Guerre en Ukraine : Jean-Noël Barrot accuse Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen d’avoir « choisi leur camp », celui de Moscou
Le dimanche 27 septembre, les frappes russes tuent encore des civils en Ukraine et Jean-Noël Barrot critique vivement les partis d'opposition. Le ministre des Affaires étrangères a estimé sur le plateau de "Franc-Jeu" que les récents propos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen jouent le jeu du Kremlin dans le conflit russo-ukrainien, les accusant d’aller «systématiquement dans le sens de Vladimir Poutine».
Par Karim Maloum
Publié le 28 septembre 2026

Une attaque de drones russes sur le sol français "fait partie des possibilités", "on s'y prépare depuis longtemps", assure Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, invité dimanche 27 septembre sur France 2 et France Inter.
« Nous ne pouvons plus aider financièrement l’Ukraine »… Marine Le Pen assume un virage radical sur le soutien français à Kiev. Jean-Luc Mélenchon s’est opposé à la fourniture d’armes de longue portée à l’Ukraine, estimant qu’elles pourraient faire de la France un pays belligéran. A chaque fois, c’est au nom de la désescalade et d’une voie de sortie diplomatique.
Interrogé ce dimanche sur France 2, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a estimé dimanche que Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont «choisi leur camp», qui «n’est pas celui de l’Ukraine», après de récentes déclarations des deux candidats à la présidentielle sur le conflit avec la Russie. « Jean-Luc Mélenchon a enlevé les gants pour taper dans la figure des Ukrainiens. Marine Le Pen, elle, les a conservés, mais au fond, c’est le même message. C’est une défiance vis-à-vis de l’Union européenne, de notre organisation politique et c’est une complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine », a-t-il estimé.
Le leader de La France Insoumise a estimé le 23 septembre qu’il fallait «peut-être se demander» si l’intensification de la menace russe en Europe n’était pas liée aux «tirs en profondeur que fait l’Ukraine» sur le territoire russe, tout en soulignant que «la Russie est l’envahisseur de l’Ukraine».
Le lendemain, la cheffe de file du Rassemblement national, annoncée en tête des sondages du premier tour, a, elle, remis en question le soutien financier accordé par la France à Kiev depuis le début du conflit en février 2022. « Nous pouvons continuer à former leurs soldats, nous pouvons former leur hiérarchie militaire, nous pouvons leur accorder des aides matérielles, notamment en termes de matériel militaire… Nous ne pouvons plus aider financièrement l’Ukraine », a-t-elle déclaré lors d’un débat organisé par le site Politico.
«Complaisance vis-à-vis de Vladimir Poutine»
«Je ne suis pas surpris parce que depuis longtemps, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont choisi leur camp. Et leur camp, ce n’est pas celui de l’Ukraine», a déclaré Jean-Noël Barrot sur France 2. «Jean-Luc Mélenchon dit “Je soutiens l’Ukraine, mais c’est tout de la faute de l’Ukraine. C’est l’Ukraine qui a commencé et parfois même, c’est l’Otan qui a commencé”. Vous vous rendez compte de l’inversion, de la réécriture, voire du révisionnisme historique dont Jean-Luc Mélenchon se rend coupable ?», a-t-il lancé.
Selon Jean-Luc Mélenchon, l’Ukraine est responsable de toutes les conséquences, même si c’est la raison pour laquelle cela se produit. C’est l’Ukraine qui a commencé et parfois même, c’est l’Otan qui a commencé. Vous vous rendez compte de l’inversion, de la réécriture, voire même du révisionnisme historique dont Jean-Luc Mélenchon se rend coupable ? », A-t-il lancé.
« La résistance ukrainienne, c’est la lutte pour l’indépendance, pour la liberté », a-t-il ajouté, avant d’évoquer la résistance française sous l’occupation allemande : « Il aurait fallu retenir nos coups ? Il aurait fallu que les Forces françaises libres, la résistance intérieure fassent preuve de retenue pour défendre […] l’intégrité territoriale de notre pays ? »
Une attaque de drones russes sur le sol français « fait partie des possibilités », « on s’y prépare depuis longtemps », assure Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, invité dimanche 27 septembre sur France 2 et France Inter « Ces actes hostiles ont tendance à se multiplier ces dernières semaines et ces derniers mois », souligne-t-il, en référence aux intrusions de drones sur le territoire de plusieurs pays européens et dénoncées comme étant des provocations de la Russie.
Jeudi sur France 2 et TF1, Emmanuel Macron avait déjà jugé possible que la Russie tente d’attaquer un aéroport français à l’aide de drones explosifs, à l’image de ce qui s’est passé à l’aéroport allemand de Leipzig début août. Mais il a démenti l’existence d’une alerte de la CIA sur une possible attaque de drones russes visant le sud de la France.
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