Guerre en Ukraine : «Il faut qu’on soit collectivement sérieux», Emmanuel Macron appelle à ne pas « céder » à la « menace russe »

Emmanuel Macron a appelé lundi à ne pas "céder face à la menace russe", après plusieurs déclarations de Donald Trump favorables à Moscou. Le président français doit s’entretenir dans la journée avec son homologue américain. Les Vingt-Sept ont approuvé ce lundi une nouvelle vague de sanctions visant près de 1 600 individus et entités liés au complexe militaro-industriel russe. Le Kremlin refuse de dire si une trêve énergétique avec Kiev est en vigueur

Par Karim Maloum

Publié le 12 octobre 2026

Guerre en Ukraine : «Il faut qu’on soit collectivement sérieux», Emmanuel Macron appelle à ne pas « céder » à la « menace russe »

Emmanuel Macron appelle à ne pas "céder" à la "menace russe"

Emmanuel Macron a affirmé lundi qu’il ne fallait pas « céder » à « la menace russe », en réponse à une série de décisions et de propos de Donald Trump semblant aller dans le sens de la Russie face à l’Ukraine. «Je pense qu’il faut qu’on soit collectivement sérieux», a dit le président français à la presse en marge d’une visite au Mondial de l’Auto à Paris, précisant qu’il parlerait dans la journée à son homologue américain.

«On n’a aujourd’hui, je crois, aucune raison factuelle de changer notre position. La Russie continue de bombarder à la fois les civils et les infrastructures en Ukraine. Et donc oui pour chercher un cessez-le-feu sur l’énergie (…), non pour céder face à la menace russe», a-t-il ajouté.

Donald Trump a semé la confusion dimanche 11 octobre en annonçant un « cessez-le-feu énergétique » entre l’Ukraine et la Russie, provoquant l’étonnement de Kiev, le silence à Moscou, tandis que Londres, Paris et Ottawa affirmaient soutenir cet « appel » du président américain. « À compter de maintenant, il y a un CESSEZ-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Les deux parties se sont mises d’accord. Ne le rompez pas ! », A écrit le milliardaire républicain sur sa plateforme Truth Social, sans plus de détails.

Le Kremlin refuse de dire si une trêve énergétique avec Kiev est en vigueur

Aussitôt l’annonce de ce « cessez-le-feu énergétique », qui selon le dirigeant républicain prenait effet immédiatement, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que les frappes russes contre les infrastructures ukrainiennes se poursuivaient. Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes de longue portée contre ses raffineries pétrolières et ses exportations de pétrole, alors la Russie doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. Et arrêter de tuer notre peuple », a-t-il ajouté.

Le président ukrainien, apparemment pris de court, a dit au média américain Axios n’avoir pas connaissance d’un tel accord, tandis que Moscou ne s’est pour l’heure pas exprimé. Il s’est cependant dit prêt à l’accepter si la Russie faisait de même. « Nous attendons des détails clairs sur le dialogue entre les États-Unis et la Russie. Et que (le président russe Vladimir) Poutine fasse ce que le président Trump a dit », a-t-il affirmé dans son allocution.

La présidence russe a refusé de dire lundi si une trêve avec l’Ukraine dans les attaques sur les infrastructures énergétiques était en vigueur, affirmant maintenir «des contacts» au sujet de ce cessez-le-feu annoncé unilatéralement par Donald Trump.

«Les contacts se poursuivent. Dès que nous aurons quelque chose à dire à ce sujet, nous ne manquerons pas de vous en informer», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point presse. Interrogé sur l’appel de Kiev en faveur d’un cessez-le-feu total de 60 jours pour permettre la tenue d’élections, M. Peskov a répondu: «Nous ne voulons pas d’un cessez-le-feu, nous voulons une paix durable».

L’Union européenne a adopté ce lundi de nouvelles sanctions contre près de 1 600 entités et individus, tous liés à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas. « Il s’agit de la plus grande extension de notre liste de sanctions depuis le début de la guerre », a-t-elle déclaré sur X. « L’Europe montre une nouvelle fois un front uni. »

Des élus américains jugent l’accord sur le diesel contraire à la loi

Des élus démocrates et républicains ont mis en cause dimanche la légalité de l’accord entre Washington et Moscou sur la livraison de diesel russe, affirmant que cela contrevenait à une loi du Congrès américain, qui interdit les importations d’énergie jusqu’à ce que la Russie mette fin à son agression contre l’Ukraine.

Des élections de mi-mandat, des élus démocrates et républicains accusent Donald Trump de contourner la législation afin de financer l’économie de guerre de la Russie, l’un des plus proches alliés de Téhéran.

« Le Congrès a été clair : les États-Unis ne doivent pas importer de pétrole de Russie tant que celle-ci n’aura pas mis fin à son agression contre l’Ukraine et cessé de proférer des menaces à l’encontre de nos alliés de l’Otan », ont écrit dans un communiqué ces sénateurs, dont la démocrate Jeanne Shaheen et le républicain Thom Tillis.

Interrogé à ce sujet sur la chaîne Fox News dimanche, le ministre des Finances Scott Bessent a indiqué que le gouvernement américain entendait « agir en nous appuyant sur tous les pouvoirs légaux dont nous disposons ». « Donc, sachez que toute personne au Congrès qui prétend (…) que cela nous est interdit se trompe », a-t-il dit en soulignant qu’en faisant baisser le prix du diesel le président Trump agissait dans « l’intérêt du peuple américain » quotidiennement.

K. M.

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