80 000 jeunes pour le pape Léon XIV : la France catholique n’a pas dit son dernier mot

Le pape Léon XIV va atterrir vendredi prochain, 25 septembre, à Paris, pour une visite de quatre jours, jusqu’au 28 septembre. Sur l'itinéraire de cette visite, Notre-Dame, le Stade de France, la Concorde et les Champs-Élysées, Lourdes, Metz. Le temps fort n’est pas diplomatique, il est générationnel.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 21 septembre 2026

Les 18-25 ans représentent 42 % des catéchumènes adultes.

Vendredi soir, 80 000 jeunes de 17 à 35 ans l’attendront au stade de France à Saint-Denis. Complet dès l’ouverture des inscriptions, en quelques heures pas pour un concert mais pour une veillée.

Depuis quatre ans, l’Église de France enregistre un phénomène qu’elle n’avait pas prévu. En 2025, 10 384 adultes ont été baptisés à Pâques, soit 45 % de plus qu’en 2024, et plus de 7 400 adolescents soit au total  environ 17 800. En 2026, 13 234 adultes (+28 %) et plus de 8 100 adolescents (+10 %) soit un total de  21 386. 

Les 18-25 ans représentent 42 % des catéchumènes adultes. Pour les adolescents, le saut est plus net encore 1 547 baptêmes en 2022, plus de 7 400 en 2025, environ cinq fois plus en 2026, la hausse ralentit. Le niveau, lui, tient. Beaucoup arrivent seuls, sans héritage. Après une crise, une lecture, une vidéo, une porte d’église poussée un dimanche. Chez les 18-29 ans, environ 15 % se disent catholiques, 13 % musulmans, 39 % sans religion. 

Baptêmes d’enfants en chute continue

Les baptêmes d’enfants continuent de chuter, les sociologues parlent d’effet de loupe, moins nombreux, plus concentrés, plus visibles. Mais l’intensité est réelle. Chartres a rassemblé près de 19 000 pèlerins en 2025, Le Frat de Lourdes plus de 13 500 lycéens, les messes des Cendres font le plein de visages inconnus, les Bibles se vendent sur TikTok et Instagram, des prêtres et des sœurs parlent à une génération qui n’a plus peur de croire à voix haute.

Léon XIV n’invente rien. Il arrive au moment où cette soif devient publique. Vendredi, les jeunes. Samedi, une messe prévue pour 600 000 personnes : près de 700 000 inscrits, le périmètre a été élargi de la Concorde vers l’Étoile. Dimanche, Lourdes, Lundi, Metz et le souvenir de Robert Schuman, la paix comme projet. 

Le pape donne un visage à un mouvement né dans les aumôneries, les réseaux et les crises personnelles. Le risque est connu. Attirer n’est pas garder, les diocèses manquent de prêtres et de catéchistes, le baptême n’est pas une arrivée, c’est un commencement. Si l’Église ne sait pas accompagner après la fête, le sursaut retombera.

Vendredi soir, le Stade de France dira autre chose : une partie de la jeunesse française n’a pas disparu. Elle revient. Le pape vient simplement la rencontrer.

M. D. P.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non