Matoub Lounes assassiné il y a vingt-huit ans : immortel

Matoub Lounes a été assassiné le 25 juin 1998 mais sa voix ne s’est pas éteinte ; vingt-huit ans plus tard, elle résonne toujours avec la même force brute dans les montagnes du Djurdjura et bien au-delà.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 30 juin 2026

Matoub Lounes assassiné il y a vingt-huit ans : immortel

Aujourd’hui, sa tombe est comme un lieu de pèlerinage pour des personnes de tout âge.

Plus qu’un chanteur, Matoub Lounes demeure le symbole indomptable d’une Kabylie debout et le martyr d’un combat sans concession pour la liberté.

Vingt-huit après son assassinat, Matoub Lounès reste une figure centrale dans l’imaginaire populaire kabyle, y compris chez la génération née après sa mort.

« Lounes est immortel. C’est une légende. Il reste pour nous, un exemple de lutte pour les libertés, la démocratie mais et surtout de lutte contre l’intégrisme islamiste. N’oublions pas qu’il avait été enlevé en 1994 », nous ont déclaré en substance de nombreux inconditionnels de Matoub rencontrés, en ce mois de juin 2026 non loin de la maison familiale qui fait office de siège de la Fondation Matoub Lounes. 

Matoub Lounes a été tué pour ses idées. Il s’est toujours refusé de mourir en exil alors bon nombre d’intellectuels et autres artistes ont préféré plier bagages au cours de cette période sombre qu’a traversée l’Algérie dans les années 90. Il a été assassiné à quelques pas de chez lui, à Tala Bouinan. Il a été assassiné tous prés de sa montagne, qu’il a tant chantée. Aujourd’hui, sa tombe est comme un lieu de pèlerinage pour des personnes de tout âge.

« Cet attachement populaire à Lounes est, à vrai dire, très simple à expliquer. Il s’explique par la sincérité de son engagement. Il était sincère et inconditionnel envers les siens, et aujourd’hui, cette sincérité dans son engagement porte ses fruits. Les gens riaient de lui à l’époque où il disait qu’il serait plus dangereux mort que vivant », a expliqué sa sœur Malika.

Sans trop exagérer, disons qu’à l’époque, il y avait un seul Lounes et qu’aujourd’hui tout le monde est devenu Lounes. Un homme est mort, la voix d’un peuple s’est réveillée. Sa voix a eu un écho. Elle va au-delà de la Kabylie, et c’est justement-là la réussite de Matoub, sinon son vœu, lorsqu’il disait : « Je greffe les mots jusqu’à ce que l’enfant comprenne ce que vaut le pays. »

Matoub Lounès est juste enterré. Il n’est pas mort. Il vivra pour toujours.

Y. A. O.

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