Un an après sa condamnation en Algérie, Christophe Gleizes toujours dans l’attente d’une grâce présidentielle

Le sort du journaliste sportif français Christophe Gleizes, condamné il ya de cela tout juste une année en Algérie pour « apologie du terrorisme », n’est toujours pas connu et tous les efforts de Paris pour le faire libérer, restent vains et sans suite favorable. Après l’épuisement de ses recours devant la justice, il espère obtenir une grâce présidentielle. Sauf, que cette grâce tarde à venir. Christophe Gleizes, sera-t-il donc parmi les détenus graciés par le président algérien Abdelmadjid Tebboune à l’occasion de la fête d’indépendance le 5 juillet prochain ? « On n’en sait pas trop. Rien n’est encore décidé pour l’heure », nous répond une magistrate en poste à Alger.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 30 juin 2026

Un an après sa condamnation en Algérie, Christophe Gleizes toujours dans l’attente d’une grâce présidentielle

Aujourd’hui, Christophe Gleizes paie le prix d’un pouvoir qui redoute le regard extérieur.

Notre interlocutrice assure toutefois, que cela pourrait être « possible », à la condition que les autorités française « fassent de leur côté, un effort s’agissant de certains dossiers en suspens, à savoir notamment l’extradition par (Paris) de certains anciens responsables algériens cités dans des affaires de corruption ». « Cela reste la pomme de discorde entre l’Algérie et la France », assure encore la magistrate.

Elle assure d’ailleurs que « pratiquement rien n’a été fait à ce sujet et ce malgré la visite tout récente d’une délégation de magistrats algériens en France dans le cadre de la reprise de la coopération judiciaire entre les deux pays ». Comprendre par là, que le sort du journaliste français 29 juin 2025, demeure entouré de flou.

Arrêté lors d’un reportage sur le club de football de la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 km à l’est de la capitale Alger, Christophe Gleizes est d’abord placé sous contrôle judiciaire.

Les autorités lui reprochent d’être entré en dans le pays avec un simple visa de tourisme et d’être entré en contact avec des personnes liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), mouvement séparatiste classé terroriste en Algérie depuis mai 2021.

L’un de ces échanges, avec un responsable du club par ailleurs membre du MAK « visait à la préparation de son reportage sur le club de football, la JSK, ce dont Christophe Gleizes ne s’est jamais caché », explique RSF après sa condamnation.
Le 29 juin 2025, le tribunal de Tizi-Ouzou le condamne à sept ans de prison avec mandat de dépôt pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ».

Cette décision de justice intervient en pleine crise diplomatique entre Paris et Alger, déclenchée en juillet 2024 par l’annonce du soutien de la France au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara occidental, territoire revendiqué par les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Il renonce à son pourvoi en cassation

Le 5 mai 2026, la famille de Christophe Gleizes annonce au micro de France Inter que le journaliste renonce à son pourvoi en cassation contre sa condamnation, pour ouvrir la voie à une possible grâce présidentielle.

« Il s’en remet totalement à la clémence du président [Abdelmadjid] Tebboune», expliquait sa mère. Cette dernière avait adressé le 10 décembre dernier une lettre au chef de l’État algérien pour lui demander de gracier son fils.

Le 25 mai, la Cour de cassation prend « acte du désistement du pourvoi » de Christophe Gleizes et rejette « au fond » un autre recours introduit par le parquet, font savoir ses avocats. Cet épuisement des voies de recours judiciaires ouvre la voie à une éventuelle grâce présidentielle.

Des avancées diplomatiques

Le 11 mai, Christophe Gleizes reçoit la visite de Bruno Clerc, consul de France à Alger, la première d’un diplomate français depuis son incarcération. Quelques jours plus tard, le ministre de la Justice Gérald Darmanin effectue une visite en Algérie « à la demande du président de la République ».

Il s’est dit « très rassuré » par la façon dont Christophe Gleizes « est traité ». Le garde des Sceaux évoque notamment « des échanges extrêmement forts » avec le président Tebboune sur ce dossier. Concernant une possible grâce présidentielle, le ministre estime que le chef de l’État algérien est en mesure « de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation ».

Le 1er juin, le ministre algérien de l’Intérieur Saïd Sayoud rencontre son homologue Laurent Nunez pour évoquer, entre autres sujets, le cas du journaliste français emprisonné. « Nous avons obtenu qu’une visite puisse lui être rendue ces derniers jours, qui nous a permis de vérifier son état d’esprit, son état physique également. Il va bien, malgré l’épreuve très douloureuse qu’il traverse », déclare dix jours plus tard le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur la chaîne France 2.

Y. A. O.

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