroclite du 17 octobre.

Le maire de Marseille, Benoît Payan » : Je m’expliquerai avec le ministre de l’Intérieur »

Ce dimanche matin, lors de la réunion, le maire de Marseille, Benoît Payan, a exprimé sa colère après les pillages et les dégradations qui ont eu lieu pendant les manifestations. L’élu dénonce un « drame », une situation « insupportable ».
« Je n’ai pas les mots pour décrire ce que jamais je n’aurais imaginé vivre dans cette ville », a lancé l’élu en parlant de la « horde » qui s’en est prise à sa ville.

« J’ai assisté, tremblant pour la vie des gens, à une situation de cynisme », a dit l’élu qui veut que la « lumière totale soit faite » sur ce qu’il s’est passé. Le maire a indiqué qu’il avait alerté sur les risques à venir. « La République ne peut pas être livrée à des hordes de casseurs », a dénoncé l’élu.

« Je n’imaginais pas voir ça de mon vivant », a lâché l’élu à la veille d’un déplacement du ministre de l’Intérieur Laurent Nunëz. « Je veux savoir quels ordres ont été donnés aux forces de l’ordre », a-t-il dit encore. « J’attends de l’État qu’il prenne ses responsabilités », a-t-il ajouté, exigeant « des réponses ». »Je m’expliquerai avec le ministre de l’Intérieur », a-t-il promis.

K. M.

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